L’interview de Olivier, aux États-Unis



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Olivier, expatrié aux Etats-Unis depuis 20 ans, nous raconte son expérience passionnante !

 

 

 

 

etats-unisDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Olivier et Laurance
Age : 49 ans tous les deux
Situation personnelle : Mariés. Une fille née en 1995.
Situation professionnelle :
Olivier: Retraité d’une activité entrepreneuriale et commerciale. Aujourd’hui organise en partenariat avec un associé, des tours guidés et non guidés en CanAm (moto a 3 roues) à travers tout l’Ouest Américain.
Laurence: Senior Area Vice President chez Randstat interim.
Victoria: 3ème année à Cal Poly San Luis Obispo.
Pays et ville d’origine : France. Amiens, Picardie
Pays et ville d’accueil : Aujourd’hui El Dorado Hills, California, USA depuis 2004. Avant, de 1998 à 2004, Long Beach CA puis Burbank CA et Glendale CA (Los Angeles county).
Type et durée du visa : Naturalisé US citizen en 2012 après avoir eu différents visas non-immigrants (B1-B2, E2) et une carte verte (visa immigrant). Mon épouse a eu un visa L1 puis une carte verte avec la société pour laquelle elle travaillait. Carte verte qui avait été étendue à toute la famille car nous étions un couple marié.
Début de votre expatriation : Arrivé aux USA en 1998

Partenaire d’expatriation : Avec mon épouse et notre fille
Motif de l’expatriation : Opportunités professionnelles.
Blog : Celui des autres 😉

 

Présentez-vous ?

Cette expatriation est en fait le résultat d’un projet commun. En France, mon épouse travaillait pour une multinationale leader mondial de l’interim, ADECCO.

Quant à moi, j’étais instructeur d’équitation et je gérais ma petite affaire dans une petite ville de la Somme, à quelques kilomètres d’Amiens, ville où je suis né.

J’avais entre autres dans mon activité, une partie qui était dédiée au commerce de chevaux. De part cette activité de commerce, j’étais appelé à vendre des chevaux un peu partout en France et en Europe et certains à l’international (Suisse, Maroc, USA).

Après avoir vendu des chevaux à des Américains de Los Angeles, l’idée m’est alors venue d’essayer de développer la clientèle Américaine.

Progressivement les choses se sont organisées et après plusieurs voyages en avion avec des chevaux, certains déjà vendus et d’autres à vendre, l’opportunité d’implanter mon commerce dans la région de Los Angeles s’est présentée et je l’ai saisie.

De son coté, mon épouse avait la possibilité d’obtenir une mutation sur Pasadena à Los Angeles et on s’est lancé…

Je suis arrivé à Los Angeles une petite année avant que ma femme arrive car elle a du terminer toutes les préparations (attente de son visa et de celui de notre fille, déménagement, organisation de la scolarité pour notre fille qui devait commencer en CP, etc…). Finalement elle est arrivée ou plutôt elles sont arrivées, ma femme et notre fille et dès lors, l’aventure a pu vraiment commencer.

Mon épouse a continué de travailler pour la même société à Pasadena durant quelques années. C’est durant cette période que nous avons eu notre green card et un peu plus tard que nous avons déménagé pour Sacramento.

Notre fille était à l’école publique américaine de notre quartier. A l’époque nous habitions Glendale, au nord de Los Angeles down town.

De mon coté, d’autres opportunités ce sont présentées et plusieurs sociétés françaises, toutes spécialisées dans la fabrication de produits et d’équipements équestres, m’ont contacté. Elles recherchaient quelqu’un d’implanté sur la cote Ouest des USA pour représenter et diffuser leurs produits.

J’ai accepté leurs propositions et de fait, me suis vu confier un territoire commercial immense qui s’étendait du Pacifique au Montana et de la frontière Canadienne à la frontière Mexicaine.

J’ai exploité ce business du mieux que j’ai pu durant une bonne dizaine d’années et pour des raisons de santé, j’ai fini par abandonner.

Déjà en France, j’avais été diagnostiqué avec une sclérose en plaques bénigne mais qui malheureusement a évolué avec les années.

Cela m’a donc forcé à trouver une activité plus reposante, tout au moins, moins physique.

Les années sont passées, notre fille est maintenant à l’université en Californie et mon épouse a changé de société. Toujours dans l’interim’ mais pour la concurrence où elle est maintenant Senior Area Vice President concernant la région couvrant Sacramento, Roseville, Santa Rosa et Stockton (Vine and Gold region).

Nous passons notre temps libre soit avec des amis, soit chez nous à “rien faire” en famille ou soit à explorer notre région, principalement en se baladant sur notre CanAm (moto à 3 roues).

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Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Le déménagement de nos affaires a complètement été géré par mon épouse. Elle a fait venir un container dans lequel elle a mis en priorité ce qui était “introuvable” aux USA comme une vieille armoire du 19 ème siècle, une table de salle à manger à 6 pieds de la même époque, d’autres meubles antiques qui venaient de sa famille, des habits, un peu de décorations dont quelques peintures, nos archives personnelles (photo et documents) et tout ce qui n’était pas électrique.

Un mois plus tard, toutes nos affaires étaient livrées dans notre appartement de Glendale en Californie, sans aucun problème.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est-ce qui vous plaît moins ?

Nous adorons là où nous habitons, que ce soit notre petite ville d’El Dorado Hills ou tout le Gold Country (région de la ruée vers l’or du 19ème siècle) qui est notre campagne environnante et plus généralement, cette partie de l’Amérique qui est l’Ouest du Mississippi.

C’est l’Amérique des pionniers et des chercheurs d’or, c’est aussi celle illustrée par Lewis & Clark, les tout premiers à avoir trouvé la voie terrestre pour relier la côte Est à la côte Ouest à travers le continent, après que Napoléon Bonaparte ait vendu les territoires de Louisiane à Thomas Jefferson au début du 19 ème siècle.

Le climat y est presque parfait. Il le serait si l’été il pouvait faire moins chaud…

Nous sommes au pied de la montagne à une heure du ski.

Deux heures à l’Ouest, c’est l’Océan Pacifique et San Francisco.

Le superbe parc national de Yosemite n’est qu’à quelques heures de route au Sud Est de la maison et peut même se visiter sur un weekend, tout comme un autre parc national plus au Nord qui est Lassen National Park.

Sinon pour les petites aventures, le Lac Tahoe est à une bonne heure de route en allant vers l’Est.

En tant que motard, on peut difficilement faire mieux que l’Ouest Américain. C’est d’ailleurs le rêve des motards du monde entier tant les paysages sont magnifiques et grandioses. Surtout le réseau routier est excellent, que ce soit en terme de qualité des routes qu’en terme de variété des destinations.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Je pense que cette question est très personnelle car cela va dépendre des goûts de chacun et de sa propre réussite professionnelle car c’est clair qu’aux USA, pour pouvoir apprécier sa vie, il faut que l’argent ne soit pas un problème.

La vie aux USA est dure et sans argent elle est encore plus dure, sans compter que la vie d’immigré rajoute une difficulté inhérente au statut d’immigré.

Donc être un immigré qui en plus aurait du mal à payer ses factures, peut vite être un enfer, surtout dans un pays où les aides sociales sont réduites au stricte minimum, quand elles existent car elle ne concernent pas les expat’ sous visa “non immigrant”.

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Quelles sont les caractéristiques de votre pays d’accueil ?

C’est difficile de tout résumer au pays d’accueil qui est les USA, parce que les gens de l’Ouest ne sont pas les mêmes que ceux de l’Est ou du Nord ou du Sud ou du Centre. Les USA c’est grand et ses habitants sont très variés dépendamment de où on va se trouver. Sans compter que les paysages sont différents, tout comme les climats.

Cependant, une grande caractéristique du continent Nord Américain, c’est que les climats peuvent souvent y être extrêmes, bien plus extrêmes que les climats que l’on connait en venant d’Europe de l’Ouest.

Toutes les géographies sont présentes en Amérique du Nord, les montagnes, les déserts, les grandes plaines, les forêts, les plages tropicales, les régions marécageuses, les plateaux d’altitude, etc… incluant tous les climats comme tous les événements climatiques et géologiques possibles et imaginables (ouragans, tornades, inondations, tremblements de terre, volcans, sécheresses, incendies, neige).

Déjà au 19 ème siècle, Alexis de Tocqueville avait résumé la situation en disant que pour survivre en Amérique, en fait il y avait deux Amériques.

D’abord l’Amérique centrale qui pour lui était la terre des sens où l’eau potable était partout et où la nature produisait en abondance des fruits et une alimentation facile à se procurer. En gros, en Amérique centrale, pour vivre il n’y a qu’a se baisser et on va y trouver à boire et à manger assez facilement.

En opposition avec l’Amérique du Nord qu’il qualifiait comme la terre de l’intelligence car si l’homme voulait arriver à y survivre, il devait arriver à dompter un environnement difficile et le plus souvent inhospitalier.

  • La mentalité des gens

Le point commun à l’ensemble des Américains, c’est que l’Amérique c’est un pays d’immigrés et que pour cette raison, c’est un pays multiculturel.

Certains Etats comme la Californie ou les Etats de l’Ouest, le sont encore plus car ces terres n’ont jamais été des terres coloniales, à l’inverse des Etats de la côte Est qui étaient tous des colonies Britanniques.
Ici on vient tous d’ailleurs.

L’acceptation de l’autre et de ses différences est très forte. Ce concept s’illustre d’autant plus quand on sait qu’ici aux USA, même si la langue la plus utilisée est l’Anglais, ce n’est pas la langue officielle de la nation car en fait, il n’y en a aucune.

La constitution des Etats Unis, même si elle est écrite en Anglais, ne dit à aucun moment que la langue officielle des Etats Unis doit être l’Anglais.

Par exemple, il est tout à fait possible aujourd’hui pour des nouveaux arrivants, de passer son permis de conduire dans la langue de son choix. La compréhension de l’Anglais n’est pas dans ce cas une condition indispensable.

  • Le climat

Hivers plutôt doux, il gèle très rarement. Printemps et automnes fantastiques, peu de pluie et en général très ensoleillés. Étés très chauds de mi Juin à mi Septembre où il peut faire jusqu’à 50 degrés Celsius.

  • Le logement

Notre premier appartement à Glendale était une location. En tant que nouvel arrivant, nous n’avions pas de credit score nous permettant de qualifier pour une location, cependant le propriétaire nous a fait confiance et a accepté de nous louer l’appart’ sans trop rechigner…

Ensuite quelques années plus tard, lorsque nous avons déménagé sur la région de Sacramento, nous avons acheté notre maison et entre temps, notre credit score avait pu se construire ce qui a facilité notre accès au crédit.

  • La nourriture

Certainement suite à nos habitudes Françaises, mon épouse cuisine et de fait nous allons peu manger à l’extérieur et quand nous y allons, nous allons manger dans les restaurants de haute qualité gastronomique.

À ce propos, le Nord de la Californie est très riche en grandes tables où la nourriture y est excellente et raffinée. Tout comme à Las Vegas où il y a une concentration impressionnante de restaurants étoilés.

En Californie c’est assez facile de correctement manger et d’éviter la mal bouffe des fast food. Il suffit de regarder à ce que l’on va manger et de choisir ce que l’on achète.

  • La scolarisation

Aux USA la scolarisation est obligatoire de 5 ans à 16 ans et est gratuite jusqu’à High School (lycée) pour les établissements publics. Les établissements privés sont bien évidement payant et peuvent être chers.

En général, les enfants ont terminé la journée en début d’après midi.

Les vacances varient en fonction des districts scolaires. Il n’y a pas de modèle unique et chaque district y va un peu de son propre calendrier.

Concernant les écoles publiques, la qualité des écoles correspond à la qualité du quartier dans lequel elles sont situées. La raison est que les écoles sont financées par les impôts locaux et que plus un quartier est riche, plus les impôts sont élevés donc le financement des écoles important.

Notre fille a commencé sa scolarité américaine en First Grade (CP en France) à Glendale dans l’école publique du quartier où nous habitions. Elle a commencé sans connaitre un mot d’Anglais.
Dans sa classe il y avait des Mexicains, beaucoup d’Arméniens, des Philippins, etc… l’Anglais n’était clairement pas la langue la plus parlée… cependant, quelques semaines après la rentré, tous ces enfants venus des 4 coins du monde et aux origines diverses, ont très vite appris à jouer tous ensemble et à se faire comprendre.

C’est là où on peut voir, en temps réel, comment la machine à intégrer de l’Oncle Sam fonctionne et elle est redoutable car 6 mois plus tard, tout ce petit monde parlait anglais et sans accent.

  • Les vacances

Déjà il faut bien savoir qu’aux USA, les congés payés ne sont pas obligatoires du tout. Il est tout à fait possible que certaines personnes aient zéro jours de congés payés par an et que les jours pris soient sans solde.

En général, pour les salariés c’est deux semaines et la durée va ou peut augmenter avec l’ancienneté. Mon épouse, au début, avait réussi à conserver ses congés français vu qu’elle avait obtenu une mutation au sein du même groupe. Ensuite quand elle a changé d’entreprise, elle est repartie de zéro avec deux semaines par an. Maintenant elle commence à avoir de l’ancienneté et doit être à 4 semaines par an.

  • La conduite

Oui le permis Californien est obligatoire pour tous les résidents après avoir résidé 90 jours en Californie.

On roule à droite et le permis se passe relativement vite et pour pas cher (moins de $50).

  • La censure

Il n’y a pas de censure officielle aux USA (le 1er amendement de la constitution nous protège), par contre il y a une auto censure assez présente, surtout concernant les sujets de société délicats qui peuvent fâcher. Il faut faire attention à ce que l’on dit et de toujours bien être dans le “politiquement correct”.

D’un autre coté, le délit d’opinion n’existe pas et personne ne peut être inquiété pour ses opinions quels qu’ils soient, même les plus extrêmes.

Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

L’essence n’est pas chère. Les habits ne sont pas chers, l’électronique n’est pas cher.

En gros tout les biens manufacturés sont moins chers, déjà parce que la TVA ou son équivalent, est en moyenne (en Californie) de 8%. Ensuite la fiscalité est avantageuse pour deux raisons. La première est que les taux d’imposition sont plus bas qu’en France et ensuite que le système de déductions est très généreux et permet, entre autres, de ne pas avoir à payer l’impôt sur l’impôt (les dépenses administratives faites durant l’année étant toutes déductibles de la base imposable).

Ce qui est cher c’est l’internet, le téléphone portable, la TV, les assurances, la santé. L’éducation privée est chère (même les petites classes) et l’éducation supérieure peut être très chère.

Cependant il faut aussi savoir que les frais universitaires sont déductibles des impôts, donc pour ceux qui en paient (des impôts), ils peuvent s’éponger relativement facilement.

Aussi il faut savoir qu’il y a université et université… aller dans un community college reste très abordable et concernant les universités les plus chères comme Harvard, Stenford, Yale, Princeton etc… les chances d’y être admis sont toutefois très faibles car au final, ce ne sont pas les meilleurs élèves de l’académie qui y vont, mais les meilleurs élèves du monde et la sélection est rude.

Est-il facile d’emprunter ?

Non, c’est quasi impossible d’emprunter pour ceux qui n’ont pas encore construit un bon credit score (historique de crédit) ou pour ceux qui en ont un mauvais. Seul le temps (plusieurs années) va permettre de se construire un credit score correct et qui va, dans un premier temps de permettre d’emprunter et dans un second temps, d’emprunter à des conditions favorables.
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Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays?

Ce qui me dérange le plus aux USA, ce sont les inégalités entre les plus riches et les autres. Certains grands patrons gagnent jusqu’à 600 fois plus que leurs employés. C’est à mon sens non seulement immoral mais surtout insoutenable sur le long terme, surtout quand une partie non négligeable de la population est condamnée à vivre dans la misère la plus abjecte. Aux USA, le capitalisme a su créer énormément de richesses et c’est très bien, mais il faudrait savoir le limiter au secteur marchand et seulement au secteur marchand et arrêter de chercher à l’étendre à la santé, à l’éducation, à la justice (prisons) et éventuellement aux services sociaux…

Une autre chose qui me gêne aux USA c’est le fondamentalisme religieux d’une certaine partie de la population. Aussi à ce propos, je suis très heureux de vivre en Californie car nous sommes, ici en Californie, très certainement et de très loin, l’Etat le plus laïc du pays.

Ce comportement religieux de la société Américaine ne peut se comprendre que si on regarde de la manière dont le pays s’est fondé. Tout comme en Europe, les USA appliquent la séparation de l’Eglise et de l’Etat mais à l’inverse de la France par exemple où quand l’État se sépare de l’église, c’est pour se protéger de l’Eglise alors qu’aux USA, c’est tout l’inverse. L’Église et l’État sont séparés afin d’être bien certain que l’Église ne puisse pas être menacée par l’État.

Ce qui au final donne un résultat tout à fait différent.

Avez-vous des «habitudes» ?

Comme nous sommes un couple français de France (mariés en France presque 10 ans avant de s’expatrier), il était assez logique que nous gardions nos habitudes de langue et que le français allait être la langue de toute la famille parlée à la maison. Même chose concernant nos habitudes alimentaires ainsi que le rythme des repas.

La dessus, pas grand chose a changé.

Est-il facile de partir en weekend ?

Oui c’est très facile de partir en weekend à condition d’avoir le temps. Souvent les difficultés sont les distances. Pour faire simple, la Californie c’est un grand rectangle d’environ 2000 kms de long du Nord au Sud et de 500 Kms de large d’Est en Ouest et là je ne parle pas d’aller visiter les états voisins…
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Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Oui assez, je ne me souviens pas de difficultés particulières.

Avez vous rencontré facilement les « gens du pays » ?

Relativement vite, oui. Déjà d’une part le boulot et ensuite de part les activités de loisir comme la moto ou autres.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

De temps à autres sans pour autant en faire une fixation.

Nous avons des amis français que nous voyons de temps en temps via la communauté française de Sacramento mais aussi des Belges, des Anglais, des Mexicains, des Russes, etc…

Vous êtes-vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Oui. Pas de problème particulier.

Connaissez-vous la langue du pays ?

Quand nous sommes arrivés aux Etats Unis, ma femme parlait déjà pas trop mal Anglais car elle avait passé un an dans le Connecticut quand elle était adolescente où elle avait gradué High School. Son Anglais était un peu rouillé mais les bases étaient là.

Quant à moi, anglais première langue de la 6ème à la terminale suivi d’un grand vide de près de 15 ans… mais je peux vous dire que quand tout d’un coup il faut s’y mettre et même si c’est loin d’être parfait, ça vient relativement vite.

Aussi pour ça, les américains sont faciles, l’important étant de comprendre et d’être compris, les finitions ça vient plus tard et personne ne vous tiendra rigueur d’avoir un Anglais qui puisse être parfois approximatif.

Ne pas oublier, on est un pays d’immigrés qui en plus ne revendique pas vraiment une langue officielle “sacrée”.

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Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Aucun, au contraire mon expérience hors des frontières de l’hexagone m’a démontré que les défauts ou les petites habitudes franchouillardes (tricherie, râler pour un oui ou pour un non, petit mensonge, chauvinisme, etc…) sont très vites des comportements antisociaux et contre productifs qui ne méritent aucune forme de considération.

Je pense qu’au plus vite on arrive à s’en débarrasser, au mieux l’intégration se fera.

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Au début, on rentrait presque une fois par an, tout au moins ça a été le cas les trois quatre premières années, puis ça s’est espacé.  Aujourd’hui en 2016, la dernière fois que je suis allé en France c’était en 2012 et plus le temps passe et moins on a envie d’aller en France. Il y a tellement d’autres endroits a visiter…

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Ça c’est certainement le point le plus délicat de l’expatriation.

Au début, peut être pas tout le monde mais beaucoup de monde vient vous voir. Ce sont des amis et de la famille.

Rapidement, les amis disparaissent. Seuls des souvenirs survivent mais les relations s’effilochent. Il faut pas se faire d’illusion, loin des yeux loin du cœur comme on dit.

Concernant la famille, c’est différent mais avec la durée, c’est presque pareil.

J’ai régulièrement mes parents au téléphone, environ deux fois par mois.

Mon frère avec son épouse sont venus nous voir il y a quelques années mais ça s’est arrêté plus ou moins là et depuis, plus trop de nouvelle au delà des vœux de début d’année et des anniversaires.

Du coté de mon épouse, c’est la même chose. Deux de ses frères (sur trois) sont déjà venus nous rendre visite mais ensuite chacun reprend sa vie et heureusement que Facebook est là pour entretenir le contact…

Son père est venu trois fois avec moi en voyage sur le CanAm à travers l’Ouest Américain. Nous sommes allés un peu partout, de Yellowstone au Grand Canyon. De Glacier National Park aux White Sands à la frontière avec le Mexique, etc…

La mère de mon épouse est décédée d’un cancer il y a dix ans maintenant et la distance n’a pas facilité du tout la difficulté du moment.

Son père a 80 ans passé et mes parents sont dans leurs 70 ans et rien que penser que plus de 10000 kms et 9 heures de décalage horaire nous séparent, rend parfois les choses compliquées à vivre.

Mais bon, il faut malheureusement savoir parfois se faire une raison…

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Non pas plus que ça mais on ne sait jamais… mais plus le temps passe et plus “mon pays” c’est en Californie car au final, son pays c’est quoi? Là où on est né ou là où on vit?

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Conclusion

 Avez-vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Très certainement, ça va faire 20 ans que nous avons quitté la France.

En 20 ans on change, on apprend, on vieilli, on évolue…

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Oui, avoir un projet le plus solide possible.

Toujours faire les choses dans la légalité.

Essayer de construire sa vie d’expat’ en évitant les comparaisons.

Aimer son pays d’adoption.

Ne surtout jamais idéaliser le pays que l’on a quitté, dans ce cas si c’était idéal pourquoi l’avoir quitté?

Comment vous voyez vous dans le futur ?

Notre fille a maintenant 21 ans.

J’espère qu’un jour elle trouvera l’homme de sa vie et aura des enfants et nous seront des grand-parents comblés sous le soleil de Californie.

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Remerciements

Merci à Olivier d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie au États-Unis !

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