L’interview de Sabine, en Australie


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Sabine vit en Australie avec son cher et tendre depuis 2 ans : Adélaïde, Sydney et maintenant Canberra !

 

 

 

 

australieDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Sabine
Age : 30 ans
Situation personnelle : Pacsés, sans enfant
Situation professionnelle : Je suis actuellement femme d’expat mais auparavant j’étais chercheur.
Pays et ville d’origine : France en banlieue Parisienne
Pays et ville d’accueil : Australie à Adélaïde, Sydney maintenant Canberra
Type et durée du visa : 4 ans VISA 457
Début de votre expatriation : 15 janvier 2013
Partenaires d’expatriation : Mathieu mon cher et tendre
Motif de l’expatriation : Envie d’ailleurs
Bloghttp://aventures-dici-et-dailleurs.com/

 

Présentez-vous ?

Je m’appelle Sabine, j’ai 30 ans, je suis originaire de la région Parisienne, je vis en Australie avec mon conjoint Mathieu 31 ans d’origine Picarde, nous n’avons pas d’enfant. J’ai un doctorat en Microbiologie mais actuellement je ne travaille pas. Mathieu, lui, est ingénieur dans le génie civil, il construit des ponts et grâce à son travail, nous voguons donc de ville en ville, enfin de pont en pont. Pour l’instant nous avons posé nos valises à Adélaïde, Sydney et Canberra en 2 ans !

Quelle est l’adresse de votre blog ?

Notre blog http://aventures-dici-et-dailleurs.com/

Je l’avais commencé lorsque que j’étais volontaire dans une école Andine au Pérou. Depuis, je l’ai rebaptisé “Aventures d’ici et d’ailleurs” mais je n’ai pas changé l’adresse d’où le décalage avec notre vie d’aujourd’hui.

Tenir ce blog m’apporte beaucoup, c’est un bon moyen pour moi de rester occupée et ça nous permet bien sûr de tenir nos familles et nos amis informés. On aimerait aussi que cela puisse aider les gens qui voudraient comme nous s’expatrier. Et c’est surtout un journal de bord, un peu une thérapie au jour le jour où j’inscris au fur et à mesure nos escapades, nos découvertes, mes états d’âme et je pense qu’un jour, on sera très contents d’avoir gardé une trace de nos aventures.

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Où vivez vous actuellement ?

Nous vivons depuis quelques mois à Canberra. C’est la Capitale de l’Australie, je précise car ça ne fait pas « tilt » tout le temps. Mathieu a un poste permanent dans la filiale australienne d’une compagnie française et pour l’instant nous n’avons qu’un VISA 457 de 4 ans. Cela fait presque 2 ans que nous sommes arrivés en Australie et c’est notre première expatriation à 2 ! Mais Mathieu était déjà un expat rodé, puisqu’il a vécu notamment aux Etats Unis, puis en Hongrie et enfin au Vietnam pendant que moi je travaillais à Paris !

 

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant de partir en Australie nous vivions en région Parisienne. Nous travaillions tous les deux beaucoup, Mathieu voyageait partout en France pour son travail et je passais de longues heures dans mon laboratoire de recherche. Notre vie était rythmée par le quotidien et les WE remplis par nos familles et nos amis. Nous avons acheté un appartement dans lequel nous n’aurons au final vécu que 9 mois et nous avons aussi adopté un chat,  Diego, qui n’a malheureusement pas pu venir avec nous. Il est chez mes parents en attendant que notre situation se stabilise.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

Nous avons toujours eu cette idée en tête de partir vivre ailleurs, ensemble, nous en parlions souvent. Nous voulions un pays Anglo-saxon pour que l’insertion soit plus facile et comme j’avais plutôt envie d’un climat chaud, l’Australie nous est apparue comme LA destination. Et puis à force d’en parler, on a fini par se décider et comme la compagnie pour laquelle Mathieu travaillait avait une filiale sur place, il a fait une demande de mutation.

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Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Un an après sa demande de mutation et après 6 mois d’attente, de hauts et de bas, car l’entreprise ne trouvait pas de remplaçant en France pour Mathieu alors que le poste était vacant en Australie, nous avons enfin eu la confirmation deux mois avant notre départ. J’ai tout de suite donné ma démission et j’ai fini plus ou moins tranquillement mon post-doctorat. J’ai arrêté le travail 1 mois avant le départ mais Mathieu lui à du travailler presque jusqu’au bout. Il nous a fallu mettre notre appartement en location meublée, scanner et classer tous nos papiers, prévenir la banque, les organismes de crédit, faire les papiers pour la demande de VISA et la liste est encore longue… Autant dire que cela n’a pas été de tout repos. Il a aussi fallu choisir les affaires que nous allions emmener car nous n’avons pris que 2 valises avec nous dans l’avion, avec aussi 2 malles et un vélo envoyés par cargo. Nous qui attendions le départ avec impatience, les derniers jours ont été difficiles. C’était au moment de Noël et je pense que ce n’est pas le plus beau cadeau que nous ayons fait à nos parents. Une fois dans l’avion comme il faut tout de même 22h pour rejoindre l’Australie cela nous a laissé du temps pour réaliser et décompresser.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Les premières semaines se sont bien passées surtout que nous avions quitté l’hiver Parisien pour atterrir en plein été Austral, dans une ville en bord de mer (Adélaïde). Mathieu n’a pas eu le temps d’en profiter beaucoup, il a commencé à travailler le lendemain de notre arrivée (je précise que notre avion avait atterri à 21h la veille…) et de mon côté je me suis occupée de nous reconstruire un chez nous. Après quelques mois, c’est là que cela a commencé à être plus difficile pour moi car comme je n’arrivais pas à trouver de travail je ressentais beaucoup de frustration, je me sentais inutile. Depuis ça va mieux j’ai appris à vivre avec, j’ai fait une croix sur mon ancien métier et je cherche toujours … mais à me reconvertir. Pour l’instant je vais commencer par passer le DAEFLE pour pouvoir enseigner le Français aux non-francophones.

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

Ce qui nous plaît ici c’est qu’on découvre, on profite, on s’évade, c’est vrai qu’on voit moins notre famille et nos amis mais on rattrape aussi le temps à deux qu’on a pas eu lorsque Mathieu vivait seul à l’étranger.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Ce qui est super ici c’est le climat, surtout à Adélaïde et à Sydney ainsi que les grands espaces et notamment le fait de pouvoir parfois en profiter seuls. Ce qui est moins bien sans hésiter, c’est la protection sociale, tant au niveau de la santé que du travail… Et soyons un peu chauvins, la nourriture !

Adelaide

 

Les caractéristiques de votre pays d’accueil

  • La mentalité des locaux

Les gens sont très avenants ici, ils ont toujours un petit mot gentil, c’est très agréable. Ils sont optimistes et enthousiastes, rien à voir avec Paris.

  • Le climat

L’Australie c’est immense il y a toute une variété de climats. A Canberra, il y 4 saisons très marquées, un hiver froid et sec, un été chaud et sec. Il ne pleut pas beaucoup et le ciel est toujours bleu ce qui est très agréable. A Adélaïde l’hiver est moins marqué mais plus humide et à Sydney, il fait bon vivre presque toute l’année !

  • Avez-vous trouvé votre logement facilement ?

Facilement non mais nous avons trouvé via des sites internet spécialisés (realestate et allhomes). Les agences sont assez efficaces ici mais comme il faut avoir visité pour pouvoir déposer un dossier, ce n’est pas toujours évident quand, comme pour nous, on change de ville assez souvent. Nous avons de la chance car nous sommes aidés par la compagnie de  Mathieu dans les démarches.

  • La nourriture

Même si la pâte à tarte est carrée et congelée, qu’il n’y a pas de lardons prédécoupés, on trouve a peu près tout ce dont on a besoin ici. Il y a des produits Français, notamment des fromages mais il faut mettre le prix. Sinon, on n’a rien découvert qu’on adore par contre on déteste ce que la majorité des Australien eux adorent, leur icône alimentaire : La Vegemite. Une horreur à tartiner, en tube ou en pot, dont ils raffolent réellement même si on ne comprend toujours pas encore pourquoi. Sinon, ce qui nous manque le plus, c’est le saucisson, le bon pain et les viennoiseries le dimanche matin !

  • Les vacances

Comme la majorité des Australiens Mathieu a 4 semaines de vacances par an. Moi je suis en vacances permanentes, enfin je suis en recherche d’emploi. Ce qui est bien c’est qu’il y a une dizaine de jours fériés qui sont toujours reportés au lundi ou au vendredi le plus proche afin de faire de longs WE. C’est plutôt pas mal car ça nous permet de vadrouiller aux alentours.

  • La santé

Il y a une assurance maladie, Medicare mais nous n’y avons pas le droit car nous ne sommes pas Australiens. Pour obtenir notre VISA nous avons du souscrire à une assurance privée très chère car l’Australie ne voulant pas payer pour la santé de ses migrants, il faut que l’on soit bien couverts.

  • La conduite

Pour les conducteurs Français, il suffit juste de faire traduire son permis et de fournir des justificatifs d’identité et de domicile pour avoir le droit au permis Australien. Mais attention, le permis n’est pas valable à vie, il faut payer à intervalles réguliers pour le faire renouveler. Il faut aussi garder en tête que l’Australie est un état fédéral et que les règles changent un peu d’un état à l’autre. Et ici on roule à gauche !

  • Ce qui ne coûte pas très cher

Tout coûte cher ici mais les salaires sont assez élevés donc ils ont un bon pouvoir d’achat. Ce qui coûte beaucoup moins cher qu’en France étonnamment ce sont les produits Apple.

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Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Ce qui nous dérange le plus ce sont les rapports des Australiens avec les Aborigènes dont les droits ne sont que peu reconnus et qui sont, il faut l’avouer, en marge de la société Australienne. On n’aime pas trop non plus le fait que les Australiens soient de gros consommateurs et qu’ils ne fassent pas vraiment attention à leurs consommations énergétiques notamment. Par exemple il n’est pas rare qu’un Australien ouvre les fenêtres de sa voiture et mette la clim en même temps. Et les ouvriers du chantier ont un peu une fâcheuse tendance à roter en public et à jurer à tout va…

Avez-vous des «habitudes» ?

L’habitude la plus facile à prendre ici, c’est celle du ‘’Barbie’’, comprenez BBQ ! Chez soi ou sur les nombreux BBQ publics gratuits dans les parcs ! Les Australiens cuisinent tout sur le BBQ même les œufs et le bacon du petit déjeuner. Une bière dans la main droite, une saucisse dans l’autre vous voilà presque intégré !

Est-il facile de partir en weekend ?

Il est très facile de partir en WE pour peu que l’on n’ait pas peur d’avaler les kilomètres ! A Canberra, la nature est à portée de main, la montagne est à 2h, la mer aussi. Pour le reste, le pays est vaste et divers il y a toujours quelque chose de différent à voir ou à faire.

Décrivez votre cadre de vie ?

On vit dans un appartement récent dans une ville verdoyante où presque tout le monde vit en maison ! C’est mieux, car comme on bouge tous les ans on ne peut pas se permettre d’accumuler trop de choses. On habite à Kingston un quartier sympa du centre de Canberra. C’est très plaisant, pas loin du lac, des restos et des magasins. On a de grandes baies vitrées qui donnent sur une grande terrasse et laissent entrer plein de soleil dans la maison. Sur le balcon se posent plein d’oiseaux plus colorés les uns que les autres et je suis sûre que les bruits qu’on entend parfois la nuit c’est un possum qui vit sous le toit !

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ?

Math travaille beaucoup, il part à 6h15, commence à 6h30 le matin et ne rentre pas avant 19h30 même si il lui arrive de rentrer plus tôt voire beaucoup plus tard. Il doit résoudre des problèmes techniques, suivre l’avancement du chantier et les ouvriers.

Moi, ma vie a changé du tout au tout, aujourd’hui ma journée se résume à tenir ma maison, tenir mon blog et améliorer mon anglais en rencontrant du monde. Je suis souvent frustrée de ne pas avoir de travail et j’aimerais me reconvertir.
Le crédo de nos WE (quand ils sont complets car Math travaille un samedi sur deux) c’est profiter. On part faire de la rando en montagne, du camping en bord de la mer, du vélo autour du lac, on s’aère !

 

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Pour Mathieu oui car il a tout de suite trouvé sa place au travail, il fait aussi du Handball ce qui lui a permis de rencontrer du monde et de se faire des amis. Pour moi ça a été plus compliqué, sans travail je me suis un peu repliée sur moi même mais j’ai apprivoisé cette nouvelle vie, j’ai des copines à moi maintenant et c’est plutôt pas mal !

Avez vous rencontré facilement les « gens du pays » ?

Rencontré des gens oui c’est assez facile mais on ne peut pas dire que beaucoup sont devenus des amis. Nous avons le désavantage de bouger tous les ans ce qui n’aide malheureusement pas à installer des relations durables.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Au début on essayait de les éviter et aujourd’hui ce n’est pas forcément ce qu’on recherche mais oui. Premièrement car c’est reposant de parler Français, ça ne demande pas d’effort, deuxièmement parce qu’on ne choisit pas la nationalité des personnes avec qui l’on s’entend et aussi parce que nous restons des Français et des expats qui plus est, nous partageons donc la même culture et souvent un peu le même regard.

Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

On savait parler Anglais avant de partir et on va dire que notre Australien s’améliore au contact des locaux ! Il faut dire qu’ils utilisent beaucoup de slang (argot) donc ce n’est pas facile au début.

 

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Nous ne sommes pas vraiment devenus plus cléments avec la France, au contraire…

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Ça coûte très cher de rentrer, on est rentrés 2 fois cette année pour 2 mariages (famille puis amis). Mais c’était exceptionnel, on ne pourra pas se le permettre de nouveau. Surtout qu’en Australie, il n’y a que 4 semaines de congés payés et qu’on veut garder du temps pour nous, pour visiter sur place ou voyager. Et même si c’est toujours une joie de revenir en France, les retours ne sont pas des vacances à proprement parler.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ? Votre entourage vous manque-t-il ?

Avec le décalage ce n’est pas évident, on essaye de faire un Skype une à deux fois par mois avec nos parents. De temps en temps avec nos sœurs et les amis. Ce qui nous manque le plus c’est la spontanéité d’un coup de téléphone, d’un texto mais avec 10h de décalage on ne peut pas se le permettre. Notre entourage nous manque c’est sûr mais on pense très souvent à eux et on sait qu’ils pensent à nous.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Honnêtement on ne sait pas, on va encore rester 2 ans en Australie le temps de notre VISA après… Après on avisera.

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Conclusion

Avez vous évolué ou grandi depuis votre départ ?

Évolué ou grandi, je ne sais pas, vieilli c’est certain et en tout cas on est heureux, c’est le principal.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Si ils ne sont pas encore sûrs de partir, un mot : partez ! Si ils vont partir, je pense qu’il faut bien s’organiser avant pour partir sereinement.

Comment vous voyez vous dans le futur ?

On vit beaucoup dans l’instant présent, on profite surtout que l’on ne sait jamais à l’avance où l’on va atterrir.

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

Moi sur une petite île perdue dans le pacifique et Mathieu, et bien pour lui, c’était l’Australie !

Où aimeriez vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

On ne s’est jamais projetés jusque là, je crois que pour nos générations il ne faut pas compter sur la retraite, donc autant profiter maintenant !

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Retrouvez Sabine sur son blog

Le blog de Sabine : http://aventures-dici-et-dailleurs.com/

aventuresdicietdailleurs

Remerciements

Merci à Sabine d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie à Canberra !

Vous avez des questions ?

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