L’interview de Angie en Argentine

La Boca

Angie est une jeune femme pleine d’ambition qui est partie à l’autre bout du monde avec un seul PVT en poche. Elle a rapidement trouvé du travail à Buenos Aires !

 

 

 

 

argentineDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Angie
Age : 24 ans
Situation professionnelle : Chargée de communication web chez Argentina Excepción
Pays et ville d’origine : Fontainebleau, France (originaire du Sénégal)
Pays et ville d’accueil : Buenos Aires, Argentine
Type et durée du visa : Programme Vacances Travail d´une durée d´un an
Début de votre expatriation : fin août 2014
Motif de l’expatriation : envie de changement, curiosité, maîtrise de l’espagnol, voyages

 

Présentez-vous ?

Je suis Angie, j´ai 24 ans et je viens de la ville de Fontainebleau. Je vis actuellement à Buenos Aires où je suis chargée de communication web dans l´agence de voyages Argentina Excepción qui propose des séjours en Argentine, au Chili et en Bolivie. Joviale et curieuse, j’aime découvrir de nouvelles cultures d’où mon expatriation en Argentine !

Où vivez-vous actuellement ?

Je vis à Buenos Aires depuis 5 mois et souhaite y rester à l’issu de mon PVT si je trouve un contrat plus long.
Avant l’Argentine, j’ai vécu un an à Groningen, aux Pays-Bas, dans le cadre du programme ERASMUS. Cette première expérience m’a incontestablement donné envie d’évoluer dans un contexte multiculturel, de voyager et de maîtriser plusieurs langues.

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant mon départ, j’étais une jeune diplômée pleine d´ambitions !! J’ai donc commencé à chercher des postes en V.I.E et envoyer des candidatures spontanées à l´étranger, sans succès… En parallèle, je travaillais dans un autre domaine afin d’économiser. Vivant encore chez mes parents, j’ai pu partager mon temps entre ce travail que je savais temporaire, ma recherche d´emploi et ms sorties entre amis.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

L´envie de m’expatrier était très forte à la fin de mon stage de fin d´études : l’ambiance morose de la société pesait sur mon moral, je ne supportais plus le mode de recrutement principalement basé sur la notoriété d’une école plutôt que sur les compétences et la motivation du candidat et aussi je voulais éviter d’entrer dans le carcan prédéfini des CDI. N’ayant pas d’attaches hors ma très chère famille et mes amis, j’ai décidé d’entreprendre les démarches du PVT en mai 2014 pour un départ en août de la même année.

 

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

J’ai sélectionné les éléments à emporter selon les précieux conseils de mes amis déjà sur place. En effet, j´ai dû acheter une valise supplémentaire pour pouvoir transporter mes vêtements d’hiver et d’été, car ici, les boutiques sont chères et cela pour une qualité moindre. J’avais également fait le plein en produits cosmétiques !

J’ai pu m’organiser tranquillement. D’ailleurs, j’ai profité des soldes d´été pour acheter mes indispensables.

Concernant les démarches administratives, j’ai eu le temps de résilier tous mes contrats sans me presser.

Au moment de partir, je me suis sentie incertaine mais fière de ma décision. A ce moment-là, je gardais la possibilité de rentrer sous deux mois, c´était ma manière de me protéger d’un potentiel échec.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Mes quatre premières semaines se sont très bien passées car j’ai logé chez de très bons amis français. Vivant à Buenos Aires depuis huit mois, ils connaissaient tous les bons plans et les démarches administratives à suivre. Ce mois à leurs côtés fut précieux car il m’a permis de prendre mes marques en douceur. De plus, j’ai fait la rencontre de leurs amis bien que je me fasse toute petite quand nous étions en groupe car mon espagnol était encore rouillé…

J’ai entièrement pris conscience de ma situation « d´expatriée à la recherche d’un emploi» et la peur de l’échec que cette situation induit quand j’ai emménagé dans une colocation avec une argentine. Ma colocataire avait son rythme alors que je passais mes journées à chercher du travail. C’est donc deux mois après mon arrivée que je me suis enfin sentie lancée dans mon aventure argentine grâce à l’obtention d’un premier emploi, l’emménagement dans une colocation avec davantage de personnes et la construction de nouvelles amitiés au gré de mes sorties.

J’ai finalement atteint mon objectif premier qui était d´acquérir une expérience professionnelle en communication corporate après quatre mois à Buenos Aires !

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

L´idée de me créer une vie entre travail, nouveaux amis et loisirs dans une ville aussi dynamique que Buenos aires me plaît beaucoup ! Vivre ici, c’est découvrir un nouveau mode de vie, de nouveaux codes… Bien que j’ai des amis sur place, vivre à l’étranger en tant que jeune diplômée et non comme étudiante revêt un caractère plus challengeant notamment pour la rencontre de nouvelles personnes.

Ayant choisi une destination lointaine, l’idée de ne pas être présente auprès de mes proches en cas de besoin me pèse parfois.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

L’accès à la culture est beaucoup mieux qu’à Paris, plus accessible et moins codé, il existe de nombreux centres culturels qui proposent des soirées mêlant exposition, concert et théâtre.
Niveau gastronomie la viande et les fruits sont délicieux, je mange enfin des tomates avec du goût !

Buenos Aires sous la pluie c’est vraiment quelque chose ! Les rues s’inondent quand la pluie est trop forte et il y a des plaques surprises un peu partout de quoi arriver trempée au travail. Et je n’aime définitivement pas les réactions des hommes dans la rue !

Casa Rosada

Casa Rosada

 

Les caractéristiques de votre pays d’accueil

L´Argentine est un pays continent presque au même titre que le Brésil. Ainsi, les populations et les paysages diffèrent d’une région à l’autre. A ce jour, je ne connais que la région de Buenos Aires mais j´ai hâte de découvrir ce pays aux mille visages !

  • La mentalité des locaux

Les argentins sont très spontanés, vivent dans l´instant, l’organisation de soirées ou dîners se font à la dernière minute ! Ils sont également positifs et voient souvent le verre à moitié plein.

  • Le climat

Nous sommes actuellement en été, le climat est chaud et humide, parfois étouffant. Il arrive que la température s’élève tellement au point qu’il y ait des averses. Je suis arrivée à la fin de l’hiver, en août. Les journées étaient fraîches mais ensoleillés et les soirées froides, un manteau est donc conseillé !

  • Le logement

La recherche d´appartements à Buenos Aires pour un étranger est fastidieuse. Les propriétaires proposent souvent des prix très élevés et parfois ils imposent trop de règles, la plus embêtante pour moi reste le fait de devoir faire payer un visiteur même s’il dort dans ma propre chambre. Il y en a d’autres qui refusent totalement les visites.

  • La nourriture

Gourmande que je suis, je me régale avec les pâtisseries argentines. Les medialunas, des sortes de croissants recouverts d’une fine couche de miel qui les rend croustillantes, sont délicieuses ! Les indémodables empanadas font parties de ma routine culinaire hebdomadaire et bien sûr l’incontournable asado ! En règle générale, je préfère le poisson mais je dois avouer que la viande locale vaut le détour !

  • La scolarisation

Le système scolaire public est malheureusement en perte de vitesse. Les argentins qui le peuvent inscrivent leurs enfants dans des écoles privés. Un ami m’a expliqué que ce n’était pas encore le cas il y a 20 ans mais le système s’est rapidement dégradé. Les plus démunis accèdent alors à une éducation précaire.

  • Les vacances

Un argentin moyen a le droit à deux semaines de vacances par an, puis trois semaines après 5 ans dans la même entreprise.

  • La santé

Le service de santé public argentin est performant et gratuit ! Vous pouvez donc lui faire confiance. Il faut juste s’armer de patience !

  • La conduite

Le permis international délivré en France est accepté par les autorités argentines. Mais préparez-vous car les argentins sont de vrais chauffards ! Les bus n’hésitent pas à accélérer ou doubler en pleine rue commerçante et ils ont également tendance à freiner au dernier moment. Enfin, ils n’hésitent pas à griller les feux. Les taxis sont tout autant comparables aux chauffeurs de bus. Malgré tout, le vélo est populaire à Buenos Aires, juste un conseil : éviter d’écouter la musique en roulant pour être aux aguets ! Dans une telle cacophonie, vous imaginez bien que les piétons doivent faire profil bas !

  • La censure

La presse argentine est constituée de titres pro et contres le gouvernement qui sont accessibles par tous.

  • Ce qui ne coûte pas très cher

Le chocolat et le fromage (mes pêchés mignons), les équipements électroniques et tous les produis importés. En effet, l´Argentine applique une politique protectionniste, presque tous les produits sont fabriqués dans le pays.

  • Est-il facile d’emprunter ?

Il est très difficile de rembourser un prêt pour un argentin. En raison de l´inflation à plus de 30 %, les prix ne cessent d’augmenter. La valeur du peso argentin est donc très faible et ne leur permet pas d’épargner ou d’emprunter.

 

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Le sexisme populaire me dérange. Ici les hommes ont pour habitude d’interpeller les femmes dans la rue, parfois ils crient du trottoir en face ou en voiture, rien ne les arrête ! Je pense qu’il faudra beaucoup de temps avant que cette habitude soit totalement éradiquée. En attendant, je fais mon possible pour les ignorer !

Avez-vous des «habitudes» ?

Je commence à prendre l´habitude d’arriver en retard… ou du moins d´arriver minimum 1h30 après l´heure prévue pour une soirée voire un dîner ! Malgré tout, je suis souvent dans les premiers…

Mon caractère positif et spontané est plus prononcé qu’avant. Les argentins prennent la vie comme elle vient avec positivisme, ça me plaît !

Enfin, il m’arrive de me laisser tenter par un maté entre amis, c´est une herbe un peu amer que l’on déguste chacun à son tour avec de l´eau chaude.

Est-il facile de partir en weekend ?

Après avoir visité Tigre et San Antonia de Areco pour un week-end, vous aurez besoin d’un minimum de cinq jours pour visiter le reste du pays car l’Argentine est énorme ! Par exemple, Buenos Aires est à quatre heures des plages les plus proches en voiture ou encore à seize heures en bus des fameuses chutes d’Iguazú. Ces distances rendent le pays très différent d´un bout à l’autre, c’est d’ailleurs ce qui fait son charme !

Décrivez votre cadre de vie ?

Buenos Aires est une grande capitale, similaire aux grandes villes européennes ou américaines. Elle dispose de métros et d’un service de bus très performant. Qui dit grande ville, dit pollution et activités et divertissements. Le bosquet de Palermo est le poumon vert de la ville, il est très apprécié par les portègnes qui aiment organiser des pique-niques ou profiter des nombreux évènements organisés par la mairie notamment durant l’été. D’autres parcs et places parsèment la ville comme le parc Las Heras dans le quartier de Recoleta.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote ?

Dans les beaux quartiers de Palermo et Recoleta, il m’arrive régulièrement de croiser un promeneur de chiens ! Souvent, le promeneur doit s’organiser avec une dizaine de chiens de toutes tailles, chapeau l’ami !

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ? De travail puis une journée de weekend ?

Les heures de travail des bureaux sont similaires à la France. Personnellement, je travaille de 9h à 18h du lundi au vendredi. Mes week-ends s’organisent entre dîners entre amis et soirées, j’adore danser !

Palermo

Palermo

 

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Oui mon intégration a été facile notamment grâce à la présence de mes amis français sur place.

Avez-vous rencontré facilement les « gens du pays » ?

Oui j’ai rencontré des locaux via mes colocations, mon premier travail et la fréquentation d’un centre culturel dans lequel j’aime aller. En soit, les argentins sont très ouverts mais parfois il est agaçant de recevoir un texto d’annulation à la dernière minute…

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Mes amis présents à mon arrivée son repartis en France mais j´ai quelques connaissances que je vois régulièrement en plus de mes collègues, également expatriés français.

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Oui, et je pense que mes origines sénégalaises y ont contribué.

Connaissez-vous la langue du pays ?

J’avais étudié l’espagnol au collège puis au lycée. Cela-dit, j’ai commencé à le pratiquer à mon arrivée.

Tango à San Telmo

Tango à San Telmo

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Après quelques mois en Argentine, je suis devenue clémente avec les grévistes français. Nous sommes connus pour manifester à la moindre occasion mais les argentins sont pires et il semble qu’ils n’aient pas besoin d’être nombreux pour bloquer toute une avenue !

A quelle fréquence rentrez-vous dans votre pays d’origine ?

Je ne suis pas encore rentrée en France.

Avez-vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Oui, grâce aux réseaux sociaux notamment Facebook et Whatsapp, je suis en connexion constante avec eux. C’est très agréable. En revanche, le contact avec mes petits cousins et neveux, qui n’utilisent pas ces moyens de communication, me manquent beaucoup ! Je crains qu’ils m’aient oublié à mon retour.

Avez-vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ? Pourquoi ?

Il est certain que j’irai en France à la fin de mon visa. Toutefois, je pense ou du moins, j’espère qu’il consistera en un bref passage le temps d’organiser mon prochain départ… Destination à définir !

 

Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Il me semble que les argentins prennent le temps de développer leur sens artistique, nombreux sont ceux qui jouent d’un instrument depuis des années. Prenant exemple, je me suis lancée dans des cours de théâtre et je ne le regrette pas !

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Abandonnez vos préjugés avant de décoller pour votre future destination, je ne dis pas que tout est acceptable mais il est important d’ouvrir son esprit. Ce qui est normal en France ne le sera pas obligatoirement en Argentine et pour autant ces deux modes de vie sont légitimes…

Comment vous voyez-vous dans le futur ?

Je me vois dans un autre continent, à la découverte de nouvelles cultures, sûrement en Afrique car j’aimerais connaître davantage les cultures de ce continent si diversifié. Et professionnellement, free-lance ou à la tête de ma propre entreprise.

Dans quel coin du monde rêvez-vous de vivre ?

Je m’intéresse de plus en plus à la Colombie. Sa musique, ses danses, ses paysages magnifiques et ses fruits exotiques me charment déjà à distance alors imaginez-vous quand je serai sur place !

Il y a quelques années, j´ai séjourné pendant un mois et demi à San Francisco. Le type de vie «relax» et ouvert d’esprit m’a beaucoup plu. San Francisco, c’est les cultures du monde entier au même endroit, une vie culturelle dynamique et le soleil la majeure partie de l’année !

Où aimeriez-vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

Je m’imaginerais bien partager mon année entre la France et le Sénégal, à suivre !

La Boca

La Boca

 

Remerciements

Merci à Angie d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie à Buenos Aires!

Vous avez des questions ?

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