L’interview de Caroline, en Suède

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Caroline nous raconte comment se passe sa troisième expatriation… en Suède !

 

 

 

 

Carte_SuedeDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Caroline
Age : 41 ans
Situation personnelle : pacsée
Situation professionnelle : en recherche d’emploi, documentaliste
Pays et ville d’origine : France, Paris
Pays et ville d’accueil : Suède, Stockholm
Type et durée du visa : 2 ans et plus si affinité
Début de votre expatriation : novembre 2015
Motif de l’expatriation : le travail de mon conjoint
Bloghttp://www.pourquoivivreailleurs.xyz/

 

Présentez-vous ?

Je m’appelle Caroline. Après 8 ans de vie parisienne, je suis mon conjoint dans ses différents postes (3ème expatriation) et c’est la raison pour laquelle nous avons atterri à Stockholm. J’étais documentaliste à Paris, bibliothécaire dans le pays précédent et ici, je suis… étudiante en quelque sorte. Car il est bien difficile de trouver un travail en Suède sans parler la langue.

Quelle est l’adresse de votre blog ?

J’ai commencé un blog alors que nous étions aux Seychelles (mon interview est ici), car je trouvais qu’il était difficile de trouver des témoignages, des conseils de gens qui avaient vécu là-bas. Je n’avais aucune idée de ce que je devais mettre dans le déménagement, ni ce que j’allais trouver là-bas hormis des plages et des noix de coco. J’ai rapatrié leblogdemadanmpaton sur un nouveau blog (plus pratique ! Et puis, maintenant je suis chez moi -sympa overblog mais on a les mains liées), dans lequel je parle de la Suède, même si les témoignages sont plus faciles à trouver et je parle plus globalement de l’expatriation, car beaucoup en rêvent sans vraiment savoir ce que c’est. Par exemple, nous sommes en Suède. Pour mes parents et mes amis, il s’agit d’ « expatriation », ce qui est vrai. A la différence que nous ne dépendons pas d’un contrat d’expatriation, mais d’un contrat local.

Depuis Lilla Vartan

 

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Nous vivions à Paris dans un appartement de location et étions tous les deux salariés.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

L’expatriation était la seule façon pour mon conjoint d’évoluer dans son entreprise, comme je ne suis pas carriériste mais que je voyais que ça lui tenait à cœur, j’ai accepté. Mais très naïvement, je pensais que ça durerait genre 2 ans et que son entreprise lui proposerait un poste en France (je vous ai dis que j’étais naïve?) Mais non, une fois que vous êtes parti, vous êtes tributaire des opportunités.

Depuis le vasterbron

 

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

C’est là que l’expérience fait toute la différence ! Après quelques expatriation, on devient quand même assez fort. On pense au déménagement avant même de penser à l’emménagement. On fait des listes, on numérote ses cartons et on identifie où est quoi avec rigueur.

Je nous ai alloué 3m3 : 2 petits meubles que nous aimons beaucoup pour nous sentir chez nous (une table basse et un miroir), des vêtements et produits cosmétiques/médicaments habituels et des cartons de vin (l’inconvénient de la Suède, c’est quand même la taxe ahurissante sur toute boisson alcoolisée. Dans l’Union Européenne, vous pouvez transporter 100 bouteilles sans être taxé par la douane).

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

C’était très agréable. En septembre dernier, il fait très beau bien qu’un peu frisquet. J’étais heureuse d’être revenue dans une capitale européenne. Mes 3 premières semaines ont consisté à la recherche d’un appartement. J’ai mis une semaine à me familiariser avec la méthode locale ! J’ai même écrit deux articles sur le sujet sur mon blog, car vraiment, c’est totalement déstabilisant comme façon de faire !

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

Ce que j’aime, c’est qu’on apprend tout le temps quelque chose, j’adore ça. On est toujours dans la recherche d’à peu près tout. On n’est jamais dans sa zone de confort. C’est aussi ce qui est épuisant et c’est ce qui nous fait revenir en France régulièrement. On en a besoin et du coup, on passe nos vacances … En France, bien souvent et bizarrement, on ne voyage pas beaucoup alors qu’on fait beaucoup voyager les autres (qui viennent nous voir).

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Ce qui me frappe en Suède, c’est que le positif est toujours mis en avant. Je caricature un peu, mais tout est « bra » (=super). Je me souviens d’une pub pour la recherche d’emploi qui disait comment en gros, regardez sur ce site et vous verrez que c’est facile ! Évidemment, c’est du marketing, mais c’est pareil à l’école (SFI), les profs sont toujours dans le compliment et l’encouragement. « Det kommer » , ça commence à venir, disent-ils tout le temps ! Je n’arrive pas bien à l’expliquer, mais il y a quand même beaucoup d’optimisme dans la façon de communiquer aux autres. Ce qui est à peu près le contraire de ce qui se passe en France, à mon avis.

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Les caractéristiques de votre pays d’accueil

Stockholm a la qualité de vie de Berlin et la beauté de Paris et Prague à la fois, mais pratiquement sans voiture. Autant vous dire que la qualité de vie est vraiment incroyable. C’est un archipel avec beaucoup d’espaces verts. C’est très beau. Les caractéristiques :

  • Le papa qui promène la poussette, voire fait son jogging avec la poussette le samedi ou dimanche matin ou qui retrouve un autre papa avec une autre poussette. J’ai jamais vu ça en France ! Enfin si, mais là, c’est tout le temps !
  • La famille royale qui se met en costume traditionnel pendant la fête nationale.
  • Le déambulateur et les fauteuils handicapés sont tous dehors. J’aimerais tellement que ça soit comme ça en France. Ici, les personnes âgées ont le moyen d’être très actives (beaucoup d’équipement dans la ville).
  • Les canards ou les lapins qui traversent les routes (bon, près des parcs), mais quand même et les mouettes qui se prennent pour des pigeons et picorent sur les trottoirs.

Plus sérieusement, je trouve que la façon d’accueillir et d’organiser l’immigration est exemplaire. Tous les demandeurs d’emplois étrangers et les réfugiés sont obligés d’assister aux cours de langue (payés par les impôts). Dans ces cours, on apprend comment fonctionne l’état, ce qui est important pour les suédois (égalité des sexes, tolérance, impôts, sport, fika). A la fin du cursus SFI, en ayant travaillé un minimum, on connaît les principes fondamentaux du pays, on sait se débrouiller dans les magasins, on comprend les affiches dans le métro et on peut répondre à des questions basiques. Du coup, on se sent beaucoup plus à l’aise dans la vie de tous les jours.

  • La mentalité des locaux

Les suédois ne sont pas faciles d’accès, mais une fois que vous avez su attirer leur attention, ils sont très sympas. Par contre, pour essayer de leur faire accepter d’endurer votre suédois maladroit, ce n’est pas facile ! Ils enchaînent directement en anglais ! (ah oui, ça c’est cool aussi, ils parlent quasiment tous anglais ! )

  • Le climat

Ce n’est pas le climat qui est difficile. C’est plutôt la luminosité. En ce moment par exemple, on sent que les jours raccourcissent. Aujourd’hui, le soleil se lève à 4h30 et se couche à 21h. Fin octobre, le soleil se lèvera à 8h et se couchera à 18h. Le pire, ce sera de décembre à janvier… Lever du soleil vers 8h00 et coucher à … 15h. A partir du mois de février la matinée commence plus tôt, début février le jour se lève à 8h et fin février, il se lève vers 6h30 (le coucher à 16h-16h30). Bon, je dis pas qu’il fait pas froid ;-). On a eu une semaine à -18, avec un froid sec l’hiver dernier et le reste qui oscillait entre 0 et 7. Mais on a eu aussi un super bel été ( de 15 à 30, c’était clairement mieux que l’affreux été français que vous avez du affronter ! )

  • Le logement

C’est facile si vous avez un boulot bien payé, un employeur et quelqu’un qui peut chercher à plein temps.

Sinon, c’est le cauchemar et il faut chercher de la collocation. Les prix loyers sont légèrement plus chers qu’à Paris je pense. Après côté méthode… c’est très différent. Pour les locations, il n’y a pas d’agence immobilière par exemple. Il y a 2 sites web qui récupèrent quasiment toute la location : Blocket.se et bostaddirekt.se.

Vous faîtes un super portrait de vous/votre couple/famille comme pour passer sur Tinder/Meetic : présentation, pourquoi on serait de parfait locataire etc. Et les propriétaires vous appellent pour vous proposer des visites ou bien vous les appelez car vous avez vu leur annonce. Tout cela coûte un peu de sous bien sûr.

Quand vous louez par contre, tout doit être inclus : électricité/gaz/internet/etc. La partie pas très drôle, c’est que les locations sont très courtes 6 mois, 1 an. Moi j’ai de la chance, on est parti sur 2 ans, mais si le propriétaire revient de son année de césure plus tôt, il faudra chercher ailleurs.

  • La nourriture

Les baies : lingon/björnbär/myrtilles, mûres, il y en a tout un tas que l’on ne connaît pas. On découvre aussi les harengs marinés (perso, je trouve que c’est pas l’extase gustative mais bon). Ce qui me manque : pas grand-chose… C’est surtout les prix français qui me manquent ! Ici, c’est très cher.

Je déteste les tranches de jambon style papier film vendues par paquet de 120gr et le lait qui ne se conserve qu’une semaine à peine.

  • La scolarisation

Je ne suis pas une experte… Je sais juste qu’on ne parle pas d’école primaire ni de collègue, mais d’école (de base). Elle dure neuf ans, de la première (le CP) à la neuvième (3ème).

Les élèves ne sont notés qu’à partir de la 8ème et dans le cadre de contrôle continu.

  • La santé
Si vous avez un personnummer, un numéro de sécu local (pour faire simple), vous payez une franchise (3 ou 4 consultations), ensuite, c’est gratuit pendant un an, sauf pour ce qui est dentiste, kinésithérapeute, ophtalmo). Tout est gratuit pour les enfants jusqu’à leur 18 ans par contre.
  • La conduite

En tant que membre de l’Union Européenne, pas de problème, le permis français est valable. On roule pareil qu’en France. Mais bon, comme on est que 2, la voiture n’est pas très rentable.

  • Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

Tout coûte environ 1 euro de plus qu’en France côté alimentation.

Les vêtements, c’est à peu près pareil. C’est quelque fois pareil à un tel point que l’on trouve des étiquettes en SEK et en Euros au même montant…

Le pire, c’est le prix du verre de vin dans un restaurant : en moyenne 85 SEK =8,5 € (pour faire simple).

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Est-il facile de partir en weekend ?

Il y a beaucoup de choses à faire à Stockholm. Beaucoup de musées sont gratuits. Il y a des concerts, des parks, des balades à faire en vélo, en kayak, en bateau. On peut partir en croisière pour la journée ou pour un we. On peut aussi facilement louer une voiture ou prendre le train (très bon marché ici). C’est une question de budget après.
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Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

L’intégration n’est pas facile quand votre conjoint est cadre sup, que vous ne travaillez pas et que vous n’avez pas d’enfants. Mais j’ai rencontré beaucoup d’autres expat avec l’école et je commence à connaître quelques rares suédois. Donc non, je suis encore loin de me considérer intégrée.

Vous êtes-vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Oui, c’est très facile. Surtout quand on parle anglais.

Connaissez-vous la langue du pays ?

J’ai appris  et je continue.

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Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Plus ça vient, plus j’aime mon pays, malgré ses imperfections. Sûrement parce que c’est ma zone de confort et que j’ai accepté ses imperfections. La France a une aura incroyable dans les autres pays de monde et on ne s’en rend pas compte. A chaque fois qu’un suédois comprend que je suis française, il me dit que mon pays est super. Le sud de la France est une destination favorite des suédois.

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Environ 2 à 3 fois par an, mais ça dépend des imprévus.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Oui ! Vive WhatsApp et Skype !

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Oui, probablement, parce que je suis très famille.

 

Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Je ne sais pas trop. Il y a des situations dans lesquelles je me débrouille mieux. Non, je n’ai pas vraiment changé je pense, je crois que le lieu n’est pas si important que ça. Ce qui important, c’est d’être entouré ou de se sentir entouré. Je n’ai jamais connu de destination extrême, mais je crois qu’on peut voir les choses facilement lorsqu’on a un groupe solide autour de soi.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Difficile ça… Déformation professionnelle, je dirais, faites un rapport bénéfice/risque et des listes. Avant, pendant. Pour mesurer le pour et le contre.

Comment vous voyez vous dans le futur ?

En France ou en Europe, avec une maison assez grande pour accueillir plein de visiteurs !

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

A moins de 5h de vol de la France en tout cas. Je ne me vois pas vivre trop loin de ma famille.

Retrouvez Caroline sur son blog

Le blog de Caroline :

pourquoivivreailleurs

 

Remerciements

Merci à Caroline d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie en Suède !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Caroline sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Elle se fera un plaisir d’y répondre !

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