L’interview de Sarah, aux États-Unis


piscine-complexe

Sarah nous raconte son expatriation aux Etats-Unis et comment elle l’a fait évoluer dans son projet professionnel !

 

 

 

 

etats-unisDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Sarah
Age : 30 ans
Situation personnelle : Mariée
Situation professionnelle : Auto-entrepreneur dans le conseil à la recherche d’emploi aux USA
Pays et ville d’origine : France, Bourgogne, Beaune
Pays et ville d’accueil : USA, Los Angeles
Type et durée du visa : E2, durée de 5 ans
Début de votre expatriation : juillet 2014
Partenaire d’expatriation : Avec Maxime, mon mari
Motif de l’expatriation : Opportunités professionnelles
Bloghttps://vivreaudeladesfrontieres.com/

 

Présentez-vous ?

Je suis Sarah, je viens d’avoir 30 ans, et j’habite maintenant dans la banlieue de Los Angeles depuis l’année dernière, après avoir vécu 1 an et demi à New York City.

Maxime et moi sommes mariés depuis février de cette année, à Las Vegas. Nous sommes tous les 2 français, expatriés aux Etats-Unis depuis plus de 2 ans maintenant.

Maxime travaille en tant qu’ingénieur informatique dans une société française, et moi je suis à mon compte. J’aide les personnes qui souhaitent booster leur carrière professionnelle aux Etats-Unis.

Quelle est l’adresse de votre blog ?

J’ai créé le blog Vivre au-delà des frontières quelques mois après mon arrivée sur New York, fin 2014. Le blog est en français. Voici l’adresse : vivreaudeladesfrontieres.com.

Je l’ai ouvert dans le but d’informer nos familles et amis en France de nos aventures aux Etats-Unis. Nous avions l’intention de rester aux Etats-Unis seulement pour 1 ou 2 ans.

Mais celui-ci a pris une autre tournure. Je mets beaucoup de passion à écrire mes articles, et je suis maintenant sollicitée par de nombreuses personnes arrivant aux Etats-Unis, ou souhaitant s’expatrier aux Etats-Unis.

Ce que ça m’apporte ? La joie d’écrire sur ce sujet (j’ai toujours été attirée par l’inter-culturalité), et d’aider les expatriés et futurs expatriés à réaliser leur projet, comme nous l’avons fait. Le blog m’a pris beaucoup de temps sur mon temps personnel, et maintenant je travaille dessus à plein temps.

Où vivez-vous actuellement ?

Suite à un voyage au Canada en 2013, nous avions pris la décision à 2 de tenter une expatriation en Amérique du Nord, ou bien en Australie.

Le deal était que le premier qui trouve, l’autre suivra. Au final, nous avons trouvé tous les 2 en même temps un emploi, une entreprise et un visa chacun sur New York, sans dépendre l’un de l’autre !

Nous avons atterri dans 2 entreprises françaises, moi avec le visa E1, et Maxime, le E2. Il été embauché comme ingénieur informatique, et moi, en tant que consultante en système d’information.

Nous avons ensuite déménagé en Californie un an plus tard, Maxime ayant eu une opportunité professionnelle. J’ai continué à travailler à distance pour ma société pendant 6 mois. Puis j’ai démissionné en mars pour me mettre à mon compte. Je raconte plus en détails la vraie histoire dans mon blog. 😉

 

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Juste avant d’arriver à New York, nous habitions à Toulouse en appartement dont nous étions propriétaires depuis 3 ans.

Nous possédions une voiture pour 2, et un vélo chacun. Nous n’avons jamais voulu avoir d’animaux malgré l’envie, en raison de nos déménagements fréquents.

Nous travaillions tous les 2 sur Toulouse, Maxime était ingénieur informatique dans une filiale d’Airbus, et moi comme consultante en système d’information en sous-traitance chez ce même client final.

Nous avons vécu plus de 4 ans dans cette ville, le temps nécessaire pour se faire des amis. C’était d’ailleurs assez souvent que l’on se retrouvait autour d’un verre après le travail.

Nos 2 familles habitent en Bourgogne, nous les voyions 2 fois par an. Eh oui, de Toulouse, il faut compter 8 heures de route et un beau budget essence / autoroute !

Nous avions chacun notre sport, Maxime la natation et moi la danse. Puis on partageait une activité ensemble qui était la danse de couple.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

Le coupable de notre expatriation, c’est le virus de la « bougeotte » dont je n’ai jamais réussi à me débarrasser. Avant les USA, nous avions déjà vécu plusieurs fois à l’étranger pendant nos études. Maxime avait fait un stage de 3 mois au Mexique, et moi j’étais partie en Erasmus pendant 1 an en Allemagne, puis un semestre en Slovénie, pour finir avec 5 mois de stage en Suisse alémanique.

Après avoir vécu autant d’aventures au quotidien, l’envie de repartir à l’étranger s’est vite fait ressentir. Et plus les mois passaient, plus ça devenait pesant !

Une des raisons qui nous a aussi poussé à nous expatrier aux Etats-Unis a été la recherche d’opportunités professionnelles, et d’évolution dans nos carrières.

img_2017

 

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Nous sommes partis avec le strict minimum : 2 valises chacun. Au départ, c’était pour seulement 1, voire 2 ans tout au plus !

Donc nous avons loué notre appartement meublé. Et nous avons stocké nos affaires personnelles chez nos parents respectifs. Cette séparation (quoi va être stocké où) a d’ailleurs été assez dure à supporter, tout comme la pression des parents.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Je suis arrivée seule à New York, Maxime m’ayant rejoint 3 mois plus tard. Je me suis donc occupée de trouver un premier logement temporaire de 2 mois seulement pour moi, puis un deuxième pour nous 2, et de le meubler.

La recherche de mon premier logement en colocation a été une expérience difficile. Je n’avais qu’une semaine pour le trouver alors que je travaillais en journée. Et surtout, je venais juste d’ouvrir mon compte en banque ! Ca a pris quelque temps pour que celui-ci soit effectif, entre le moment de l’ouverture et son approvisionnement.

Et tant que je n’avais pas l’argent, je ne pouvais m’engager pour un appartement. Mon premier contact avec un propriétaire a été un désastre. Au final, j’ai trouvé au bout de 10 jours, et sans avoir été trop exigeante.

Puis j’ai cherché un logement plus grand pour nous 2. Et là encore je me suis confrontée à pas mal de difficultés comme l’absence de credit score (la note de crédit, chose qu’on n’a pas en France).

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

Ce qui me plait, c’est l’aventure au quotidien, la confrontation à la culture locale, le fait de partager nos visions avec les locaux, et apprendre de leurs habitudes.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Ce que j’aime beaucoup ici, c’est l’optimisme des Américains et ce sentiment de liberté. Ça m’a permis de réfléchir sur moi, et de me donner des ailes, surtout au niveau de mon travail.

Suivre son rêve est normal ici, contrairement en France où on ne nous laisse pas le faire.

 

Les caractéristiques de votre pays d’accueil

  • La mentalité des locaux

Les gens sont très accueillants et enthousiastes. Ca fait bizarre au début, mais plaisant à la longue.

  • Le climat

En Californie du Sud, il fait toujours bon. D’ailleurs, je suis un peu perdue dans les saisons maintenant. Je ne sais plus quand est l’hiver et l’été.

  • Le logement

En Californie, nous avons trouvé facilement un appartement contrairement à New York. Le logement ne manque pas en Orange County. Et le plus fou, c’est qu’ils continuent à construire !

La réponse du propriétaire a été super rapide (24h après) à partir du moment où nous avons déposé le dossier, contrairement à New York où nous avons attendu 1 semaine.

Alors qu’une tonne de documents nous a été demandée pour le logement à New York, nous n’en avons fourni aucun pour celui de Californie !

La seule différence est que nous avions accumulé du credit history, ce qui n’était pas encore le cas pour New York.

  • La nourriture

Nous avons été très surpris sur ce point. Selon la réputation de la nourriture des USA en France, on s’attendait à très mal manger. Mais quand nous sommes arrivés à New York, nous avons découvert et aimé les cuisines du monde entier. Et notre étonnement s’est ensuite poursuivi en Californie quand nous avons été invité chez plusieurs de nos amis locaux, qui nous ont cuisiné des plats absolument exquis !

Pour vous dire, je ne cuisine pas aussi bien qu’eux. C’est aussi aux Etats-Unis que j’ai appris à aimer les épinards. Après, il est possible que ces habitudes alimentaires ne soient pas les mêmes dans les autres états des Etats-Unis (je dirais que chaque état a sa propre culture). Mais comme quoi, ce qu’on dit n’est pas toujours vrai.

  • Les vacances

Avant de me mettre à mon compte, j’avais droit à 4 semaines par an. Et Maxime a droit à 3 semaines.

Nous sommes plus avantagés qu’un Américain, parce que nous travaillons dans des sociétés françaises. Sinon, c’est plutôt 2 semaines de vacances par an en général.

Aujourd’hui, je peux prendre mes vacances quand je le souhaite, mais je suis plutôt du genre workaholic comme nos amis Américains. Donc ne pas en prendre ne me dérange pas, puisque je vis déjà mon travail comme un loisir. C’est un peu comme une drogue même.

  • La santé
Les frais de santé sont bien plus chers ici qu’en France. Cependant, nous bénéficions de la mutuelle de nos sociétés (je suis passés récemment sous celle de Maxime), qui a une bonne couverture.
  • La conduite

Oui, il faut repasser le permis ! Et il doit être repassé à chaque déménagement inter Etat (ou au moins échangé). Donc techniquement, on aurait dû le passer 2 fois depuis que nous sommes ici.

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Rien ne me dérange vraiment, sauf peut-être le fait de ne pas pouvoir se déplacer à pied. En Californie, la voiture est maître et prendre « l’autoroute » pour aller seulement faire une course est quelque fois ennuyant.

Avez-vous des «habitudes» ?

Je trouve que nous avons pris les habitudes locales, surtout sur la façon de se comporter en public. D’ailleurs, nous sentons un léger décalage quand nos amis de France viennent nous rendre visite, et que nous les emmenons aux soirées chez nos amis locaux.

Mais nous avons aussi gardé quelques habitudes, comme cuisiner nos plats typiquement français (quiche lorraine, gratin, etc.).

Est-il facile de partir en weekend ?

Oui, il est assez facile de partir en weekend, et il y a énormément de choses à visiter aux alentours ! Nous n’avons pas encore tout vu.

Par contre, il faut faire attention aux distances, car les heures de trajet peuvent vite s’allonger.

Décrivez votre cadre de vie ?

Ici en Orange county, tous les appartements / maisons sont équipés de piscines, jacuzzis, salle de sport, salle de billard, etc… Donc nous bénéficions de tous ces services avec notre logement.

Nous avons nos activités chacun en semaine, puis nous faisons une randonnée ensemble avec nos amis, un soir par semaine.

Les weekends, c’est souvent que l’on se retrouve chez l’un ou chez l’autre pour regarder un film dans le jardin, ou pour boire un verre et un manger un bbq autour de la piscine.

 

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Je n’ai pas sentie de grande complexité dans ce sens, sauf pendant la période entre mars et juillet de l’année dernière où nous avions toutes les semaines des amis de France à la maison. Pendant ces 5 mois, nous avons mis de côté nos connaissances sur place, et ça n’a pas facilité notre intégration.

Nous nous sommes sentis un peu seuls au départ, mais nous avons très vite retrouvé le cours des choses.

Avez vous rencontré facilement les « gens du pays » ?

On va dire que dans notre entourage, nous avons 50% d’amis expatriés européens, et 50% d’amis locaux.

Vous êtes-vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Facilement oui, un peu trop même car on n’a plus envie de repartir !

Connaissez-vous la langue du pays ?

La langue du pays est l’anglais. Nous n’avons pas eu besoin de prendre des cours comme nous avions un niveau raisonnable en arrivant pour nous débrouiller. Par contre, je sens que j’ai beaucoup appris depuis que nous sommes ici, il n’y a pas de doute !

appartement-a-meubler

 

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Je ne perçois plus du tout mon pays de la même façon. Je trouve que certains expatriés français aux Etats-Unis sont très durs avec les français de France, et je ne suis pas vraiment en accord avec eux.

Non, je ne trouve pas que la France soit un pays horrible où tout le monde tire la tronche. Quand je reviens en France pour les vacances, je trouve plutôt que l’ambiance dans les villes est géniale (malgré ce qu’il s’est passé les derniers mois).

Je redécouvre la France comme un très beau pays, avec des habitants géniaux : polis, souriants, sympathiques.

Certes, ils ne sont pas du genre à vous parler dans les transports en commun comme aux USA, mais je trouve que les soirées parisiennes sont chaleureuses, et c’est assez facile de passer une bonne soirée.

Après, j’ai cette vision peut-être parce que je ne vis plus cette vie au quotidien.

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

En moyenne 2 fois par an. Et nous souhaitons garder cette fréquence, car nos familles nous manquent beaucoup.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

On utilise beaucoup Facebook et What’s app pour communiquer avec nos amis en France, et nous faisons en moyenne un Skype par mois avec nos familles.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

La question se pose à chaque fois que nous rentrons en France, et c’est toujours la même réponse qui en ressort : nous aimons notre pays, l’ambiance festive, les relations avec la famille, les soirées avec les amis, le cadre de vie. Alors pourquoi ne pas rentrer ?

Mais nous nous buttons toujours à la même problématique : si on rentre, professionnellement ça donne quoi ?

Je ne suis pas prête à vivre de nouveau cette sensation de labeur. Ici, j’ai découvert que je pouvais suivre le cours de mes rêves, qu’il existe des solutions pour faire ce qu’on aime. Les opportunités ne manquent pas, et c’est comme si on était à 2 doigts d’en profiter, avec du courage et du travail.

Nous avons un cadre de vie très agréable aux USA, des amis sur lesquels nous pouvons compter, et une bonne dose de challenge tous les jours. Alors pourquoi rentrer au final ?

Au lieu de ça, nous essayons plutôt de persuader nos amis à venir nous rejoindre en Californie. 😉

Le seul problème reste encore la famille, car ce sont eux qui nous manquent le plus. Je dirais que c’est le plus dur à encaisser. Mais si on leur rend visite 2 fois par an, cela nous va bien.

 

Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Pour avoir évolué, ça oui. Surtout ma vision du travail. En fait, j’ai subit une onde de choc durant les 3 mois de mon arrivée.

En plus du chamboulement des habitudes, j’ai absolument remis tout en question, pour au final me rendre compte que mon métier n’est pas réellement celui que je voulais faire. New York m’a littéralement transformé.

C’est en rencontrant plusieurs dizaines de personnes venant de tous les USA et du monde entier, que je me suis réveillée. Tous sont là pour suivre leur rêve, et exercer le métier qu’ils ont envie. Et moi dans tous ça ?

Comment vous voyez vous dans le futur ?

Je me vois vivre de ma passion, Maxime vivre de la sienne, et tous les 2 complètement épanouies. En fait, sans m’en rendre compte, je projette notre vie aux USA.

Retrouvez Sarah sur son blog

Le blog de Sarah : https://vivreaudeladesfrontieres.com/actualite/

vivezlereveamericain

Remerciements

Merci à Sarah d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie américaine !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Sarah sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Elle se fera un plaisir d’y répondre !

Vous souhaitez participer ?

Si vous souhaitez participer et partager votre expérience de vie à l’étranger, envoyez nous un petit message via le formulaire de la page Comment participer.