L’interview de Tommaso, en Angleterre

 

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Tommaso, est un jeune italien de 32 ans, chercheur qui s’est expatrié en France puis en Angleterre pour se faire une expérience de vie à l’étranger.

 

 

 

 

 

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Découvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Tommaso
Age : 32 ans
Situation professionnelle : Chercheur
Pays et ville d’origine : Italie – Rovigo
Pays et ville d’accueil : Royaume Uni – Oxford
Date de début d’expatriation : 17/01/2014
Motif de l’expatriation : Le travail
Assurances : National Insurance

Présentez-vous ?

Bonjour à tous, je suis Tommaso Tosi, je viens de Rovigo, une petite ville italienne pas loin de Venise. Dans mon temps libre j’aime beaucoup lire, jouer de la guitare et faire de la cuisine.

Où vivez-vous actuellement ?

Ce n’est pas la première fois que je vis à l’étranger, j’ai passé six ans (2007-2013) à Grenoble, en France, où j’ai fait mon Doctorat et mon premier Post-Doc. Je suis actuellement embauché à l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, comme chercheur post-doctorant dans le département de Biochimie, avec un contrat pour les quatre prochaines années.

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant mon départ en France, en 2007, ma vie en Italie était super ! J’ai fait mes études universitaires à Padoue, où j’ai rencontré la plupart des mes amis. J’avais aussi un groupe de musique, et on jouait beaucoup dans des bars, restos etc. en gagnant aussi un peu d’argent. La musique était (et est encore) une partie fondamentale de ma vie.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

Après mon Master à l’Université, je voulais essayer le travail dans la recherche à l’étranger, pour faire des bonnes expériences et pour améliorer ma vie professionnelle. Après la France, j’ai voulu continuer cette expérience à long terme en Angleterre, et j’ai postulé pour un post-doc de quatre ans à Oxford. J’ai été recruté après un entretien par skype !

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Je suis parti en avion, de Lyon à Londres, avec deux valises pleines. J’ai fait de mon mieux pour ne mettre que l’indispensable pour commencer ma nouvelle vie en Angleterre. En général, j’étais content de partir, de commencer une nouvelle vie une nouvelle fois, sauf de devoir laisser ma copine à Grenoble, où elle travaille encore pour les prochains mois.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

En général, s’intégrer en Angleterre est très facile car l’Angleterre est un pays très multiculturel. Le plus difficile est de trouver un logement ! Heureusement, une collègue de l’université m’a fait rester dans son appartement pendant la dizaine de jours où je cherchais un appartement à moi. Il y a beaucoup d’étudiants à Oxford, donc c’est difficile de trouver des logements à louer pendant toute l’année académique, et ce qu’on peut trouver est quand même très très cher ! Il faut passer par beaucoup d’agences pour trouver un appart, et il faut du temps aussi ! J’ai eu de la chance de trouver un T2 à louer que pour moi, sans être en colocation.

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

J’aime beaucoup les gens. Les Anglais sont habitués à rencontrer personnes qui viennent de presque tout le monde, donc ils sont très respectueux des autres. Par contre, il faut s’habituer très vite à une météo très variable, et assez froide pendant toute l’année (avec quelques exceptions).

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

En général, la vie en Angleterre est bien organisée. La bureaucratie n’est pas trop difficile, et il y a plein de choses qu’on peut faire par internet, comme payer les impôts et souscrire les contrats (même les signer). Par contre, trouver un logement est très difficile, les apparts sont des fois de mauvaise qualité (même s’ils sont chers). En général la vie est très chère.

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Les caractéristiques de votre pays d’accueil

  • La mentalité des locaux

Ouverte, amicale.

  • Le climat

Pas excellent.

  • Le logement

C’est vraiment dur. Il faut passer par beaucoup d’agences, il faut vraiment du temps. Ce qui est difficile surtout est fournir les crédentiels pour faire accepter le dossier de location. Il faut avoir des cordonnées bancaires anglaises pour le dossier, mais pas toutes les banques anglaises acceptent de fournir un contrat bancaire à des étrangers qui n’ont pas un « proof of address » (une preuve d’adresse) anglaise. Donc, il faut avoir habité dans un appart en Angleterre pour avoir un contrat avec une banque, mais il faut avoir un contrat bancaire pour trouver un logement (on dit en Angleterre que c’est un « chicken and egg problem »). La situation idéale est d’habiter chez quelqu’un d’anglais pendant quelques jours, comme ça on peut donner son adresse.

  • La nourriture

C’est un cliché très connu dans le monde, que la nourriture anglaises est pourrie, mais j’ai remarqué que c’est pas vrai du tout ! Il y a peu de choses si on compare la variété italienne ou française, mais ce qu’on a en Angleterre est de bonne qualité, et pas cher non plus. C’est facile aussi de trouver des trucs italiens ou français, ou aussi de tout le monde (indien, japonais, chinois, libanais, thaïs, polonais etc.). Et dans toute l’Angleterre on peut trouver des bières excellentes, souvent de fabrication artisanale. Et avec 10 £ on peut manger et boire assez bien dans chaque pub.

  • Les vacances

A l’université on a un peu plus de trois semaines de vacances par an. Dans certains cas, on peut demander des jours de congés en plus à son superviseur.

  • La santé

Le « Healthcare » anglais est un système direct, comme en Italie. Il faut s’inscrire à l’Assurance Nationale en appelant un certain numéro de téléphone après avoir signé le contrat de travail. Il faut après faire un entretien qui dure a peu prés une heure et, après presque deux mois, on reçoit une carte de l’Assurance Nationale (comme la carte vitale française).

  • La conduite

Moi je ne conduit pas à Oxford, mais oui, il faut repasser un permis si on est résidents. En général les anglais conduisent bien, mais vite. Il faut faire attention au vélos, il y en a beaucoup et les cyclistes ne sont pas disciplinés du tout. Plein de gens prennent les transports communs, les bus sont excellents et il y en a pendant toute la journée, aussi la nuit.

  • Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

Logements/nourriture

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Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

J’ai remarqué que des fois certains anglais sont « parcimonieux » avec les mots. Ils n’expliquent pas en détail ce qu’il veulent dire, et il faut déduire et « lire entre les lignes ». Des fois c’est un problème, surtout au boulot.

Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Il y a beaucoup de campagne autour d’Oxford, mais c’est mieux d’avoir une voiture pour y aller. Par contre en deux heures on est à Londres par bus ou train, et il y en a 24 heures sur 24.

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ? De travail puis une journée de weekend ?

Dans la recherche, c’est typique de travailler beaucoup, aussi pendant le weekend !

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Oui. Il faut seulement respecter les autres et suivre les règles, comme dans tout le monde.

Avez-vous rencontré des locaux ?

Oui, même si ce sont des gens que j’ai rencontré au boulot.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Il y a assez d’Italiens à Oxford, mais je remarqué il y a plus de Français, Espagnols, Pakistains et Polonais.

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Oui.

Connaissez-vous la langue du pays ?

Je connaissez déjà l’anglais.

Votre lien avec votre pays d’origine

A quelle fréquence rentrez-vous dans votre pays d’origine ?

1-2 fois par an.

Avez-vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Dans ces derniers temps je n’ai pas beaucoup de contacts avec mon entourage en Italie. Mais c’est normal pour quelqu’un qui est a l’étranger depuis longtemps. Mais quand même, je reste italien, et l’Italie me manque.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Oui, je veux au moins essayer de rentrer en Italie pour travailler. Mon pays me manque et j’ai remarqué que même à l’étranger, travailler dans la recherche est difficile et c’est difficile de trouver un poste permanent. Partout c’est la même situation, malheureusement.

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Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Oui. J’ai voulu faire une expérience à long terme à l’étranger (et ça fait déjà 7 ans) pour m’améliorer, avoir une mentalité plus ouverte et des connaissances professionnelles meilleures que les gens qui sont resté en Italie. Je crois d’avoir réussi à faire tout ça, et c’est un succès très important pour moi et ma vie future.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Informez vous sur internet sur le pays où vous voulez aller, il y a plein des blogs/forums/sites internet où vous pouvez trouver toutes les infos dont vous avez besoin. Et adaptez vous à votre nouvelle vie, c’est pas toujours facile !

Comment vous voyez vous dans 5 ans ?

J’essaye de ne pas y penser, je travaille dans la recherche actuellement et c’est pas facile de se construire une carrière.

Dans quel coin du monde rêvez-vous de vivre ?

En Italie.

Où aimeriez-vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

En Italie.

Remerciements

Merci à Tommaso d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie en Angleterre !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Tommaso sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Il se fera un plaisir d’y répondre !

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