L’interview de Tugdual, au Cambodge


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Tugdual, un breton pure souche de 24 ans est parti vivre à Phnom Penh suite à une opportunité professionnelle. Sa vie là bas lui plaît énormément.

 

 

 

 

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Cette photo représente Angkor.

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Carte d’identité

Prénom : Tugdual
Age : 24 ans
Situation personnelle : Célibataire, sans enfants
Situation professionnelle : Responsable du marché français pour l’agence de voyage Hanuman Travel
Pays et ville d’origine : France, Pléneuf Val-André (Bretagne)
Pays et ville d’accueil : Cambodge, Phnom Penh
Date de début d’expatriation : 11 février 2014
Type et durée du visa : Visa Business, 1 an, renouvelable chaque année
Blog : http://www.visapour.fr/

Présentez-vous ?

Je m’appelle Tugdual. Oui c’est assez original. On préférera m’appeler Tug et comme mon nom l’indique je suis breton. La Bretagne, j’y suis né en 1989, et j’ai passé une grande partie de ma vie au bord de la mer, dans un cadre fantastique. Après tout, la Bretagne est l’un des plus beaux pays sur cette terre n’est-ce pas ? 😉 J’ai fais des études de marketing et je travaille désormais dans l’industrie du tourisme, ce qui me permets de garder un pied dans le monde du voyage, ma véritable passion. Je suis aussi un grand addict de la nature, des grands espaces, de la neige et des sports de glisse, et surtout de la photographie.

Quelle est l’adresse de votre blog ?

On peut se rendre sur mon blog à cette adresse : http://www.visapour.fr

J’aime écrire. Faire un blog était avant tout une aventure personnelle, un moyen de garder une trace des expériences un peu atypiques que j’ai la chance de vivre depuis quelques années. Mais j’aime aussi partager, et blogguer permet ainsi à d’autres personnes de m’accompagner, de rêver ou de se renseigner pour la réalisation de leurs propres projets. Je me sers aussi du blog comme vitrine pour exposer mes photos.

Où vivez-vous actuellement ?

J’ai beaucoup déménagé ces dernières années : Finlande, Grèce, Nouvelle-Zélande et désormais Cambodge. J’habite et travaille à Phnom Penh, la capitale. J’y suis venu une première fois en voyage sac à dos, pendant un mois, juste après mes études. Les rencontres, la chance et l’amour que j’ai pour ce pays et ce peuple m’ont permis d’y revenir dans un cadre professionnel. Je ne pouvais pas refuser. Le Cambodge est riche d’enseignements. Je suis persuadé que cette expérience m’apporte beaucoup et je compte y rester aussi longtemps que je m’y sentirai bien.

 

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant mes études, je n’avais jamais vraiment franchi les frontières françaises. Ma vie en Bretagne était géniale et facile. Malgré tout je rêvais d’ailleurs. Je voulais voir ce qu’il se passait en dehors de chez nous, comment les gens vivaient, ce qu’ils pensaient et en quoi ils pouvaient être différents de nous. J’ai enchainé les expatriations, assez courtes cependant : une année dans chaque pays, Finlande, Nouvelle-Zélande, des cultures aux antipodes les unes des autres. Si j’ai pu continuer et même développer ma passion pour la photo, j’ai dû mettre en stand by d’autres activités, telles que l’équitation que je pratiquais en compétition.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

Je ne pense pas avoir fuit la France. J’aime mon pays, je pense simplement avoir su saisir une opportunité que je ne pouvais pas refuser. On m’a offert une position que je n’aurais probablement pas pu avoir en tant que junior à Paris et aussi parce-que c’est le moment dans ma vie pour vivre ce genre d’aventures. Je suis encore tout à fait libre, alors pourquoi rentrer dans le moule alors que je peux découvrir quelque chose de totalement nouveau. C’est excitant, voilà tout.

 

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Tout s’est passé à la dernière minute, j’ai eu a peine deux semaines entre l’annonce de mon poste et mon départ. Je suis parti avec le strict minimum : une valise de 25 kilos et mon appareil photo (très important !). J’avais un logement dès mon arrivée fourni par mon entreprise et il était tout meublé. Vivant seul, je n’ai pas vraiment besoin de plus. Pour le reste, on trouve tout sur place.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Les premières semaines sont toujours les meilleures. Tout est nouveau, tout est excitant, tout semble parfait. Pour moi ce n’était pas totalement la découverte car je connaissais déjà le pays, mais j’étais très heureux de revenir et de retrouver cette ambiance asiatique, les couleurs, les odeurs, le bordel ambiant : un vrai bonheur. Et puis je n’ai de toute façon pas vraiment eu le temps de me poser trop de questions puisque j’ai commencé à travailler … le jour de mon arrivée ! La suite fut assez classique : beaucoup de nouvelles rencontres, la création d’un cercle d’amis et la mise en place de petites habitudes. Au final je me suis vite senti chez moi.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est-ce qui vous plaît moins ?

Le Cambodge a ce don de me donner le sourire 24h/24. Même les matins où je suis fatigué et pas très motivé, il y aura toujours quelque chose ou quelqu’un dans la rue qui va me donner la pêche et me rappeler au combien je suis chanceux d’être ici. Pour les expats, la vie est douce, les gens prennent le temps de vivre, il faut beau toute l’année, j’habite à 3 minutes à pied de mon lieux de travail, 5 de la salle de sport, je mange au restaurant tous les jours car c’est moins cher que de cuisiner sois même, je retrouve des amis tous les jours le soir ou à midi pour prendre un verre, se balader, se détendre à la piscine, faire du shopping ou faire la fête. Le weekend il est facile de sortir de la ville pour aller à la campagne ou à la plage, … Je continue ou pas ?

Pour les points négatifs, il y en a aussi. La pauvreté omniprésente parfois dure à supporter, la saleté du pays en général (beaucoup de détritus partout), la corruption, etc.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est-ce qui est mieux, qu’est-ce qui est moins bien ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de mieux/moins bien, c’est surtout différent. J’ai l’impression d’avoir une vie plus relax ici que celle que j’avais en France. Après, et cela va de paire, ici tout est lent. Parfois je me retrouve face à des situations qui sembleraient tellement simples à changer ou améliorer mais tout le monde s’en fiche. Dans la vie comme au travail, le souci du détail ne semble pas toujours être la priorité de la population.

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Les caractéristiques de votre pays d’accueil

Économiquement, le Cambodge est un pays très pauvre, une grande partie de la population vis avec moins de 1 dollar par jour. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de riches, bien au contraire. Les inégalités sont impressionnantes et Lexus dernière génération côtoient petites mobylettes des années 80. Le Cambodge est aussi un pays qui a souffert de la guerre et dont les plaies sont encore grandes ouverte. Toute personne de plus de 39 ans est un survivant du génocide. Le régime de Pol Pot à beaucoup changé les mentalités des khmers et ces derniers sont très différents de leurs voisins. Géographiquement, le Cambodge est un petit pays, extrêmement plat, avec des campagnes magnifiques et quelques îles et villes côtières qui valent le détour. Enfin, le Cambodge est la terre d’un passé glorieux avec l’un des empires les plus puissants d’Asie durant les temps d’Angkor.

  • La mentalité des locaux

Les khmers sont des gens qui vivent au jour le jour. Demain est une idée, un concept encore bien loin dans l’esprit des cambodgiens. Ce sont aussi des personnes extrêmement souriantes et respectueuses. La place de la famille redevient centrale après leurs dissolutions durant la période des Khmers Rouges. Les khmers sont aussi très malins, ils ont cette sorte de concept de survie ancré au fond d’eux. Rappelons qu’au lendemain de la guerre, le pays partait de 0 et l’objectif de chacun était simplement de « manger pour être encore là demain ». Cette façon de voir les choses a été transmise aux nouvelles générations, qui certes s’occidentalisent énormément, mais resteront ces personnes capables de se faufiler entre les mailles du filet pour réussir. Mais au final, les khmers sont surtout très souvent adorables.

  • Le climat

Parfait !! Tu sais, en étant breton, la pluie, le vent, le froid tout ça on connait. Je suis habitué aux terres hostiles alors ce n’est pas une petite mousson de rien du tout qui va me faire peur. Plus sérieusement, le climat est génial de novembre à mars. C’est la saison sèche, les températures tournent autour de 30 degrés, il ne pleut jamais et il y a souvent une petite brise très agréable qui souffle. Entre avril et juin, les températures s’enflamment et il peut faire plus de 40 degrés, difficilement supportable. Puis les températures redescendent autour de 30 degrés et commence alors la saison verte, ou saison des pluies, avec un pic en septembre où le pays se retrouve détrempé.

  • Le logement

Mon entreprise me fourni mon logement, ce qui m’a facilité énormément la tâche. Cela dit, il n’est pas très dure de trouver un appartement propre à Phnom Penh (avec eau chaude et clim). Il y a plusieurs agences en ville et sinon le bouche à oreille, il y a des groupes sur Facebook. Bref tout va très vite, que vous cherchiez un appartement seul ou en collocation. Une fois le cocon trouvé, il suffit souvent simplement de déposer un mois de caution et puis le tour est joué. Oubliez les dossiers parisiens et autres prises de tête administratives.

  • La nourriture

J’adore les grands classiques khmers pour occidentaux comme l’amok (viande ou poisson cuit dans des feuilles de bananes et du lait de coco) et le loc lac (viande accompagné d’une sauce poivre/citron vert). J’aime beaucoup aussi les différents curry, les fruits tropicaux et quelques trucs plus locaux comme les œufs durs qui ont trempé deux semaines dans l’eau salé, les mangues vertes au chili ou encore les nouilles sautés qui ressemblent à des vers (lo-chha).

Ce que je déteste ? Le Prahok : une pâte de poissons concassés fermentés qui sent horriblement mauvais. L’œuf dure couvé, les cafards grillés, les tripes, organes et autres boyaux d’animaux en soupe. Tu sais, tout se mange au Cambodge, vraiment tout.

Ce qui manque ? Sans hésitation, le fromage. Heureusement on en trouve, c’est cher, mais on en trouve.

  • Les vacances

J’ai deux semaines par an plus certains jours fériés du calendrier Khmer, soit une dizaine de jours supplémentaires.

  • La santé

Soyons honnêtes, pour les petites choses, on peut tout faire sur place. J’ai fais certains de mes vaccins ici et le personnel parle souvent français, car ils apprennent beaucoup de termes dans notre langue. Néanmoins les hôpitaux sont… surprenant pour nous qui avons l’habitude de tout avoir. Pour les gros pépins, sans aucun doute : c’est sur Bangkok que vous devrez être envoyé.

  • La conduite

La conduite ? Oui, une légende urbaine fait état d’un permis, en tout cas pour la voiture. Pour la moto c’est free style. J’ai appris à conduire ici, tout seul. Mais bon la circulation en générale c’est quelque chose. Il n’y a pas vraiment de code de la route, chacun fait comme il veut, roule où il peut, que ce soit au milieu de la route, à contresens ou sur le trottoir. On ne se surprend plus de voir 4 voitures coincées au milieu d’un carrefour car elles se sont toutes engagées en même temps.

  • La censure

On ne s’en rend pas vraiment compte dans la vie de tous les jours, mais oui, la censure est présente au Cambodge. Les médias sont souvent plus ou moins contrôlés. La corruption également est omniprésente et peut devenir un vrai problème pour n’importe qui.

  • Ce qui coûte cher / ce qui ne coûte pas très cher

Ce qui coûte cher : les choses qui appartiennent à la haute technologie (Smartphones, ordinateurs, appareils photos, électroménagers etc. comme en France) ou les choses importés qui traditionnellement ne font pas vraiment parti de la vie des khmers. On pensera tout de suite au fromage, au vin, à la charcuterie, etc. La viande coûte assez chère en générale, surtout le bœuf. Enfin, les factures d’électricité peuvent s’envoler pour les grands utilisateurs d’air conditionné.

Pour le pas cher, on peut mettre tout le reste : nourriture, vêtements, sorties, transports, on s’en sort très facilement. La vie en générale n’est pas chère du tout pour qui souhaite vivre normalement, sans excès.

 

 

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Le plus dure est peut-être le fait que le cambodgien vit au jour le jour. Il ne pense vraiment pas au lendemain ce qui donne des réactions parfois étranges pour nous. Pour donner une image simple, certains préfèrent empocher 5 dollars tout de suite plutôt que de ne rien prendre aujourd’hui et obtenir 20 dollars dans deux jours. Il faut être malin tout de suite maintenant. La semaine prochaine on trouvera autre chose. C’est parfois frustrant, au travail comme dans la vie de tous les jours. C’est aussi vrai en matière de développement du pays, tout se passe trop vite et sans vraie réflexion, on construit, on coupe des arbres et puis après on se rend compte qu’on a construit sur un sol instable et qu’on a transformé une superbe forêt en désert ou plus personne ne peut rien faire.

Avez-vous des habitudes ?

Oui, on prend rapidement des habitudes locales. Je sors toujours prendre mon petit déjeuner dans la rue, des nouilles sautées et une noix de coco fraiche ou un jus passion. J’ai aussi oublié les grands centres commerciaux et j’ai appris à faire mes courses au marcher, à négocier ferme avec les commerçants. Je passe très peu de temps chez moi, je vis dehors, le climat aidant. Parfois je fais la sieste à midi, une vraie institution ici ! Je me rends compte aussi que je ne regarde presque plus de séries télés, le soir je rencontre presque tout les jours du monde pour me balader ou prendre un verre. Dans les choses qui n’ont pas changé, je citerai les activités physiques, j’ai juste changé l’environnement. Pour courir par exemple, j’ai simplement troqué la Tour Eiffel contre le Palais Royal. Pour les cours d’aérobic dans le parc avec les grands mères khmères je n’ai pas encore succombé à la tentation.

Est-il facile de partir en weekend ?

Oui on peut sortir de la ville assez facilement et c’est de toute façon une nécessité car la ville est parfois fatigante. Il y a une île accessible en bateau depuis Phnom Penh sur laquelle on à l’impression de se retrouver 3 siècles en arrières, loin du bruit et de l’agitation du centre ville. Durant la saison sèche, on peut rallier les plages de la côte Sud en 3 ou 4h de route. Pour Siem Reap et Angkor, il faut un peu plus qu’un weekend car le trajet est assez long. On peut aussi facilement s’envoler pour le Myanmar, la Thaïlande, la Malaisie, prendre le bus pour le Vietnam, etc.

Décrivez votre cadre de vie ?

Je vie dans un quartier calme, mais plutôt central, Beong Keng Kong 1, raccourci en BKK1, qui est un quartier avec pas mal d’expats mais pas que. L’endroit est calme sauf aux heures de pointe, mais en général il y a peu de trafic/bruit, ce qui est agréable. On est proche de tout : marchés locaux, petits supermarchés, restaurants, bars, salles de sports, piscines. On peu facilement se rendre sur les quais à pied et pour sortir le soir dans les principaux clubs de Phnom Penh, quelques minutes suffisent en moto ou tuk-tuk.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote ?

Lors de vacances dans la région de Kampot, j’ai fais la connaissance d’un cambodgien de mon âge. Après 5 minutes de conversation, il m’invite chez lui pour boire de l’eau de coco. J’arrive dans cette pittoresque maison en bois perdu dans la campagne au milieu des rizières, sans eau courante ni électricité. Il me présente ses parents et sa famille et me propose de rester. J’ai partagé leur quotidien pendant plus d’une semaine. Dormir sur le sol, recycler l’eau de pluie, récolter le riz, faire la fête le soir au milieu des rizières. Des moments magiques qui m’ont été offerts alors que je n’étais qu’un étranger.

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ?

Journée de travail : Réveil à 7h00. Petit déjeuner dans la rue. Arrivée au bureau pour 8h00. Pause de deux heures en 12 et 14 pour déjeuner dehors ou au travail, seul, avec des collègues ou avec des amis selon l’humeur. J’ai aussi le temps de me détendre, d’aller à la piscine, de lire, de faire du sport ou du shopping ou même de dormir. Retour au bureau de 14 à 18/19 puis je ressors pour dîner, me balader, retrouver des amis. Je me couche généralement vers minuit, chez moi ou chez des amis quand on reste discuter tard, car j’ai le temps de revenir chez moi le matin avant de repartir au travail. J’ai aussi la chance d’avoir un travail qui me permet de ne pas faire que du bureau et je sors parfois sur le terrain.

Le weekend : Le samedi matin je passe souvent dire bonjour au bureau car même si je ne travaille pas, mon staff khmer est au boulot ! Ensuite généralement je vais à la piscine pour passer l’après midi avec des amis. Le soir, on sort entre amis, dîner, prendre un verre et pour les plus motivés, direction la rue 51 pour danser jusqu’au matin. J’aime aussi profiter des mes weekends pour me balader dans la ville, découvrir des quartiers que je ne connais pas, et faire des photos. Il y a une scène artistique plus importante que je ne l’imaginais à Phnom Penh.

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Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Plutôt oui. A partir du moment où l’on est conscient que l’on arrive dans un monde différent et que l’on met ses petites habitudes françaises de côté, alors oui l’intégration est facile. On se sent vite bien, les gens vous font vous sentir bien, même si vous êtes un étranger. Cela dit je pense que l’intégration complète passe par l’apprentissage de la langue qui aide à vraiment gagner le respect des Khmers.

Avez-vous rencontré facilement les “gens du pays” ?

On rencontre très facilement des locaux. Cela dit on ne peut pas avoir les mêmes rapports avec tous. La société est très hiérarchisée et vous ne pouvez pas vraiment « sortir entre amis » avec des personnes gagnant moins de 2 dollars par jour. Les Khmers qui sont devenus mes amis sont des personnes qui ont eu une éducation, qui parlent anglais, qui parfois ont vécu à l’étranger et qui ont un travail leur permettant, par forcément d’être riche, mais au moins de subvenir à leurs besoins.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

La communauté francophone est très importante à Phnom Penh. J’ai quelques amis français sur place, que j’ai rencontré par hasard et avec qui le courant passe bien, mais en soit je n’ai jamais absolument cherché à retrouver des français ici.

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Je crois oui. En tout cas, je suis heureux.

Connaissez-vous la langue du pays ?

J’ai pris des cours durant mon premier mois pour les bases, et je continue désormais avec des amis Khmers. Etrangement, la langue vient assez vite et j’arrive à tenir des discussions très simples après seulement quelques mois sur place. C’est beaucoup moins compliqué que ce que j’avais imaginé, pas non plus facile pour autant. D’autant plus que je n’apprends pas à écrire…

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Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Le froid, je regrette parfois de l’avoir autant dénigré… Et oui, il m’arrive de rêver d’un bon feu de cheminé et d’une bonne et froide soirée d’hiver.

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Je ne suis pas encore rentré, le voyage est long et je n’ai pas beaucoup de vacances. Je pense rentrer l’année prochaine pour quelques semaines.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

On peut s’habituer à beaucoup de choses, quel que soit le pays, quel que soit la durée, mais le manque de la famille est resté et restera le gros point sensible de mes différentes expériences d’expatrié. Oui, ma famille et mes amis me manquent, et comble de la chose, je suis assez mauvais en contacts réguliers via Skype/Email et autres. Mon blog me permet de donner des nouvelles mais cela ne remplacera jamais les vrais rapports humains, qui eux manquent.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Probablement, j’ai choisi de vivre cette expérience car je suis jeune, sans attache et que j’aime la découverte et l’aventure. Mais j’aime aussi mon pays et ma région natale. Je suis toujours content lorsque je rentre chez moi. Le Cambodge, comme les autres pays auparavant, est une étape de ma vie, dont je compte bien profiter au maximum. Pour combien de temps, ça je ne peux pas encore vous répondre.

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Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Oui surement. De la à dire que j’ai changé de mentalité peut-être pas. En revanche vivre dans un pays pauvre comme le Cambodge remet les idées en place fasse à certains acquis que nous avons dans nos pays, dits riches. J’aimerai qu’un bon nombre de mes compatriotes puisse ouvrir les yeux sur leur situation et sortir de leur bulle hyper aseptisée. Je ne leur demande pas de porter toute la misère du monde, mais juste de remettre les deux pieds dans la réalité. Entre les trois gamins endormis chaque nuit à moitié nu sur le trottoir devant chez moi et cette parisienne interviewée sur France 2 et scandalisée par le gèle de son salaire à 2000 euros mensuels, je vous le dit entre mille, ce qui me choque le plus, ce ne sont pas les gamins, mais bien cette femme qui vis sur une autre planète. La morosité continue (et injustifiée) de notre pays fait partie de ces choses que je suis bien content d’avoir laissé derrière moi depuis que je vis au Cambodge.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

L’expatriation est une expérience qui doit se réfléchir sérieusement. Tout le monde n’en est pas capable et il y a des sacrifices évidents. Si vous pensez que votre balance penche plus du bon que du mauvais côté, alors tentez votre chance, vous n’avez pas grand-chose à perdre. Une fois sur place, n’essayez pas de tout comparer avec votre ancienne vie, n’essayer pas de vous recréer un petit cadre français, avec vos amis français, votre nourriture française et votre maison française. Si vous tombez dans ce préjudice, c’est que vous n’aviez pas assez réfléchis à votre expatriation. Au Cambodge, votre vis sera différente, car elle doit être différente.

Comment vous voyez vous dans le futur ?

J’espère pouvoir encore mieux orienter mon développement professionnel vers mes passions et pouvoir d’une façon ou d’une autre lier la discipline de la photo avec la découverte des cultures et de l’Histoire des pays dans lesquels je voyage.

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

Il n’y a pas vraiment de destination qui me font rêver à proprement parler. Il y a beaucoup d’endroits où j’aimerai aller, mais après, quand il est question d’installation, je recherche plus un environnement global qu’un pays ou une ville. Je sais où je ne veux pas vivre, mais quand on parle des lieux qui me font rêver, je crois que la liste est encore assez longue.

Où aimeriez vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

J’imaginerai deux options pour le moment : ma Bretagne ou un retour en Nouvelle-Zélande. Mais comme toujours, entre ce que j’imagine et ce qu’il se passe en réalité il y a un gap assez énorme alors je te propose qu’on en rediscute dans 45 ans.

Retrouvez Tugdual sur son blog

Le blog de Tugdual : http://www.visapour.fr/

 

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Remerciements

Merci à Tugdual d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie en Cambodge !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Tugdual sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Il se fera un plaisir d’y répondre !

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