PetiteSirèneCopenhague

Julie, 28 ans est partie vivre au Danemark pour rejoindre son amoureux danois. Elle nous raconte ses impressions sur sa nouvelle vie !

 

 

 

 

danemarkOù est-ce ?

Il s’agit de la petite sirène de Copenhague.

Découvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Julie
Age : 28 ans
Situation personnelle : En couple
Situation professionnelle : Rédactrice et guide freelance
Pays et ville d’origine : France, Brest
Pays et ville d’accueil : Danemark, Copenhague
Type et durée du visa : Pas de visa, pas de limite du moment que j’ai un CPR et un travail
Partenaires d’expatriation : mon compagnon danois
Blog http://scandinaviadreaming.com/

Présentez-vous

Présentez-vous ?

Je m’appelle Julie. Je suis originaire de Bretagne, où j’ai passé une bonne partie de ma vie avant de partir étudier à Nantes, et explorer le monde. En ce moment je reconstruis ma vie à Copenhague, avec mon compagnon danois, Esben.

Quelle est l’adresse de votre blog ?

Depuis février 2014 j’ai commencé un blog racontant mes aventures d’expatriée à Copenhague : http://scandinaviadreaming.com/. J’y partage des bons plans, des idées de visites hors des sentiers battus et des informations d’ « insider », que même les meilleurs guides-papiers ne peuvent pas offrir ! J’écris en français, pour sortir de la masse des blogs anglophones, et pour garder la main, car l’écriture fait partie de mes compétences professionnelles. Comme j’aime voyager, je publie aussi des articles sur mes roadtrips en Europe, en Scandinavie bien sûr, et bientôt en Amérique.

Où vivez-vous actuellement ?

J’habite à Copenhague, où j’ai rejoint mon compagnon. Il n’y a pas vraiment de limite de temps, à moins vraiment que ça ne se passe pas bien au Danemark, ou que je reçoive une proposition en or en France. J’ai déjà vécu plusieurs fois à l’étranger, mais toujours dans le cadre précis des projets européens, ou avec un contrat à durée déterminée.

Symbole de la ville de Copenhague

Symbole de la ville de Copenhague

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant de (re)partir à l’étranger, j’ai passé quelques mois en famille, histoire de faire le point et d’organiser mon départ. Difficile pour moi de décrire une vie routinière, métro-boulot-dodo. J’ai fait le choix de ne pas vivre dans cette prison. Disons que j’alterne des périodes de travail intenses en déplacement, et des périodes en ermite, tranquille à la maison.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

La décision de partir au Danemark ne s’est pas faite immédiatement, car j’avais des projets en cours en France. Néanmoins, j’ai plutôt poussé en la faveur d’un départ vers le Danemark, aussi tôt que possible. La vie de couple à distance a ses limites. Esben ayant une bonne situation à Copenhague, c’était plus logique et moins risqué que ce soit moi qui déménage. Les avantages du freelance !

Parlement ou Borgen à Copenhague

Parlement ou Borgen à Copenhague

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Jusqu’à présent, j’ai toujours vécu en nomade, avec très peu de possessions. J’avais néanmoins quelques meubles en France, que j’ai vendus avant de partir. J’aime faire mes valises et déménager. Ça m’aide à faire le tri, garder l’essentiel et les pieds sur terre. La liberté pour moi, c’est de pouvoir porter sur mon dos ce dont j’ai besoin. Maintenant que je me suis débarrassée du superflu, je réfléchis bien avant chaque acquisition. A part des équipements sportifs, je n’achète quasiment plus de vêtements depuis quelques années. Gain de temps et d’argent !

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Les premières semaines sur place ont été lourdes en paperasses et démarches. Fort heureusement, je n’avais pas de logement à chercher à Copenhague. J’ai donc sauté ce qui est sûrement l’étape la plus compliquée du parcours. Avec Esben, nous avions listé toutes les choses à régler en arrivant. Grâce à son aide, ça s’est plutôt bien déroulé. J’avais déjà passé pas mal de temps, et je connaissais quelques personnes à Copenhague, donc je ne me sentais pas en terrain inconnu. Néanmoins, j’ai vite compris qu’il fallait apprendre le danois, pour trouver un emploi et espérer une vie sociale autre qu’entre expats. J’ai alors commencé à suivre des cours intensifs, et la rencontre avec mes camarades de classe a été particulièrement bénéfique. Au-delà des cours, c’est également un groupe de soutien entre des personnes venant de partout dans le monde, mais partageant le même but et les mêmes difficultés. La dynamique et l’entraide y sont excellentes. Il y a vraiment eu un avant et un après le début des cours.
Rentrer en contact avec les Danois c’est un peu plus compliqué. Dire qu’ils sont farouches est un doux euphémisme. Par l’intermédiaire d’Esben je côtoie ses amis, et je m’investie dans des associations.

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

Vivre à l’étranger c’est un peu être en vacances tous les jours et découvrir de nouvelles choses en permanence. Par contre, c’est frustrant de ne pas pouvoir s’exprimer pleinement et de se confronter à des préjugés envers sa nationalité.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est-ce qui est mieux, qu’est-ce qui est moins bien ?

Par rapport à la France, les gens sont plus calmes et pondérés. Par contre, ils ont du mal à dire les choses directement et tournent beaucoup autour du pot, afin d’esquiver les conflits : comme exiger de parler danois lors d’un entretien d’embauche, pour une entreprise où tout le monde communique en anglais, juste pour éviter de dire directement qu’ils préfèrent privilégier les natifs du pays. L’Australie affiche la même politique protectionniste, mais en toute franchise. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Christianshavn la petite Hollande et des légos

Christianshavn la petite Hollande et des légos

Les caractéristiques de votre pays d’accueil

J’apprécie l’efficacité, la tranquillité et le côté « cosy » des Danois.

  • La mentalité des locaux

Les Danois sont très protecteurs de leur petit pays. L’étranger y est vu avec méfiance, et comme une menace au bon fonctionnement de leur système social très performant. La crise n’a pas arrangé les choses et mon impression est que le pays se replie sur lui-même. Il n’est pas le seul, d’ailleurs.

  • Le logement

Je n’ai pas eu le « plaisir » de chercher un logement. Tout ce que je sais c’est que c’est long et fastidieux, et qu’un bail ne dure pas plus de deux ans, sinon le propriétaire ne peut pas vous expulser du jour au lendemain. Ce qui serait embêtant.

  • Kanelsnegle Danemark

    Kanelsnegle Danemark

    La nourriture

Niveau nourriture, j’ai découvert que le sandwich est un art à part entière. Pourquoi s’embêter à faire cuire un rôti quand on peu se préparer un sandwich ? Ils appellent ça un smørrebrød (pain beurré). Les Danois adorent regarder les non-initiés se débattre avec leurs tranches de pain noir (rugbrød) et les tonnes d’ingrédients à empiler dessus. Bien sûr ils attendront de vous voir faire avant d’intervenir pour se moquer, et imposer LA stricte voie à suivre : celui au hareng en premier, avec un verre d’aquavit, et ainsi de suite. Pour chaque « tartine » chaque ingrédient doit être disposé dans un ordre bien précis. C’est très amusant pour eux d’observer les Sudistes manger, et ils essayent de détendre l’atmosphère en riant, ce qui est souvent mal interprété. Voici comment un petit bout de pain concentre toute l’incompréhension entre les cultures nord-sud…

Quant aux délices français manquant cruellement au paysage danois, je n’étonnerai personne en citant le trio gagnant : pain-vin-fromage. Incroyable : pas moyen de mettre la main sur une seule endive ! Après, c’est plus une histoire de prix que de manque. J’essaye de ramener le plus possible à chaque retour en France.

  • La scolarisation

Je sais qu’il y a l’école du Prince Henrik pour les francophones.

  • Les vacances

Le Danois moyen a 5 semaines de vacances, dont 3 obligatoirement consécutives.

  • La santé

A l’obtention du CPR et de la fameuse carte jaune, un médecin vous est attribué. Tout est gratuit, sauf le dentiste. Le système de remboursement des médicaments est un peu plus complexe : plus on dépense moins on paye, jusqu’au palier des 300€/an.

  • La conduite

Niveau conduite, il faut bien sûr un permis, le même qu’en France. Quelques détails changent, comme le fait de devoir allumer ses codes en permanence. Pour le parking, beaucoup de voitures ont une horloge intégrée sur le pare-brise. L’heure se fige à l’arrêt du moteur. Pratique pour les zones bleues. Rien de particulier sinon, à part qu’il faut bien faire attention aux vélos, car ceux-ci s’attendent à des conducteurs conscients de leur présence et toujours prêts à leur céder le passage. Comme en Allemagne, le feu passe à l’orange avant le vert. Il n’y a pas beaucoup de contrôles de vitesse, mais à la moindre incartade, chaque amende vous reviendra cher. Par exemple, une mauvaise place de parking, c’est 510 couronnes.

Au Danemark, c’est le code du vélo qui mériterait plus de recommandations, j’en parle dans un article, photos et illustrations à l’appui :
http://scandinaviadreaming.com/2014/02/25/velo-mode-demploi-ou-comment-survivre-sur-deux-roues-a-copenhague/

  • La censure

La presse est relativement libre au Danemark, je crois que le pays est réputé pour ça.

  • Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

Ce qui coûte cher, ce sont les produits étrangers, notamment le vin et le fromage. L’ameublement affiche des prix exorbitants, mais les Danois sont prêts à mettre des fortunes dans une table, ou des bibelots pour la fenêtre.

Les produits locaux coûtent moins cher, comme le saumon, le hareng, les krisprolls (skoper), les flocons d’avoine.

  • Est-il facile d’emprunter ?

Tout démarre avec une évaluation de crédit, en fonction de votre salaire, vos rentrées et sorties d’argent. C’est un système très rationnel. Je ne l’ai pas testé personnellement, donc je ne peux pas rentrer dans les détails.

Mon vélo à Copenhague

Mon vélo à Copenhague

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Les Danois sont un peu difficiles d’accès sobres, et un peu trop familiers ivres. Mais ça va, je suis patiente.

Avez-vous des «habitudes» ?

Lorsque l’environnement change, difficile de garder ses habitudes. Je suis passée d’une vie à la campagne, à un appartement dans une capitale européenne. Le plus grand changement se situe sûrement au niveau des repas : j’ai inversé l’habitude française du repas copieux le midi et léger le soir.

Est-il facile de partir en weekend ?

Les transports sont globalement bien gérés au Danemark. Néanmoins, certaines régions sont mieux desservies que d’autres par le train. Beaucoup de balades sont possibles en vélo, et en S-tog. Pour bien découvrir à son rythme, la voiture est bien évidemment le meilleur moyen de transport. Le Danemark et un pays très rural, et la nature n’est jamais très loin à Copenhague. Je ne me lasse pas de découvrir les alentours. Je recommande vivement la route entre Copenhague et Helsingør, ainsi que la région du Sealand, au sud de Copenhague (http://scandinaviadreaming.com/2014/05/30/balade-aux-alentour-de-copenhague-lile-de-mon-et-hojerup/ ).

Décrivez votre cadre de vie ?

Le contact avec la mer est très important pour moi : j’ai quasiment toujours vécu à quelques mètres du bord de mer. Par chance, c’est aussi une priorité pour les Danois. J’habite donc à quelques minutes à pied de la plage d’Amager. C’est un cadre de vie très agréable, car le vert n’est également jamais bien loin, avec une magnifique réserve naturelle à 10 minutes de vélo.

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ?

Je n’ai pas vraiment de journée typique. La routine ce n’est pas mon truc. Cependant, depuis que j’ai commencé les cours de danois, je peux dire que la plupart de mes matinées j’étudie trois heures à l’école. Le programme de l’après-midi varie selon que j’ai une visite guidée à préparer ou un événement à couvrir. Copenhague est une ville très dynamique où il est difficile de s’ennuyer.
Le week-end il m’arrive de travailler : les groupes de touristes arrivent souvent en fin de semaine. Les festivals se déroulent également le week-end.

Il faut également différencier l’été et l’hiver. En hiver, on reste chez soi au chaud à regarder un film ou lire un livre. En été, c’est l’inverse. L’appartement est fait pour dormir, et le reste se passe à l’extérieur. J’aime les dimanches dans des parcs en compagnie de mes amis.

 

Isabel marant à Copenhague

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Pour l’instant ça va. Je sais que ça va prendre du temps, Rome ne s’est pas faite en un jour.

Avez vous rencontré facilement les « gens du pays » ?

Oui, j’ai commencé par là ! Par contre, maintenant je ne rencontre que des expats.

Côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Oui, le groupe francophone est très actifs et propose de nombreuses associations et activités, notamment Meet-up.

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

L’adaptation se passe bien, mais je redoute les mois d’hiver, quand la lumière se fera rare.

Connaissez-vous la langue du pays ?

Pas vraiment, mais j’apprends toute seule depuis plus d’un an, et depuis que j’ai commencé les cours, je progresse vite.

Bain de soleil plage d'Amager Copenhague

Bain de soleil plage d’Amager Copenhague

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Les Français sont souvent considérés comme vaniteux et arrogants. C’est à la fois vrai et à la fois de l’incompréhension ou une vision déformée par les préjugés.

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Pour l’instant je suis rentrée deux fois. J’avais des impératifs à remplir en France. Maintenant je vais pouvoir espacer. Je compte rentrer au moins à Noël.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Dans la mesure du possible je reste en contact avec mes proches. C’est primordial. Skype est très utile pour ça !

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

C’est fort possible. La France est un beau pays, où il fait bon vivre (et manger). La Bretagne me manquera toujours, où que j’aille.

Nyhavn, vieux port de Copenhague

Nyhavn, vieux port de Copenhague

Conclusion

Avez-vous grandit ou évolué depuis votre départ ?

Pour l’instant c’est encore récent, et j’ai eu occasion de revenir souvent en France. Bien sûr, j’ai évolué car c’était une aventure inédite. J’ai été contente de me servir des enseignements de mes précédentes expériences à l’international. D’un autre côté, je relativise beaucoup sur la difficulté de s’installer pour de bon dans un pays. Je porte un nouveau regard sur certains de mes amis, et sur les obstacles qu’ils ont dû franchir, le courage qu’ils montré pour franchir le pas.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Il faut être sûr de son coup : bien préparer en amont, et se ménager une voie de sortie en cas de déconvenues. Mais normalement, quand on prépare bien son dossier, ça se passe tout seul.

Comment vous voyez-vous dans le futur ?

Au Danemark dans le meilleur des cas. Ça voudrait dire que j’ai gagné mon pari d’y reconstruire ma vie !

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

En, Europe, sans hésitation.

Julie et Esben

Julie et Esben

Retrouvez Julie sur son blog

Le blog de Julie : http://scandinaviadreaming.com/

sandinaviadreaming

Remerciements

Merci à Julie d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie au Danemark !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Julie sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Elle se fera un plaisir d’y répondre !

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