L’interview de Valérie, aux Etats-Unis


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Valérie vit en Californie depuis plus de 13 ans : d’abord à San josé et maintenant à Sacramento.

 

 

 

 

 

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Carte d’identité

Prénom : Valérie
Age : 38 ans
Situation personnelle : Mariée, une fille de 18 mois
Situation professionnelle : Mère au foyer et salariée
Pays et ville d’origine : France, Bordeaux
Pays et ville d’accueil : Etats-Unis, San José et depuis 1 an, Sacramento
Type et durée du visa : Au départ, visa J-1 et maintenant, carte verte
Date de début de l’expatriation : Je suis arrivée quelques heures avant les attentats du 11 septembre
Motif de l’expatriation : stage

 

Présentez-vous ?

Je viens de la région bordelaise mais j’ai bougé dans le cadre de mes études. J’ai fait trois ans à Pau, un an à Poitiers et un an à Toulouse. J’ai également fait pas mal de stages dans différentes villes françaises et à l’étranger.

Où vivez-vous actuellement ?

Après mes études, j’ai eu envie de faire un break et de voyager. Je pensais que d’aller dans un pays où je pratiquerais l’anglais me servirait plus tard professionnellement. Je suis donc partie six mois en tant que jeune fille au-pair en Irlande. Ma famille d’accueil est ensuite partie s’installer dans la Silicon Valley. Je l’ai rejointe après avoir trouvé un stage en tant que responsable de rayons dans un magasin de sport. Par la suite, j’ai décidé de reprendre mes études et j’ai obtenu un diplôme d’architecte d’intérieur. J’ai travaillé quelques années dans ce domaine jusqu’à la crise économique. Entre temps, je me suis mariée à un américain et nous avons eu un petit bout de chou. Actuellement, j’ai un contrat d’un an pour noter les pubs françaises de Google ce qui me permet de travailler de la maison et de m’occuper de notre fille. Nous avons emménagé à Sacramento il y a un an pour le travail de mon mari et pour fuir la flambée des prix de l’immobilier de la Silicon Valley. Pour l’instant, nous n’avons pas de projets de partir vivre à l’étranger mais si une super opportunité se présentait, nous l’étudierons probablement sérieusement.

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Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Je suis juste partie avec deux valises pleines de vêtements. Je n’étais pas du tout soutenue par ma famille qui ne comprenait pas mes choix. Je m’en fichais. J’étais jeune et insouciante. Je voyais cette expérience comme une aventure certes enrichissante mais de courte durée. En effet, mon visa était de six mois avec la possibilité d’être renouvelé pour un an.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

IMG_4383Etant arrivée le jour des attentats du 11 septembre, les premières semaines ont été très bizarres. Au départ, à cause de la fatigue (9 heures de décalage horaire) et de la barrière de la langue (accent américain auquel je n’étais pas habituée), je ne comprenais pas tout ce qui se passait. Les américains étaient à la fois inquiets, tristes et très patriotiques. Les drapeaux nationaux ont commencé à se répandre très rapidement sur les maisons et les voitures. J’ai décidé de prendre des cours d’anglais spécifiquement pour les étrangers (ESL : English as a Second Langage) et d’éviter la communauté française pour d’une part, progresser rapidement et pour d’autre part, profiter pleinement de cette expérience culturelle. Au départ, il m’a été difficile de me lier d’amitié. Les relations étaient très superficielles. Il m’a fallu des années pour me faire de vrais amis américains. Joindre un groupe de course et rencontrer des gens qui partageaient les mêmes affinités que moi ont été décisifs. Plus récemment, le fait d’avoir un enfant m’ a permis de tisser des liens rapidement dans la nouvelle ville où nous avons emménagé. En effet, les groupes pour mamans et enfants prolifèrent car les nounous et les écoles maternelles coutant très chères, il y a beaucoup de femmes au foyer.

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

Même après 13 ans, c’est toujours une expérience culturelle très enrichissante. Les californiens sont très gentils et serviables. Les vendeurs dans les magasins ont toujours le sourire. Le client est roi de toutes façons. Les différences culturelles m’ont plus choquée à mon arrivée. Je trouvais que tout était grand/large : les rues, les voitures, les magasins, les portions au restaurant, les packagings (les paquets de céréales par exemple), l’électro-ménager, parfois même les gens. Maintenant, ces différences font parties intégrantes de mon quotidien. Je ne les vois même plus.

Ce qui me plait le plus, c’est la gentillesse des gens, le beau temps en permanence, la multitude d’espaces naturels pour faire du sport ou du tourisme, et les nombreuses aires de jeux pour les enfants.

La nourriture grasse et sans saveur, le coût exorbitant des études, de la santé et de l’immobilier me plaisent bien moins, évidemment.

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Les caractéristiques de votre pays d’accueil

  • La mentalité des locaux

En Californie, les gens sont assez ouverts d’esprit. Les américains sont aussi très puritains.

  • Le climat

Il est méditerranéen avec des hivers froids et des étés secs.  L’année 2014 se caractérise par une sècheresse sans précèdent. Il n’y a eu que deux jours de pluie en six mois. Et il a fait entre 36°C et 40°C tout l’été. En revanche, les soirées et les nuits sont généralement plus fraîches et plus agréables.

  • IMG_4376La nourriture

Je n’aime pas tout ce qui est cuisine rapide, la non transparence par rapport aux produits génétiquement modifiés, et le fait que tout soit sucré à outrance. Je n’aime pas non plus le grignotage en permanence. C’est particulièrement ennuyeux et difficile à gérer lorsque l’on a des enfants.
Je trouve qu’il y a plus de produits français disponibles que lorsque je suis arrivée. Le choix en yaourts et fromage est tout de même limité. Pour la petite anecdote, lors de vacances en France, la première journée se passe au supermarché à faire le plein de laitage, chocolat et fruits de mer.

  • La scolarité

Il y a un très bon article écrit par From Side 2 Side  qui parle des différences entre les deux systèmes scolaires: http://www.fromside2side.com/2014/09/high-school-chronicles-limpossible.html

  • Les vacances

Généralement, le nombre de semaine de vacances augmentent avec l’ancienneté. Les employés commencent avec deux semaines et selon ce qui a été négocié au départ, ils peuvent avoir jusqu’à 4 semaines. Il n’est pas anormal de repartir à zéro avec seulement 2 semaines de travail lors d’un changement de travail. Les américains travaillent beaucoup et certains optent pour une compensation en espèce plutôt que des congés.

  • La santé

Il faut une bonne  assurance. Contrairement à en France, moins on a de sous, plus on paie cher pour se faire soigner. On ne peut pas aller voir n’importe quel docteur. Il faut qu’il appartienne au réseau de l’assurance que l’on a. Dans certain cas, il faut que le médecin généraliste réfère le patient pour pouvoir aller voir un spécialiste. Du coup, il faut être très proactif.

  • La conduite

Même si l’on roule du même côté qu’en France, en Californie, il est obligatoire de passer le code et le permis de conduire de l’Etat. La limitation de vitesse est de 56 km/h (35 miles/h) en ville et 105 km/h sur l’autoroute (65 miles/h). Il n’y a pas de ronds-points mais des intersections avec des stops. C’est la voiture la première arrivée au croisement qui a la priorité. Une autre différence… si le feu est rouge, on peut tourner à droite après avoir marqué une pause et après avoir vérifié qu’il n’y ait pas de véhicules approchant. Je trouve la conduite des autochtones beaucoup plus calme et le code de la route me semble d’avantage respecté.

  • Ce qui coûte cher

L’immobilier (20% d’apport personnel, taux d’intérêt élevés, système de surenchère si il y a de multiples acheteurs), le système de santé (par exemple 600$ pour le gynéco avec une assurance étudiante, 2500$ pour un accouchement avec l’assurance du travail de mon mari), l’éducation des enfants (pas de crèches ni d’écoles maternelles gratuites, les gens épargnent pour l’université dès la naissance de leurs petits), le coiffeur (prix fixe + pour boire = 75$-100$), manger sainement, les forfaits de téléphone et les abonnements de TV…

  • Ce qui ne coûte pas très cher

les vêtements si on n’est pas pressé car il y a très souvent des soldes. Les manucures et pédicures.

  • Est-il facile d’emprunter

Cela dépend de son historique de crédit. Il faut donc payer ses factures à temps, ne pas être à découvert et ne pas être trop endetté.

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Avez-vous des «habitudes» ?

En hiver, lorsqu’il fait nuit tôt, nous dinons souvent comme de nombreux américains à 17h30. Par contre, nous nous couchons toujours aussi tard et non pas à 21h comme cela se fait couramment ici.

Est-il facile de partir en weekend ?

Oui. Nous sommes à deux heures de Lake Tahoe pour le ski et la randonnée, à une heure et demie de San Francisco, et à une heure et quart de Napa Valley pour les dégustations de vin. Il y a aussi Coloma et Sutter Creek respectivement à une heure et une heure trente de Sacramento pour s’informer sur la ruée vers l’or.

Localement, il y a aussi pas mal de choses à faire. Je pense notamment à la visite de la vieille partie de Sacramento (old town) qui ressemble à une ville du Far Ouest. Je recommande aussi le musée de l’automobile pour voir une immense collection de voitures américaines à travers les âges. Pour les sportifs, il y a la proximité de la rivière, du lac de Folsom, et des pistes cyclables.

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Votre adaptation

Voyez-vous / côtoyez-vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Comme je l’ai déjà souligné, au départ, j’ai évité la communauté française pour progresser en anglais. Maintenant, je me réjouis de rencontrer des français. Je me suis fait des copines françaises par le biais de la fac, de Meetup.com et par hasard.

Vous êtes-vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Avec le recul, je dirais que oui mais je me souviens de petits coups de blues et de moments de solitude au départ. C’est particulièrement difficile de s’intégrer si on n’a pas de voiture (les transports en commun n’étant pas développés à l’échelle de l’étendu des villes) ou si on ne maîtrise pas la langue.

Connaissez-vous la langue du pays ?

Si l’on veut progresser rapidement, il est indispensable de prendre des cours d’anglais ESL (English as a Second Language) qui sont des cours spécifiques pour les étrangers. L’accent américain est déboussolant au départ.

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Votre lien avec votre pays d’origine

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Une fois par an ou tous les deux ans environ.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Oui grâce a Skype, Facebook et Whatsup. Mais ce n’est pas évident d’être loin lorsque l’on a des personnes de son entourage vieillissantes ou malades.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Peut-être à la retraite.

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Conclusion

Avez-vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

L’expatriation est une expérience très enrichissante qui fait évoluer surtout les premières années. Plus on reste longtemps ici, plus on s’américanise.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Si vous voulez vivre à l’étranger, allez-y foncer. Mais attention, la Californie, ce n’est pas un lieu de vie facile. L’herbe n’y est pas plus verte qu’ailleurs.

Dans quel coin du monde rêvez-vous de vivre ?

Cela ne me dérangerait pas de vivre à Singapour. Le système scolaire est un des meilleurs au monde.

Où aimeriez-vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

Peut-être en France, dans le Sud-Ouest.

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Remerciements

Merci à Valérie d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie en Californie !

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