L’interview de Jérémy, en voyage au long cours


jeremy-espagne

Jérémy a décidé de partir réaliser ses rêves il y a 3 ans : écrire et voyager. Il nous raconte où il en est aujourd’hui !

 

 

 

 

Découvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Jérémy
Age : 27 ans
Profession : Journaliste indépendant et blogueur
Situation personnelle : Célibataire sans enfants
Pays et ville d’origine : Cherbourg, Normandie, France
Partenaires du tour du monde : Je voyage seul
Date de départ : Automne 2011
Durée du tour du monde : Je viens de franchir le cap des 3 ans
Congés : J’ai été licencié économique, j’ai monté ma boîte dans la foulée et je suis parti
Bloghttp://www.roadcalls.fr/

 

A Goteborg

A Goteborg

Présentez-vous

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Jérémy, j’ai 27 ans et je suis originaire de Normandie. En juin 2011 j’ai été licencié de mon job de journaliste. La petite chaîne locale qui m’employait mettait la clé sous la porte. Plutôt que de me morfondre, j’y ai vu l’opportunité de réaliser deux rêves : écrire et voyager. C’est comme ça que j’ai décidé de quitter mon appartement pour prendre la route.

Pourquoi avoir décidé de faire un tour du monde ?

J’aimais beaucoup mon job car il y a assez peu de routine dans les reportages : c’est rare de faire deux fois la même chose. Mais au bout d’un moment, je trouvais que je tournais en rond, toujours dans la même ville, à voir les mêmes personnes à longueur de journées, je sentais que j’avais besoin de prendre le large et découvrir d’autres horizons. J’avais 24 ans à l’époque, je n’étais jamais parti à l’étranger autrement que pour des courts week-end avec des amis. Et chaque fois que je mettais les pieds hors de notre territoire, je me sentais bien, à l’aise, libre. J’adorais le fait d’être entouré de gens à la fois si proche de nous et si différents. C’est une perte de repère extrêmement agréable que de se retrouver dans un pays où on en parle pas la langue et où on ne comprend pas instantanément tous les codes. Petit à petit, c’était devenu obsessionnel : je devais partir en voyage pour plus longtemps que ce que mes congés pouvaient me le permettre. C’est là que mon licenciement est apparu comme un soulagement : je pouvais enfin mettre en place mes projets de voyage.

Où et comment viviez-vous avant votre tour du monde ?

J’habitais en Normandie, je vivais de manière très simple dans un petit deux-pièces dans le centre ville, à trois minutes à pieds de mon boulot.

Quel est l’adresse de votre blog ?

Mon blog de voyage est : www.roadcalls.fr

J’aime écrire, j’aime voyager, et je suis flemmard : envoyer 50 mails à mes amis et à famille pour leur raconter mes anecdotes, c’est pas mon truc. Avec le blog j’écris une seule fois et les gens sont tous au courant de ce que je fais : c’est hyper pratique. Et de fil en aiguille, j’ai mobilisé une vraie petite communauté autour du blog, ce qui m’a permis également d’avoir une approche plus professionnelle de ce support.

Jérémy en Malaisie

Jérémy en Malaisie

 

Votre tour du monde

Comment s’est passé votre départ ?

Après avoir appris l’annonce de mon licenciement, je n’ai pas hésité : je savais que je voulais partir, j’avais une idée très précise de ce à quoi je voulais que ressemble mon mode de vie. Donc j’ai commencé par rendre mon appartement, me séparer du maximum de bien matériel que je pouvais afin d’être le plus libre possible. En parallèle j’ai acheté mon premier billet d’avion en solitaire, direction le Portugal. Le trajet jusqu’à l’aéroport de Beauvais fût assez long.

Qu’avez-vous ressenti lors des quelques jours qui ont précédé votre tour du monde ?

J’étais hyper excité. Je ne crois pas me rappeler avoir ressenti la moindre anxiété ou le moindre stress : je suis parti complètement à l’arrache au niveau organisationnel. Je ne savais pas comment j’allais financer mon voyage, je savais simplement que je ne voulais plus bosser comme salarié, avec des horaires fixes et un patron désagréable. Mais sinon j’avais tout calé correctement pour les 2 premières semaines : les logements étaient ‘bookés’ via le Couchsurfing, je savais quels jours je changeais de ville, etc. Donc assez peu d’appréhension, juste énormément d’excitation, la hâte de voir ce jour arriver.

Comment se sont passées vos premières semaines en tour du monde ?

Dès le premier jour, en arrivant à Porto, j’ai cassé mon téléphone portable. Du coup j’ai perdu tous les contacts que j’avais pour le Couchsurfing, toutes les adresses, etc. Là j’ai stressé. J’ai même bien paniqué, je me suis dit que j’avais fait une grosse connerie de partir comme ça et que j’aurais mieux fait de rester sagement en Normandie, de me trouver un nouveau job et de ne pas faire de vagues. Mais heureusement, j’ai pu retrouver mon hôte le soir sans problème (on avait déjà fixé notre point de rendez-vous dans la ville et je me souvenais où c’était). Et tout s’est finalement très bien passé.

Sinon j’ai ressenti un gros coup de blues au bout d’une dizaine de jours. Ma famille me manquait, mes amis aussi. C’était la première fois que je partais seul aussi longtemps (enfin, ça me fait rire d’écrire « aussi longtemps » pour parler de 10 jours de voyage, maintenant…). Mais c’est rapidement passé.

Le plus dur aura été de trouver une organisation au niveau du travail. A l’étranger, c’est facile de se laisser tenter par des visites, de se faire embarquer dans des rencontres avec des gens qui sont en vacances. Mais moi, je devais bosser pour gagner ma croûte. Et je t’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à trouver mon rythme, pour réussir à doser le travail et la découverte.

Quelles sont vos craintes/inquiétudes pour ce tour du monde?

Je le disais au dessus, le plus dur a été de m’organiser au niveau professionnel. Ensuite, il me fallait pouvoir financer ce trip. Je suis parti après avoir touché une prime de licenciement qui me permettrait de tenir quelques mois, mais je suis quelqu’un de très prévoyant et je déteste dépenser plus que ce que je gagne. Donc je ne voulais piocher dans mes économies que si je n’avais pas le choix. Et comme je ne touchais pas le chômage car j’ai lancé mon activité avant de partir, je me suis vite retrouvé dos au mur, à me mettre énormément de pression pour trouver mes premiers clients (je m’étais lancé d’abord comme rédacteur web, puis comme attaché de presse indépendant). A partir du second trimestre de 2012, j’ai commencé à avoir des revenus que je jugeais suffisants pour explorer des pays au coût de la vie élevé. C’est comme ça que j’ai atterri en Suède, à Göteborg, la ville qui reste à ce jour mon plus gros coup de cœur de mes voyages.

A part ça, j’avais des appréhensions au niveau de la sécurité. Car quand on écoute les nouvelles, les médias nous dépeignent un monde dangereux, hostile, où on risque de se faire agresser à chaque coin de rue. Je me suis vite rendu compte que c’était complètement faux. Je dirais même qu’avec le recul, le pays où je me sens le moins en sécurité, c’est en France.

Quels sont vos objectifs/attentes ?

J’avais des attentes à des niveaux très variés. Sur un plan personnel, je pense que je voulais repousser mes limites. Me prouver que j’étais capable d’avoir ce genre d’aventures. Voyager a littéralement boosté ma confiance en moi et a fait exploser ce qui pouvait me rester de timidité.

A côté de ça, j’ai énormément progressé en anglais, j’ai acquis un niveau potable en espagnol (assez pour me débrouiller sur place en tout cas). Et je lutte tant bien que mal pour m’exprimer et comprendre le suédois, langue que j’adore.

Contrairement à beaucoup de voyageurs, je ne suis pas parti avec un plan de route ni même une checklist de choses à voir ou à faire. Ma philosophie est beaucoup plus simple que ça : quand un lieu me plait, j’en profite et j’y reste aussi longtemps que j’en ai l’envie. Dès que je me lasse, je pars. Je fonctionne beaucoup à l’envie, j’écoute mes émotions. Ca me permet d’apprécier le moment présent. Donc oui, je peux dire que j’ai trouvé ce que j’étais venu chercher.

Archipel Goteborg

Archipel Goteborg

Les caractéristiques de votre tour du monde

  • L’idée

Juste, je précise que je n’ai pas fait le tour du monde, loin de là. Je n’ai mis les pieds ni en Amérique du sud, ni en Afrique, ni même en Océanie au moment où j’écris ces lignes. Et je ne suis jamais parti dans l’idée de faire un tour du monde. Je voulais juste aller me promener en dehors de nos frontières, histoire de voir à quoi ça ressemblait, et aller dans les pays soit qui m’attiraient déjà, soit qui titillaient ma curiosité (et sur lesquels j’avais envie de briser mes préjugés).

Donc l’idée de partir voyager est venu lors d’un week-end à Oslo. J’ai vraiment adoré me retrouver dans une ville nouvelle, avec des gens qui parlent une langue différente. C’est là que la graine a été semé je pense. Puis ensuite, l’idée a fait son chemin, au fur et à mesure que je passais des week-ends à l’étranger. Donc je dirais que ça a mûri une année, peut-être davantage, avant que je ne me décide à franchir le pas.

  • L’itinéraire

J’ai un peu répondu plus haut, du coup. Je n’ai pas d’itinéraire de prévu, je suis mes envies. Quand on me parle d’un endroit qui a l’air cool et qui peut potentiellement me plaire, j’y vais. Quand en revanche je me sens bien quelque part, je peux très bien m’arrêter de bouger pendant plusieurs semaines. Je suis mes envies, je voyage à l’affect. Je déteste planifier trop en avance car si tu as un coup de cœur, si tu as envie de rester plus longtemps quelque part, tu te retrouves coincé par un billet d’avion inchangeable ou ce genre de choses. C’est pour cette raison, entre autre, que je n’ai même pas envisagé une seconde de prendre un billet ‘tour du monde’ avec ses dates plus ou moins imposées. Je suis parti parce que j’avais besoin de liberté, ce que je ne trouvais plus dans un boulot de salarié. Ce n’était pas pour me remettre tout un tas de contraintes une fois sur la route.

  • Les bagages

Je suis parti avec un simple sac à dos, celui qui passe en cabine avec Ryanair. J’ai emmené le moins de fringues possibles, juste de quoi tenir une semaine. Plus mes appareils électroniques, dont mon petit netbook pour bosser. Et c’est tout.

Cependant, je dois préciser que je rentre régulièrement en France entre mes voyages, pour maintenir le contact avec mes proches et éviter de rater trop d’événements importants dans les vies des uns et des autres. Donc j’en profite pour réadapter mes fringues en fonction de la prochaine destination. Par exemple quand je suis passé de l’Europe à l’Asie, en début d’année dernière, je n’allais pas emmener mes pulls en laine et mon gros manteau. Je suis repassé en France et j’ai troqué tout ça par des shorts, une paire de tongues et un maillot de bain. D’ailleurs c’est lors de ce trip en Asie que j’ai battu mon record de légèreté avec seulement un sac à dos de 8kg, ordinateur inclus.

  • Les moyens de transports

Principalement l’avion parce que c’est le moins cher en rapport prix/distance. Sinon j’ai beaucoup utilisé les bus en europe de l’Est, en Amérique du Nord et en Asie. Mes deux critères pour faire mon choix : le prix, la simplicité du parcours et sa durée (je suis grand, et souvent les transports sont des mauvais moments pour moi car très inconfortables).

  • Les logements

Je fais énormément de Couchsurfing. J’adore cette façon de faire car j’y rencontre des gens géniaux, qui connaissent leur ville sur le bout des doigts et qui peuvent donc recommander les meilleurs coins, là où les touristes ne vont pas car pas mentionnés dans les guides. Sinon, quand je ne trouve pas d’hôtes ou quand j’ai envie d’être tranquille -ce qui arrive parfois car j’ai beau voyager seul, on ne l’est jamais vraiment longtemps une fois sur la route- je me prends un appartement via Airbnb. Et quand je décide de rester sur place pour quelques mois, je regarde sur le Leboncoin local les offres de logement en sous-location.

  • Le budget

Je le disais plus haut, le budget c’est vraiment ce qui me faisait peur. D’une, je ne savais pas du tout combien mes voyages allaient me coûter (surtout que les destinations qui m’attirent sont souvent des pays où le coût de la vie est élevé, comme la Scandinavie ou le Canada). Pendant les 2 premières années de mon voyage, soit j’ai rien gagné du tout et dû piocher dans mes économies, soit je me suis versé un salaire de 700€ net mensuel. Bien souvent, je dépensais moins que ça.

Par exemple les transports. En prenant des vols low-costs, en sélectionnant les billets les moins chers (ce qui est facile car je suis libre de partir aux jours et aux heures voulues, ce qui n’est pas le cas quand on bosse et qu’on doit impérativement rentrer le dimanche soir dernier délais), c’est assez facile de faire des économies sur les transports.

Niveau logement, je dépense pas grand chose puisque je suis très souvent en Couchsurfing, même si j’ai pour habitude d’amener un petit cadeau à mon hôte, ou de lui offrir un verre le soir.

Niveau bouffe, je fais mes courses au supermarché sur place et je cuisine avec mes hôtes. Je ne vais pas souvent au restaurant, sauf vraiment dans les pays à bas coûts (notamment en Asie où là c’était restau 3 fois par jour vu que ça ne coûte rien du tout et que c’est très bon).

Voilà pour les postes de dépenses principaux. En Europe de l’Est je devais tourner à 350-400€ de budget mensuel. Pareil en Asie. Aux Etats-Unis, en Scandinavie et au Canada, c’était plus par contre, probablement dans les 1000€ par mois. Enfin en Europe du Sud, je dirais maximum 500€ par mois. Là je retourne en Suède en février donc je vais à nouveau dépenser plus, surtout que je compte me prendre un appartement sur place et me poser un peu (mine de rien, 3 ans sur la route en mode sac à dos, ça crève !).

  • La santé et les assurances

Je suis parti sans assurance ni rien du tout. Mon objectif c’était vraiment de réduire les frais autant que possible. Donc j’ai rien pris.

Par contre je suis tombé malade en septembre 2012, ce qui m’a forcé à rentrer en France pour y faire des analyses et être soigné pendant deux-trois semaines. Je suis reparti en étant encore convalescent et j’ai été assez mal fichu jusqu’en février-mars 2013. J’étais en Hongrie à ce moment là et je me souviens très bien que la moindre marche m’épuisait. En plus il faisait un froid glacial. C’était difficile.

Sinon je pars toujours avec une boîte de doliprane et du Xyzall pour mes allergies.

Jérémy en Thailande

Jérémy en Thailande

Vos impressions

Quels pays avez-vous découvert jusqu’à présent ?

Je ne vais pas faire toute la liste car en 3 ans j’ai quand même traversé pas mal de frontières. En gros, j’ai fait le tour de l’Europe à l’exception des balkans, puis l’Amérique du Nord et l’Asie. Mes préférences vont sans hésiter aux pays froids : la Scandinavie (et la Suède en particulier, où je retourne au minimum tous les ans), les pays baltes (j’ai failli me poser à Riga pour quelques mois tellement j’ai adoré cette ville), et le Canada (le Québec et la gentillesse de ses habitants, la beauté de ses paysages, …).

Qu’est-ce qui vous a plu dans votre tour du monde ou jusque là ? Qu’est-ce qui vous a moins plu ?

Ce qui m’a le plus plu ? Les rencontres, sans hésiter. J’adore la facilité avec laquelle on noue le contact, une fois sur la route. Que ce soit avec d’autres voyageurs ou avec les locaux, d’ailleurs. Avec le recul, je me rends compte que je me souviens davantage des gens que des lieux visités. Ca m’arrive de me rappeler de discussions ou de soirées avec des gens, et je me dis « merde, mais c’était où ça déjà ? », alors que je pourrais te décrire la soirée dans tous ses détails.

Ce qui m’a le moins plu, c’est probablement en Asie (en particulier en Thaïlande), le fait d’être considéré comme un porte-monnaie sur pattes par la plupart des locaux. On m’avait vendu l’Asie comme la terre du sourire, et même si les gens sont effectivement souriants et accueillants, j’ai trouvé assez agaçante leur manie de toujours vouloir t’arnaquer, te soutirer un maximum de fric. C’est dommage, ça gâche le plaisir, car à côté de cela les paysages sont somptueux et les gens très gentils. J’ai écrit un article où j’évoque en détails mon point de vue sur le sujet d’ailleurs, ça pourrait intéresser du monde : c’est ici.

Ceci dit, c’est un désagrément mineur. Globalement, il n’y a pas grand chose que je n’ai pas aimé dans mon voyage. Si c’était le cas, j’aurais arrêté de voyager il y a bien longtemps.

Qu’avez-vous préféré ?

Du coup j’ai déjà répondu au dessus. La Suède est mon coup de cœur numéro 1, et en particulier ma belle ville de Göteborg, où j’ai passé 3 mois en 2012. J’adore la mentalité scandinave. Les gens sont ouverts et accueillants mais sans être ‘faux’ et en faire des tonnes (en clair, tout l’opposé de l’Espagne par exemple). Les paysages en Scandinavie sont magnifiques, majestueux. Un de mes endroits préférés c’est justement l’archipel de Göteborg, où je pourrais rester des jours sans me lasser de ce que j’ai sous les yeux. Là je prévois d’y retourner en février, et à partir des beaux jours j’irais explorer le nord de la Norvège, les îles Lofoten, Tromso, etc.

Pouvez-vous nous raconter 3 anecdotes ?

Je vais en raconter qu’une seule sinon cette interview pourra se transformer en bouquin.

Je marchais le long d’un boulevard en terre battue à Katmandou, Népal. Soudain, une gamine haute comme trois pommes me bloque le passage, les mains tendues en postion mendiante. Elle me regarde dans les yeux avec un air triste. Son visage est plein de terre, elle est habillée en haillon. « Please, please », qu’elle me dit. J’ai le cœur serré mais on m’a répété des dizaines de fois de ne rien donner aux enfants des rues dans ce pays, car tout remonte aux gangs qui les exploitent. Eux ne touchent rien. C’est avec le cœur serré que je lui fais « sorry » en continuant mon chemin. Mais la petite continue de me bloquer le passage, se décalant à droite puis à gauche pour m’empêcher d’avancer. Alors je la regarde avec un grand sourire et lui dis « please ». Elle comprend qu’elle n’obtiendra rien de moi. Elle se baisse, m’embrasse les chaussures, et s’enfuit en courant.

Un drôle de moment…

Avez vous rencontré facilement les “gens du pays” ?

Yes sans aucun problème. C’est d’ailleurs ce que j’adore dans le voyage en solo, les rencontres sont faciles car on n’intimide personne. C’est beaucoup plus difficile pour un local de venir parler à un groupe de potes qu’à un voyageur solitaire. Et je me répète mais Couchsurfing c’est vraiment le bonheur pour rencontrer des gens facilement sur place. Souvent, les hôtes nous présentent à leurs potes, et je me suis très souvent retrouvé invité à participer à leurs soirées.

Avez-vous rencontré beaucoup de français/francophones ?

Oui. D’ailleurs c’est marrant car en Europe j’avais tendance à les éviter, en me disant que j’en croisais bien assez en France pour ne pas en plus devoir les supporter à l’étranger. Mais bizarrement, en Asie j’étais ravi de croiser des compatriotes et je me suis même fait de très bons amis français, que j’ai revu ensuite, sur la route.

J’ai aussi eu l’occasion de prendre des verres avec des lecteurs ou des partenaires de mon blog un peu partout sur cette planète, et ça c’est franchement top !

Vous êtes vous facilement adapté aux différents pays et aux différentes cultures ?

Oui, sans aucun problème. Le seul vrai choc culturel que j’ai eu c’est au Népal. Où vraiment c’est hardcore, il faut avoir l’estomac bien accroché quand tu te ballades dans les rues de Katmandou. Surtout que c’était mon premier pays d’Asie, donc ça a dû renforcer l’impact. J’étais parti en étant le plus vierge possible sur mes attentes, histoire d’arriver et de ne pas me dire « ah tiens je m’imaginais ça autrement ». D’ailleurs je fais ça partout où je vais, j’en lis le moins possible avant d’y être pour ne pas me faire une image mentale du pays qui risquerait de fausser ma perception sur place.

Sinon, les différences culturelles donnent souvent lieu à des quiproquo marrants ou des situations originales. Le premier exemple qui me vient en tête c’est la coloc de mon hôte en Couchsurfing, dans une petite ville de Lituanie, Klaipeda, à qui j’ai fait la bise par réflexe. Elle ne m’a rien dit mais j’ai pu sentir sa gêne. Là bas, ils se serrent la main ou se font des ‘hugs’, mais la bise est visiblement un truc hyper intime.

En Asie il faut faire attention avec tout ce qui concerne le religieux, pour ne pas commettre d’impair. Le plus simple c’est de demander, ou d’observer ce que font les gens et de faire comme eux. De toute façon, si tu fais un truc qui ne plait pas (du genre garder tes chaussures dans un temple), y’a toujours quelqu’un qui viendra te le dire gentiement.

Aviez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Je rentre en France maximum tous les 2-3 mois pour garder le contact. Je suis très proche de ma famille et je tiens à garder ces liens, donc je fais mon possible pour rendre des visites régulières. De même pour mes amis, je n’ai pas envie de disparaître totalement de leurs vies donc je m’arrange pour être présent pour les grands événements (naissances, mariages, …) ou simplement pour prendre une bière de temps en temps et se raconter nos vies.

Plage de ventspils - Lettonie

Plage de ventspils – Lettonie

Et pour finir

Avez vous évolué ou grandi grâce à votre tour du monde ?

Oui bien sûr. Je ne suis plus la même personne qu’avant de partir. J’ai gagné en indépendance, en confiance en moi. Mon regard sur la planète a changé. Mon attitude au quotidien est différente. J’ai repoussé mes limites, appris à me connaître.

Par contre ce qui est clair c’est qu’après plus de 3 ans sur la route, j’ai envie de me poser. Je n’ai plus eu de véritable chez moi depuis que j’ai quitté l’Espagne, fin 2012, et mine de rien ça commence à me peser. Ce sont des trucs tout simples qui me manquent. Comme pouvoir cuisiner, m’inscrire dans une salle de sport, ou ce genre de choses.

Mais il est aussi très probable que je sois à nouveau pris de bougeotte dans quelques mois 🙂

Avez-vous des conseils pour les futurs-voyageurs-au-long-cours ?

Ne vous prenez pas la tête : foncez. C’est maintenant qu’il faut vivre vos rêves, pas dans 10 ans. Vous trouverez toujours une bonne excuse pour ne pas vous lancer : pas l’argent, pas le temps, d’autres projets, etc. La vérité, c’est que vous avez peur, et c’est normal car c’est un grand saut que vous vous apprêtez à faire. Mais si vous ne le faites pas, personne le fera pour vous et vous allez le regretter. Donc lancez vous. Et dites vous que dans tous les cas, vous n’êtes jamais beaucoup plus qu’à quelques heures de chez vous.

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

En Suède, et ça tombe bien car j’y ai déjà vécu et j’y retourne très bientôt ! Le bonheur !

jeremy-espagne

Jérémy en Espagne

Retrouvez Jérémy sur son blog

Le blog de Jérémy : http://www.roadcalls.fr/

roadcalls

Remerciements

Merci à Jérémy d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous son voyage au long cours !

Vous avez des questions ?

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