L’interview de Marine et Jérémy, en Bolivie

1 Uyuni

Marine et Jérémy, 23 et 26 ans, ont décidé de partir faire un voyage au long cours en Amérique Latine, pendant 10 mois.

 

 

 

 

bolivieOù est-ce ?

Il s’agit d’une photo de Uyuní, une ville du département de Potosí, en Bolivie.

 

Découvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Marine et Jérémy
Age : 23 et 26 ans
Situation personnelle : Casés, mais pas mariés !
Situation professionnelle : Journaliste indépendante et traducteur italien-français, français-italien pour une boîte belge, mais la journaliste travaille pour l’instant moins que le traducteur : lui travaille tous les matins de semaine, de 7h à 13h (l’horaire varie selon le pays)
Pays et ville d’origine : Nous venons de Belgique : Jérémy des Ardennes belges (Carlsbourg) et Marine vient de la région liégeoise (Sprimont) (pas loin de la frontière allemande)
Pays et ville d’accueil : L’Amérique du Sud : Bolovie, Argentine, …
Type et durée du visa : Touristique, de 3 mois, du coup on doit passer la frontière tous les trois mois pour le renouveler, ce qui nous oblige à avoir un itinéraire varié ! (Urugay, Chili, Bolivie-Pérou…)
Motif de l’expatriation : Profiter tant qu’on est encore des jeunes-sans-responsabilités de pouvoir bouger et voir le monde. De s’éclater et d’apprendre.
Blog : http://123lama.tumblr.com/

Trajet : Buenos Aires – Tigre – Montevideo – Rosario- Cordoba – Mendoza – Vina del Mar – Valparaiso – Santiago de Chile – Îles de Pâques – Mendoza – San Juan – Salta – Tupiza – Potosi – Sucre – La Paz – Copacabana – Arequipa – Lima – Huaccachina – Nazca – Cuzco – Puno – Copacabana – Isla del Sol – Uyuni – Tupiza – Salta – Buenos Aires – Ushuaïa – Cafayate – Chalten – Bariloche – Puerto Madryn – Buenos Aires – Iguazu – Sao Paulo – Rio de Janeiro – Belo Horizonte – Rio De Janeiro.

Qui êtes-vous ?

Nous nous sommes rencontrés un an seulement avant de partir ensemble pour vivre la grande aventure. Un test, en somme. J’avais 21 ans et il me restait un an d’étude. Lui en avait 24 et travaillait déjà depuis un an. 4 mois plus tard, je partais en Erasmus (cinq mois) à Salamanque (Espagne) et lui un an en Argentine, sac sur le dos. Nous avons fait un paris : s’il venait avec moi en Espagne et que tout allait bien, j’irai avec lui en Argentine. Sans compromis. L’aventure en Espagne fut révélatrice : si nous continuions ensemble, notre vie serait faite de voyages. Je suis revenue en Belgique afin de terminer les cinq mois qu’il me restait et écrire mon mémoire. Lui est parti vivre en à Bari, dans les Pouilles, et à Barcelone. Mes études terminées, j’ai bossé deux mois dans une rédaction belge. Ce salaire ajouté à mes économies, j’étais prête à partir. Ce que nous avons fait en octobre.

Quel est l’adresse de votre blog ?

123lama.tumblr.com
L’idée de blog est certainement venue à moi de par mon attrait pour les médias. Une petite formation en photographie m’avait permis d’obtenir de bons résultats avec mon Nikon et je voulais les partager. Nous voulions également donner de nos nouvelles à nos amis, et pourquoi pas grâce à la plume de Jérémy (les beaux textes sont de lui). Enfin, cela nous permet également de faire un tri parmi nos photos pour les albums que nous ferons dans quelques années et de déjà avoir les commentaires qui les orneront.

Où vivez-vous actuellement ?

Actuellement nous sommes à Salta. Nous terminons un voyage de deux mois Salta-Lima-Salta. Nous sommes à Salta car nous y avons vécu un mois, il y a deux mois de cela. Nous prendrons un bus pour Buenos Aires dans quelques jours et de là, un avion pour Ushuaïa.

Nous sommes partis car nous voulions partir à l’aventure, nous déconnecter, voyager, découvrir, nous ouvrir, nous enrichir, perfectionner notre espagnol, échapper au quotidien métro-boulot-dodo, ne pas suivre le chemin tout tracé « sortir d’unif – travailler – trouver un appart – se marier – fonder une famille – partir à la retraite – mourir ».
Nous sommes partis pour dix mois.

Jérémy a vécu un an en Italie (Bologne) en Erasmus, 1 mois à Bari et 2 mois à Barcelone. Et ensemble nous avons vécu 5 mois à Salmanque pour mon Erasmus.

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant de partir, j’ai eu un cursus universitaire de cinq ans. Je ne possédais pas grand chose : je vivais sur le campus, avec neuf autres personnes, autour d’un projet collectif (la première année, nous sortions un journal culturel chaque mois, la deuxième année, avec une autre équipe, nous aidions les sdf du campus, ainsi que des réfugiés). Ma vie d’universitaire se résume ainsi : beaucoup de bosse, beaucoup de sorties, beaucoup d’investissements dans les projets bénévoles, des visites familialles presque chaque fin de semaine, un Erasmus un Espagne et un coup de foudre. Peu de sport, pas d’animaux et encore moins de voiture.

Jérémy vivait dans une colloc à Bruxelles avec des amis qui bossaient également. Pas de voitures, seulement beaucoup, beaucoup de livres.

Pour quelles raisons vous êtes-vous expatrié ?

Nous voulions partir à l’aventure, nous déconnecter, voyager, découvrir, nous ouvrir, nous enrichir, perfectionner notre espagnol, échapper au quotidien métro-boulot-dodo, ne pas suivre le chemin tout tracé « sortir d’unif – travailler – trouver un appart – se marier– fonder une famille – être à la retraite – mourir ».

Comment s’est passé votre départ ?

Sachant que nous n’aurions pas de port d’attache et que notre seule maison serait notre sac à dos, nous savions que nous ne devions prendre qu’un minimum de choses. Nous n’y sommes pas arrivés. Nous ne savions pas ce qu’était le nécessaire ni comment empaqueter nos affaires. Nous nous sommes baladés deux mois en Argentine avec 2 sacs à dos, 2 petits sacs à dos et une valise. Lorsque nous sommes partis de Salta, nous nous sommes rendus compte que plusieurs choses étaient inutiles :

  • les vêtements vintages immettables ici
  • la machine à gaufres belges qui nous servait à remercier les gens
  • les habits en double
  • les carnets/livres/cadeaux reçus

Nous avons réduit le nombre de vêtements et de chaussures et avons juste gardé notre trousse de secours et notre nécessaire de toilette.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

L’adaptation en Argentine, au Chili et en Uruguay fut facile. Les pays sont très européens et adorent les gens qui viennent du Vieux Continent. Les gens sont très ouverts et généreux. Les difficultés ont commencé lorsque nous sommes entrés en Bolivie et au Pérou. Les gens apprécient beaucoup moins les touristes, qu’ils associent à « porte-feuille ». Un grand fossé entre les locaux et les « gringos » existe et ne se réduit que rarement (mais lorsque cela se passe, le moment en est d’autant plus beau!).

Bien sûr, si la difficulté est venue à partir de la Bolivie, c’est que ce pays nous a bien plus boulversé que les autres ! Rencontrer la pauvreté, un système de pensée complètement différent, des gens encore ancrés dans les traditions, qui en veulent encore aux Blancs de les avoir exploité jusque récemment (à raison, même si nous ne sommes pas les Espagnols ou Américains coupables…) … C’est la rencontre avec ces gens, surtout, qui nous a permis d’évoluer, de changer de regard sur le monde.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est-ce qui vous plaît moins ?

Le plus : voir / apprendre quelque chose de différent chaque jour. Découvrir l’Autre, se découvrir Soi. Avoir un regard plus global sur l’Europe, ce Vieux Continent « mort »,…

Le moins : le jour où l’on arrive dans un nouveau pays et que l’on ne connait pas les codes : être perdus et se faire arnaquer est bien sûr toujours frustrant, mais cela ne dure que 24heures, et cela fait partie de notre apprentissage.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Ce qui est mieux : Les gens sont optimistes et sourient. Leurs maisons sont colorées, leurs habits aussi. Bref, les gens sont vivants ! Ils chantent et dansent dans la rue, les magasins, les bus. Les premiers jours, nous les avons pris pour des fous. Et puis on s’y est mis, inconsciemment !

Ce qui est moins bien : l’hygiène alimentaire (nous avons perdu chacun 10 kilos en un mois en Bolivie), et les bus (puants, pourris, dangereux – en Bolivie et Pérou uniquement).

Quelles sont les caractéristiques de votre pays d’accueil ?

  • La mentalité des locaux

En Argentine : s’il y a de l’asado, des amis et du fernet, alors la vie est belle.

  • Le climat

Parfait. Bon cela dépend du coin car il y a énormément de micro climats. Mais, en général, il fait chaud et le soleil est omniprésent. Nous sommes en short – sandales depuis quelques mois ! Il faut juste ajouter un bon gros pull dans quelques villes boliviennes car de Tupiza au lac Titicaca, tout est en altitude, entre 2000 et 4000 mètres.

  • Le logement

Nous avons d’abord voyagé via Couchsurfing. Nous dormions donc chez les gens, souvent sur un canapé, parfois sur un lit, souvent pour trois jours, parfois plus ! Cela a duré deux mois, avant de nous installer un mois à Salta dans une chambre d’étudiante vide (c’étaient les vacances), cela nous a permis de nous reposer. Ensuite il a fallu prendre des hôtels, car en Bolivie, les gens ne sont pas aussi ouverts et généreux (du moins pas avec les « riches » étrangers). Le couchsurfing ne marche donc pas du tout.

  • La nourriture

Ce qu’on adore : les fruits frais, les empanadas (argentines ou boliviennes), les cunapés (bolivie), le rocoto (pérou), l’asado (argentine), le Pisco Sour (pérou)

Ce qui nous manque : le fromage, les frites et la bière belge (on est belges ou on ne l’est pas), la soupe à l’oignon, la ratatouille… Bref, des plats d’hiver !

  • Les vacances

52 (rires)

  • La conduite

Le permis international fonctionne, on roule à droite. En Argentine, Uruguay et Chili, la conduite semble correcte. En Bolivie et Pérou, prendre la voiture est carrément déconseillé, cela peut s’avérer mortel.

Nous l’avons fait au Pérou sans problème car nous avions un excellent conducteur, mon père, mais les routes sont en piteux état, à ras de falaise, avec des torrents qui débordent sur la route, des trous énormes, parfois pas d’asphalte (même en ville!) etc.

  • Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

Arg, Chili, Uru : à peine moins cher qu’en Belgique

Boli, Pér : 4 à 6 fois moins cher.

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

La télévision, autant regardée que Dieu est prié, est remplie d’émissions où les jeunes femmes dénudées aux seins refaits font tourner la tête de tous les membres de la famille au moment du repas du soir. Sinon, il y a des telenovelas (les feux de l’amour en 10 000 fois pire) , des jeux télévisés tournés sur le sexe, etc. Ecoeurant.

Avez-vous des «habitudes» ?

On s’est mis à chanter dans la rue, au magasin, dans le bus. Espérons que ça reste en Belgique sans qu’on nous prenne pour des fous.

Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Oui. Tout vaut la peine, ici.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote ?

Extrait du blog :

Mail du 31/12/2013

” Chers parents,
Comment allez-vous ?
Tout s’est bien passé à Noël avec le couple d’amis, le Mexicain et la Catalane : Jérémy a cuisiné un poulet basque et moi de délicieux toasts pour l’apéro ! La soirée était comme tout ici : paisible.
Ces derniers jours, nous sommes partis dans les magnifiques montagnes saltenas (de Salta). Nous avons dormi une nuit à Cachi, une nuit à San Carlos (un bled paumé où vit un couple de Liégeois qui ont ouvert leur propre brasserie, sujet idéal pour mon prochain article), et enfin, une nuit à Cafayate (région vinicole bien connue qui possède des paysages comme jamais je n’en avais vus dans ma vie).

Tout s’est très bien passé, excepté le dernier jour (hier).

Le programme était le suivant… À 15h nous prenions le minibus avec un guide pour faire la Quebrada de las Conchas : une chaîne de montagnes magnifiques qui couvre les 40 premiers kilomètres de la route reliant Cafayate à Salta.
Notre guide devait nous laisser au dernier lieu de visite, la Garganta del Diablo, et le bus devait nous prendre là pour nous amener à Salta, 140 kilomètres plus loin.
Vu que c’était le dernier bus et que la Garganta del Diablo était isolée à 40 km des premiers villages (Cafayate au Sud, Alemania au Nord), nous avions bien sûr réservé nos tickets, insisté auprès de la compagnie de bus et auprès du guide pour que primo, le bus s’arrête bien et nous prenne et deuxio, le guide nous amène à temps à notre “arrêt”.

Je l’avoue, pendant la visite des montagnes (WA-OU-W, soit dit en passant) j’étais un peu nerveuse, je lui ai demandé une fois si on était bien dans les temps.
Ceux qui ont vécu en Argentine connaissent déjà la réponse: “tranquilla, Marine”.
Lorsque l’on est arrivés à la Garganta, il était quasi l’heure du passage. Je demande au guide de nous donner nos bagages, pas le temps de visiter ce lieu sacré des Indiens autochtones.
“Non non, d’abord on visite, ensuite les bagages”.
Je suis un peu stressée, donc je ne visite pas et j’attends le bus. S’il arrive, normalement, le chauffeur klaxonne et s’arrête. Il SAIT qu’il a 5 personnes à prendre ici : Jér, moi, et trois autres Argentines.
Le bus est passé, sans s’arrêter.
Vous auriez dû voir ma gueule.
Le guide nous a assuré qu’il y en aura un deuxième et il est reparti avec les autres touristes jusque Cafayate, sans se soucier de nous le moins du monde.

On a attendu, il était près de 9h du soir, la nuit se couchait et un gros orage menaçait à l’horizon.

Nous étions seuls face à la nature, sans téléphone (de toute façon il n’y avait pas de réseau, selon la seule Argentine qui en avait un), sans provision, et par une chaleur et un orage qui nous laissaient une impression quelque peu mitigée à propos de la nuit que nous allions passer à dormir là.
Et un puis un hippie (les hippies, les vrais, pullulent en Argentine) est apparu sur son vélo, d’on ne sait où. Après quelques pirouettes censées nous impressionner, il entame la conversation.
“Ça va ?”
“Pas trop, on attend notre bus”
“… Euh… Il est déjà passé, savez-vous”
“… On peut venir jusque chez toi ?”
“C’est pas un village, chez moi… La civilisation la plus proche est à 40km et c’est même pas vraiment un village : il n’y a pas de téléphone, y a rien…”

Bref, on a dû faire du stop.

Et on a eu beaucoup de chance ! Une famille en jeep pick-up nous a pris tous les cinq dans leur coffre à ciel ouvert.
Quels paysages au beau milieu de cette nuit orageuse !
Une Argentine : “Vous venez d’où ? De Belgique c’est bien ça ?”
Nous : “C’est ça, pourquoi”?
Elle : “Cette situation doit vous paraître complètement absurde, non?”
Tu parles…

La gentille famille nous a déposés dans son village, Moldes, 80 km plus loin, mais toujours à 60 km de Salta. Ils se sont arrêtés à un arrêt de bus en nous disant qu’on aurait une correspondance pour Salta dans l’heure. Il était déjà 22h. Trente minutes plus tard, un type nous dit que non, ce n’est pas le bon arrêt et que, de toute façon, y a plus de bus aujourd’hui. Une dame nous le confirme, le voisin aussi. Nous sommes désespérés.

Mais après trois mois en Argentine, je m’y connais un peu et je sais qu’il y a moyen de tout, dans ce cas-ci à condition de payer.
Dormir dans ce village et reprendre un bus le lendemain matin pour Salta nous coûterait, en tout, pour les 5, autour des 400 pesos. (40 euros pour nous Européens, beaucoup plus pour elles Argentines).
On a donc parlé aux gens.
“Vous connaissez quelqu’un qui voudrait nous conduire à Salta”?
On a trouvé un taximan qui était d’accord. Et même, il a gentiment accepté de prendre 5 personnes au lieu des 4 autorisées (ici, en Argentine, c’est monnaie courante) dans sa bagnole pour seulement 180 pesos.
Il nous a emmené jusque Salta.
En attendant, les autres touristes du bus revenant à Cafayate, ayant vu qu’aucun autre bus ne passait nous prendre, ne sachant nous joindre puisque nous n’avions pas de téléphone, et sachant que nous étions perdus dans la nuit sans provision, ont téléphoné à la compagnie de bus (qui s’en contre-fichait) et ont demandé au guide de venir nous rechercher. Il a juste répondu : “le prochain bus passera à 5h du matin…”

Bref, on a eu énormément de chance dans notre malheur et on a tout pris positivement ! Mais on a perdu de l’argent et on aurait réellement pu :
– y passer (déshydratations, bêtes sauvages, etc)
– tomber malades (manque de bouffe, grosse chaleur mais gros orage et pluie)
– se faire bouffer par des bébés lamas.
Je vous tiens au courant de mes prochaines péripéties.

Gros Bisous,

Marine “

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ? De travail puis une journée de weekend ?

Journée typique de semaine : Jérémy se lève entre 6 et 8h (selon l’horaire du pays) et bosse jusque 12/13/14h. Pendant ce temps, je corrige une thèse ou écris un article. Mais pour être honnête, le plus souvent, je dors/fais le marché/le peti-déjeuner. Et l’après-midi, nous sommes enfin libres : nous visitons la ville dans laquelle nous nous trouvons (souvent nous visitons les marchés aux fruits et légumes, tentons les petites promenades gratuites dans les alentours, lisons des livres, visitons un ou deux musées…).

Journée typique de weekend : nous profitons souvent des weekends pour prendre un bus pour notre prochaine destination, vu que les distances sont terriblement longues ici, et qu’il faut souvent compter au minimum 8h, parfois même 17h d’affilées.

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Votre adaptation

Avez-vous rencontré des locaux ?

Oui : grâce au couchsurfing en Argentine nous avons rencontré pas mal de locaux, pour notre plus grand plaisir. Nous avons, grâce à eux, améliorer notre espagnol, visiter la ville avec leurs yeux (de façon très personnelle, donc) et entrepris des aventures mémorables. Nous avons aussi pu goûter à leur cuisine, et profiter de leurs bons plans.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Non parce que 1 les Belges ne sont pas nombreux ici 2 Notre envie première est de rencontrer des « autochtones ».

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Pour les choses positives, oui, pour les choses négatives, bien moins vite. Mais cette difficulté à nous adapter qui nous en a le plus apris (la patience, la tolérance,…)

Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Oui, après avoir vécu cinq mois à Salamanque (Espagne), et énormément parlé avec des Argentins au cours des trois premiers mois du voyage. Pas de cours pour Jérémy, seulement beaucoup de rencontres. Quelques cours à l’université pour Marine, mais ce sont surtout les Argentins qui l’ont mise à l’aise et c’est surtout là qu’elle a libéré sa langue.

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

  • Le retard des trains, infime par rapport à ceux de Bolivie (vu qu’il n’y a pas d’horaire et qu’un bus ne part que lorsqu’il est plein – bref on peut parfois attendre 40 minutes). De plus les bus manquent de confortabilité, de propreté et ils ne semblent pas connaître la 5ème vitesse.
  • L’état des routes est parfait en Belgique par rapport à ici où les routes sont « pleines » de nids de poule énormes, des cascades d’eau débordent dessus, les routes où doivent passer des camions dans les deux sens sont trop étroites et l’on risque la mort à chaque tournant…
  • L’attente : après avoir attendu maintes et maintes fois durant de longues heures sans jamais avoir d’informations nous sommes prêts à tout affronter. Rien qu’hier nous avons fait une file de 4h, debout, sous un soleil de plomb, juste pour passer la frontière bolivienne-argentine et ni les personnes âgées, ni les femmes enceintes, ni les personnes ayant réservé un vol en Argentine et étant sur le point de le rater n’étaient prioritaires.

A quelle fréquence rentrez-vous dans votre pays d’origine ?

Nous rentrerons seulement au terme de notre voyage, fin juillet, début août.

Avez-vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Oui, via Skype et mail, quelques fois par mois, car bien sûr, nos familles et nos amis nous manquent.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Au terme de notre voyage. C’est notre pays, nous l’aimons, nous aimons nos familles, nos amis, la cuisine, etc. Tout nous manque, et nous avons besoin de retrouver tout, au moins pour quelques mois.

Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Certainement,notre regard sur la vie, sur ce que nous désirons construire (famille, job,…) change progressivement… A force de voir des gens mener leur vie simplement, de mettre la famille au centre de tout, de voir des gens vivants, etc, nous envisageons notre avenir autrement.

Nous avons aussi appris à être plus débrouillards et à nous comporter de façon plus « zen » face aux situations (parfois très) critiques.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Plutôt pour ceux qui partent en long voyage : ne rien prendre de précieux, car on finit par le perdre, se le faire voler, ou devoir s’en débarasser quand le sac est trop lourd (ce qui arrive toujours à un moment ou un autre).

Comment vous voyez vous dans le futur ?

Alors là, justement ! On n’en sait rien, et tant mieux. Si notre voyage nous a bel et bien appris quelque chose, c’est d’être tranquilles, et de ne pas forcément suivre le chemin tout tracé que la majorité des gens suivent. Dans cinq ans, dans vingt ans, nous serons là où nous serons, là où nos désirs nous auront menés.

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

En Toscane, peut-être.

Où aimeriez-vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

Dans un van qui fait le tour du monde.

Retrouvez Marine et Jérémy sur leur blog

Le blog de Marine et Jérémy : http://123lama.tumblr.com/

123lama

Remerciements

Merci à Marine et Jérémy d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous leur grand voyage en Amérique du Sud !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Marine et Jérémy  sur son interview, n’hésitez pas à leur laisser des commentaires sous cet article. Ils se feront un plaisir d’y répondre !

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