L’interview de Marjorie, en Angleterre


Hull ville

Marjorie, 23 ans, a eu une opportunité pour faire une première expérience professionnelle en Angleterre avant de devenir prof d’anglais !

 

 

 

 

 

angleterreDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Marjorie
Age : 23 ans
Situation personnelle : en couple
Situation professionnelle : Diplômée d’une maîtrise arts, lettres et langues parcours enseignement et assistante de français
Pays et ville d’origine : Amiens, France
Pays et ville d’accueil : Hull, Angleterre
Type et durée du visa : pas de visa nécessaire
Date de début de l’expatriation : septembre 2013
Motif de l’expatriation : pause dans mes études
Blog www.excusemyffrench.canalblog.com

Présentez-vous ?

Je m’appelle Marjorie et je suis originaire d’une petite ville proche d’Amiens en Picardie. Je suis en couple depuis presque six ans avec un français, encore étudiant. Après une licence LLCE anglais, j’ai d’abord voulu tenter l’expérience erasmus en Finlande, et finalement après des mois de cafouillage, ma fac s’est aperçue que l’accord avec l’autre université avait expiré  et donc fin Juin je me suis vue refusée le droit de partir. J’ai continué mes études et suis entrée en master 1 qui s’apparente au MEEF mais qui ne porte pas le même nom. Je n’avais qu’une envie : partir d’ici sans me faire arnaquer cette fois. Je me suis renseignée sur « comment partir » autrement qu’avec erasmus et je suis tombée sur le programme d’assistants de français du CIEP. En fait, le CIEP, en partenariat avec les facs pour la confection des dossiers, envoie environs 2500 jeunes de 18 à 31 ans aux cinq coins du monde. Moi, j’ai fait un dossier pour le Royaume-Uni. Où vivez vous actuellement ?

Quel est l’adresse de votre blog ?

www.excusemyffrench.canalblog.com
Si j’ai créé un blog c’est pour partager mon expérience avec mes proches, mais aussi les moins proches, ces amis lointains avec qui tu gardes contact sur facebook mais qui ne font plus vraiment parti de ta vie. J’espère qu’il sert aussi aux futurs expatriés. Les longs mois d’attente avant l’expatriation peuvent rendre fou. Sans blague, moi si j’ai tenu c’est grâce aux témoignages d’autres expats !

Où vivez-vous actuellement ?

Je suis en vacances chez mes parents pour l’été, mais sinon je vis à Hull (diminutif pour Kingston-upon-Hull) dans le Yorkshire jusqu’au moins Juin prochain. Après je bougerai pour finir mes études. C’est ma première expérience à l’étranger.

hornsea près de Hull en février

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant de partir j’étais étudiante et j’avais vraiment besoin d’une bouffée d’air. Il fallait que je parte sinon j’allais exploser. Le cadre de mon université était affreux, mes études ne me plaisaient plus, on nous stressait avec le CAPES alors qu’on nous préparait très mal (heureusement qu’après ça, ils aient réformé). Je n’ai jamais vécu avec mon copain, je pense que c’est pour ça que ça n’a pas été « si » dur de partir à ce niveau là, mais c’était dur quand même. Avec une vie de famille compliquée et des liens soudés ce ne fut pas évident mais il faut savoir faire un choix entre ce qui est le mieux pour toi. Et pour moi c’était cette parenthèse (qui au final ne fait que s’agrandir) à l’étranger.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

Je voulais être prof d’anglais, et être prof sans jamais avoir vécu dans un pays anglophone pour moi c’est impossible, alors quand on trouve un programme qui offre une première expérience professionnelle dans le milieu que tu recherches et à l’étranger, bah tu sautes dessus. Enfin moi c’est ce que j’ai fait, ça ne pouvait qu’être bénéfique à mon CV. Et j’avais envie d’indépendance, pas celle que j’avais où je rentrais chaque week-end, voir mes parents ou mon copain, donner mon linge à laver etc. La vraie. Et l’envie de voyager, qui devient encore plus intense…

Hull map

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

J’allais prendre l’avion donc niveau bagages j’étais restreint à une petite valise et une grosse de 22 kilos (je m’en souviens car à la pesée elle faisait 22 kilos pile), le plus lourds et le plus important étant probablement mon appareil photo. Pour le reste il s’agissait de vêtements pour le boulot, car en Angleterre on ne s’habille pas comme on veut pour aller bosser…

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Les premiers jours ça a été dur. Arrivée tard le soir personne pour m’accueillir, bloquée au portail en attendant qu’un groupe d’étudiant ne sorte faire la fête, et m’ouvre. Tout était sale dans la résidence étudiante dans laquelle je logeais. J’avais retrouvé ma collègue espagnole peu avant et on était dépitées. Notre étage était vide, les cours ne débutant que deux semaines plus tard, on s’est vite senties seules et on avait parfois du mal à se comprendre. Au bout de quelques jours nos colocataires sont arrivées et tout de suite ça a été plus convivial et tout s’est très bien passé, mes collègues en plus étaient supers, pas de problèmes d’intégration.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est-ce qui vous plaît moins ?

J’adore entendre parler anglais toute la journée. Pouvoir améliorer mon oral qui avait besoin d’un sacré coup de pouce. J’aime beaucoup la culture anglaise, sortir au pub toutes les semaines et trouver l’excuse devant mes parents que c’est culturel. Les soirs de fêtes dignes des meilleures soirées étudiantes françaises avec quinze centimètres de talons en trop. Le fait que tout le monde soit poli. Sauf à l’école. La saleté en Angleterre règne. Les anglais (sauf mes colocs) sont crades, chez eux et dehors, ce n’est bien souvent pas un mythe. Leurs habitudes alimentaires me dégoûtent, sentir le fish’n’chips à 8heure le matin dans le bus, les voir manger des chips du matin au soir… Moyen. La conduite je n’aime pas ça non plus, les gens se garent n’importe où, pire qu’en France, et les anglais roulent trop vite. Mais cette petites choses ne pèsent pas lourd comparées à l’épanouissement personnel que je tire de cette expérience.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est-ce qui est mieux, qu’est-ce qui est moins bien ?

L’éducation nationale française est « mieux » d’après moi et le peu que j’en ai vu, ici c’est l’enfant roi et les programmes sont rébarbatifs au secondaire. La mentalité est mieux en Angleterre. En France je sais pas j’ai l’impression qu’on voit tout gris, la conjecture le veut aussi je sais bien…

Hull ville

Les caractéristiques de votre pays d’accueil

  • Le climat

Pluvieux. Habitant en Picardie ça n’a presque rien changé pour moi !

  • Le logement

L’année (scolaire) dernière c’est mon employeur qui m’avait trouvé le logement. Cette année, c’est via une agence que nous avons trouvé une maison. On en a visité pas mal, plus sales les unes que les autres. Puis on a trouvé la perle rare avec une autre agence. N’étant pas étudiante c’est compliqué d’expliquer que tu es quand même sous le même régime à cause d’un flou juridique.

  • La nourriture

J’adore le petit déjeuné traditionnel, mêler le sucré et le salé dès le matin ça ne me fait plus peur. J’adore la nourriture indienne, comme en France on adore le kebab, mais je n’aime pas le fish’n’chips. Le fromage me manque cruellement, je fais des stock à chaque retour au bercail !

  • Les vacances

J’ai une semaine pour la Toussaint, deux à Noël, deux à Pâques et je finis avant le grand break donc des vraies grandes vacances.

  • La santé

Presque pareil, sauf que j’ai eu l’impression qu’ici la politique des antibiotiques pas automatiques est vraiment stricte… J’ai bien cru mourir pendant l’hiver, sans blague…

  • La conduite

On roule du « mauvais côté » de la route haha. Il ne faut pas repasser de permis, mais tout est à l’envers et quand bien même venir avec sa voiture française, avec le volant de l’autre côté, il devient bien compliqué de vouloir doubler! Ici le piéton n’a pas la priorité, j’ai déjà failli mourir plusieurs fois !

  • Ce qui coûte cher / ce qui ne coûte pas très cher

Le logement, les transports en commun (36 livres le mois). Le restaurant légèrement moins cher qu’en France.

Humber bridge

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

La politique de l’enfant roi, bien comprise par ces derniers qui n’hésitent pas à en abuser. Et les rues sales, les gens qui jettent des trucs partout sans qu’on leur dise quoi que ce soit.

Avez-vous des «habitudes» ?

Je mange très tôt… 17h30 des fois quand mes colocs s’y mettent.

Est-il facile de partir en weekend ?

Il y a beaucoup de choses à voir, bon pas dans ma ville c’est vrai. L’Ecosse n’est pas loin, la mer à portée de main, les grandes villes emblématiques accessibles en train et la nature du Yorkshire, pareil.

Décrivez-nous votre cadre de vie

Ma ville a mauvaise réputation. D’ailleurs je paris que vous n’avez jamais entendu parler de Hull (sauf pour les Tigers au foot) alors qu’il s’agit d’une grande ville anglaise. C’est une ville étudiante, les étudiants sont un peu négatifs lorsqu’ils en parlent, elle n’est pas bien classée alors quand ils n’ont pas eu leurs choix d’univ validés, ils se retrouvent à Hull, où je tiens à préciser, il fait bon vivre. Hull c’est pas très joli, mais il y a des beaux spots par-ci, par-là. On a l’Humber Bridge, le vieux quartier qui est sympa.

Racontez-nous une anecdote

Depuis que je suis en Angleterre, je suis devenue végétarienne. Ici c’est vraiment très simple de sauter le pas avec toutes les marques de similis et autres proposées. Sinon vous vous rappelez du tour de France, eh bien les Anglais avaient décorés leurs rues trois mois avant le départ !

Racontez-nous une journée typique

Je me lève à 7h30, avale un petit déj sucré et direction l’arrêt de bus à 8h30. 20 minutes de trajet et je suis à l’école. Meeting du staff. Je prends mes petits groupes et on bosse leur oral et autres activité. Petite récrée de 10 minutes et on est reparti jusque la pause déjeuné de trente minutes. A 14h30 ma journée est finie (je ne fais que 12h par semaine). Je rentre, prépare une petite activité pour certains élèves et c’est déjà l’heure de prendre un café. Un petit peu de ménage, on prépare le dîner et on se régale devant E4, ou ce qui s’apparente à cuisine TV. On regarde un programme sur une maternité, on voit toutes ces scènes d’accouchements gores, de quoi nous laisser rêveurs avant d’aller se coucher !

Le weekend je me met en mode Dora l’exploratrice et pars avec mon sac à dos et mes copines françaises découvrir le pays.

malham

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Oui.

Avez vous rencontré facilement les “gens du pays” ?

Plutôt facilement grâce à la résidence je pense car les anglais ne sont pas réputés pour se laisser approcher.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Oui j’ai côtoyé des françaises, dans la même ville que moi, faisant le même job. Même si ce n’était absolument pas le but de cette aventure, ce sont de très belles rencontres et de très bonnes amies.

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Oui.

Connaissez-vous la langue du pays ?

Avec mes études pour être prof d’anglais oui, mais on ne connaît jamais assez une langue qu’on ne pratique pas au quotidien.

mon école

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Le temps.

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Dès que j’ai plus d’une semaine de libres. Je ne vis pas non plus au Pérou, c’est très simple de rentrer.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

J’appelle mes parents sur Skype toutes les semaines, ils convient même mes grand-parents quelques dimanches pour qu’ils puissent me voir. On se parle régulièrement avec mon copain et mes amis, mais pas assez. C’est difficile d’entretenir des relations à distance, il faut vraiment que je travaille sur ça et que je fasse plus attention.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Pour l’instant ce n’est pas au programme. La France ne me fait plus rêver. Mais s’il faut se poser en France avec mon copain alors je reviendrais. Lui il rêve de Japon pour l’instant alors les projets ne sont pas à la France.

rassemblement steam punk Haworth

Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Bien sûr, on grandit. J’ai confiance en moi par exemple, pas tout le temps mais plus qu’avant ! Ma vision a évolué, je me dis que je suis chanceuse et que je devrais apprécier chaque moment car rien n’est éternel, que ce soit à Hull ou en compagnie de mes proches.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Préparez bien votre voyage. S’il vous arrive un problème prenez-le comme une expérience et ne restez pas bloqués là-dessus.

Comment vous voyez vous dans le futur ?

En voyage, j’ai la bougeotte maintenant. J’ai envie de voir d’autres continents, de sortir de ma zone de confort, mais de préférence à deux la prochaine fois.

Dans quel coin du monde rêvez-vous de vivre ?

J’ai plusieurs envies. La Nouvelle Zélande et le Japon. Et plus récemment l’Ecosse qui est quand même beaucoup plus proche.

Où aimeriez-vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

Quelque part où il fait beau ¾ de l’année !

vue sur l'église de la résidence depuis ma chambre

Retrouvez Marjorie sur son blog :

Le blog de Marjorie : http://excusemyffrench.canalblog.com/

excusemyfrench

Remerciements

Merci à Marjorie d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa nouvelle vie en Angleterre !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Marjorie sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Elle se fera un plaisir d’y répondre !

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