L’interview de Isabelle, à Taiwan


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Isabelle vit à Taipei (Taiwan) depuis quelques mois et nous raconte sa nouvelle vie avec beaucoup d’humour !

 

 

 

 

 

taiwanDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Isabelle
Age : 42 ans
Situation personnelle : mariée, 2 filles
Situation professionnelle : documentaliste, mais actuellement conjoint-suiveur et femme de super-héros
Pays et ville d’origine : France
Pays et ville d’accueil : Taiwan, Taipei
Type et durée du visa : 3 ans
Motif de l’expatriation : suivi du super-héros
Blog : www.dameza.com

 

Présentez-vous ?

Je suis une conjoint-suiveur depuis 12 ans maintenant. Nous sommes arrivés à Taipei en février dernier (en provenance d’Italie). Je fais des meubles en carton, mais n’ai toujours pas repris mon activité depuis le passage des pâtes aux nouilles…

Quelle est l’adresse de votre blog ?

www.dameza.com

Il parait qu’écrire permet d’organiser la pensée et la pensée, une fois organisée, permet de faire dégonfler les émotions. J’y crois, mais à « émotion », je préfère Humeur, et d’humeur à humour, il n’y a qu’une lettre… Mon blog a évolué à mon arrivée en Asie, pour ne tourner (un peu) qu’autour de mon nombril (mais j’essaie de le regarder sans Barbelivien-isme). Mon blog, c’est tout à la fois une mise à distance (avec ce que je vis) et une proximité (avec les gens).

 

 

Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant l’expatriation, j’avais déjà vécu l’expatriation : Paris – Clermont-Ferrand. C’est là que j’ai quitté mon travail (documentaliste dans le Conseil en Fusions et Acquisitions), pour suivre   mon conjoint. Maison, enfants, pas de chien.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

La première expatriation à l’étranger, a été proposée par la société de mon mari. On a accepté parce que c’était une opportunité professionnelle pour Super-Héros. Et habiter un pays de voyage de noces, ça ne se refuse pas ! Après quatre ans, la même société a choisi Taiwan. Je dois dire qu’à l’annonce de la destination, j’ai baissé le son de mon épilady… Quant à la fiscalité, expatriés, mais pas exilés fiscaux : on paie nos impôts sur le barème français.

 

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Le départ, ça peut se résumer à des citations de Benoît Poelvoorde dans Les randonneurs :
« Chaque pas est une planche, chaque planche est un pas » (au détail près qu’il y a des planches pourries parfois).
« À cinq on est partis, à cinq on arrivera, d’accord, we are together »
(au détail près qu’on est quatre).

Au moment de partir, j’ai bien senti que je troquais définitivement les bases de données documentaires pour des données de base romanesque (où Madame Bovary, c’est moi, insatisfaite-chronique-en-déficit-permanent-d’estime-de-soi). Les personnages sont nés de là (et d’une belle rencontre avec une autre expat, Léna, avec qui nous avons écrit Les chroniques de la truffe) : nos maris sont devenus Super-héros et nous, des truffes .

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Les premières semaines sur place, c’est un peu cotonneux. Nous étions dans un logement temporaire, le temps d’en trouver un pour une durée indéfinie (temporaire, indéfini sont des mots qui se marient très bien avec l’expatriation…). Des cours de chinois qui laissent un peu sceptique quant à la possibilité d’en maîtriser l’usage un jour, même lointain. En Italie comme à Taiwan, je me suis mise en phase d’observation, j’ai fait l’ermite (et la touriste) le temps nécessaire.

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

La vie d’expatrié, c’est de l’adaptation en continu, pour tous les membres de la famille. Si Super-Héros sait pourquoi il est là, les autres, les suiveurs, eux doivent y trouver du sens. Heureusement, l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne. L’humour panse et compense les doutes aussi, beaucoup.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Dans cette partie de l’Asie et particulièrement à Taiwan, le sentiment de sécurité, l’attitude toujours bienveillante et non agressive et la facilité du quotidien dans une société de services. Ce qui est moins bien ? Les tremblements de terre, les typhons, le climat humide. Sur le plan esthétique, je suis aussi beaucoup moins touchée.

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Les caractéristiques de votre pays d’accueil

  • Le logement

Très facilement.

  • La nourriture

A Taipei, il y a Carrefour avec quelques produits européens ! On trouve même du beurre salé ! Je jongle entre une cantine vietnamienne, des dumpings, des sushis et ma propre cuisine. Je dois dire que je ne connais pas la moitié des légumes locaux… Je déteste l’odeur du Stinky tofu, une vraie nuisance olfactive ! En fait, il me manque un cuisinier (j’adorerais pouvoir sous-traiter).

  • La scolarité

Les enfants sont dans une école européenne, comprenant une section française. Ici, on peut trouver école américaine et japonaise. Taiwan protège son système scolaire (éducation massive et de qualité) en conditionnant l’inscription dans les écoles étrangères à la détention de passeports étrangers.

  • Les vacances

Perso, j’en ai 52. Mon mari, un peu moins : 5

  • La santé

Le système de santé est excellent. Public et privé.

  • La conduite

Avant de partir, nous avons fait la demande de permis de conduire international, que nous avons fait valider à notre arrivée. Mais nous n’avons pas de voiture. Je les appelle volontiers les italiens de l’Asie, mais il parait que ce n’est rien comparé à la Chine. En fait, ce sont surtout les scooters (50% des habitants de Taipei ont un scooter !) qu’il faut savoir contourner.

  • Ce qui ne coûte pas très cher

Si on mange local, on peut vraiment manger pour pas cher.

 

Racontez-nous une anecdote

Le foot-massage. L’accueil sous un parapluie. Le chauffeur de taxi qui rapporte le sac-à-main…voir mon blog.

 

Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Non, et je suis lente en la matière. Mais c’est vraiment très personnel et pas vraiment lié à la destination…

Avez vous rencontré facilement les “gens du pays” ?

Les taiwanais aiment bien les français. Ils nous trouvent (évidemment) tellement romantiques. Pas encore d’amis !

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

Oui, un peu.

 

Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Le romantisme ?

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Le décalage horaire ne facilite pas les échanges skype, mais oui, évidemment, le lien est très important.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Oui, mais quand ???

 

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Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Ma vision des choses a changé (j’ai d’ailleurs une récente prescription de lunettes dans mon sac) parce que je suis une nomade (privilégiée). Finalement chacun évolue, départ ou pas. C’est drôle, parce que je me sens française depuis que je vis à l’étranger.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

A part citer Poelvoorde, non.

Comment vous voyez vous dans 5 ans ?

Avec plus de rides

Comment vous voyez vous dans 20 ans ?

Une pomme flétrie

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

Ce n’est pas tant où qu’avec qui.

 

 

Retrouvez Isabelle sur son blog

Le blog d’Isabelle : http://www.dameza.com/
damezasie

Remerciements

Merci à Isabelle d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie à Taiwan !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Isabelle sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Elle se fera un plaisir d’y répondre !

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