L’interview de Guillaume, en Guyane


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Guillaume nous raconte comment est sa vie en Guyane !

 

 

 

 

guyaneDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Guillaume
Age : 36 ans
Situation personnelle : en concubinage, avec un enfant de deux ans
Situation professionnelle : chef de projet multimédia
Pays et ville d’origine : France, Montpellier
Pays et ville d’accueil : Guyane, Cayenne
Type et durée du visa : pas besoin, la Guyane c’est la France !
Début de votre expatriation : juillet 2013
Partenaires d’expatriation : ma compagne
Motif de l’expatriation : personnel et professionnel
Assurances : CPAM comme tout le monde !
Blog : http://alacroiseedeschemins.fr

 

Présentez-vous ?

Je suis Guillaume, je viens de Montpellier mais je viens de passer presque 10 ans à Paris. Après un tour du monde avec ma compagne, j’ai décidé de changer de voie professionnelle… ce qui m’a conduit en Guyane ! J’étais ingénieur textile, je suis devenu chef de projet multimédia. J’ai eu la chance de rencontrer une entreprise qui a su me faire confiance dans mon projet de reconversion… Depuis peu, je suis aussi devenu « papa-gâteux », comme on m’appelle souvent ici quand on me voit m’occuper de mon enfant… Mon temps libre, je le passe à la plage, en forêt, à découvrir toute la richesse culturelle de ce merveilleux territoire qu’est la Guyane. J’adore aussi faire de la photo.

Quelle est l’adresse de votre blog ?

L’adresse de mon blog est la suivante : http://alacroiseedeschemins.fr/

Au départ, en 2011, ce blog avait pour vocation de partager avec ma famille et amis le parcours de mon tour du monde. Puis, peu à peu, je l’ai élargi au partage d’informations et de conseils auprès de la communauté des voyageurs. Aujourd’hui que je suis installé en Guyane, je souhaite utiliser ce blog pour valoriser l’image de ce territoire qui est encore trop mal perçu !

Où vivez-vous actuellement ?

Je vis actuellement à Cayenne. Avec ma compagne, nous avions un projet d’expatriation après notre retour de tour du monde mi-2012. On a saisi une opportunité professionnelle et c’est comme ça que nous avons atterri en Guyane ! Je ne sais pas combien de temps nous allons rester en Guyane, pour l’instant, nous nous y plaisons bien et le territoire offre des opportunités d’évasion assez incroyables pour nous qui sommes férus de voyage. Par le passé, j’ai souvent vécu à l’étranger pendant mes études (Danemark, Etats-Unis, Mexique, Tunisie), ou dans le cadre de notre tour du monde de 18 mois, mais jamais dans un cadre professionnel.

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Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant mon tour du monde et expatriation en Guyane, je vivais à Paris, dans une situation professionnelle similaire à celle que j’ai en Guyane (salarié). Comme de nombreux parisiens, j’étais locataire dans un petit appartement et je n’avais pas de voiture ! Alors sans enfant, je profitais pleinement de l’intense vie culturelle parisienne, avec une prédilection pour les spectacles de cirque contemporain et d’arts de rue.

Pour quelles raisons vous êtes vous expatrié ?

Après notre tour du monde, ma compagne et moi avons eu beaucoup de mal à nous réadapter à la vie parisienne. Du coup, ce projet d’expatriation est venu assez naturellement. Notre choix s’est vite porté sur les DOM, car ils nous sont apparus comme un bon compromis entre notre souhait d’évoluer dans un environnement différent du nôtre et la réalité de notre parcours professionnel. De plus, nous avions le projet d’avoir un enfant, et nous voulions lui offrir un cadre de vie plus serein que la région parisienne.

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Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Nous avons fait le choix de ne partir qu’avec deux valises de 23 kilos chacun (qui contenait quelques vêtements et objets qui nous tenaient à cœur) et de ne pas faire un déménagement international avec container (mais si cela vous intéresse, le site de la Fidi vous aidera à trouver le bon prestataire). Nous avons tout acheté sur place, comme il y a beaucoup de gens de passage en Guyane (les militaires, par exemple), il est possible de trouver de quoi s’équiper en seconde main, à condition d’arriver à la période des départs (juin). Sinon, des enseignes bon marché sont aussi disponibles sur place. Résidant auparavant en région parisienne, j’avais déjà pris l’habitude de ne pas accumuler d’objets. L’idée est de tout revendre quand on se décidera à partir.
On a stocké toutes nos affaires dans la famille.

Au moment de partir, j’ai ressenti, comme à chaque nouvelle étape importante de ma vie, de l’excitation mêlée d’appréhension (avais-je fait le bon choix ?). J’étais très enthousiaste à l’idée de découvrir un pays proche de l’Amazonie, même si je me suis senti un peu coupable de partir loin de ma famille au moment où j’allais devenir parent… A posteriori, on aurait dû garder notre choix de destination secrète, car, en en parlant à notre famille, amis et collègues, j’ai remarqué que tout le monde avait une opinion sur la Guyane (même si peu de personnes s’y sont réellement rendues). En grande majorité, les retours de notre entourage n’étaient pas du tout positifs et toutes ces ondes négatives ont commencé à nous « laver le cerveau » et au moment de partir, nous ressentions beaucoup d’angoisse !

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

Les premières semaines se sont très bien passées. A vrai dire, nous avons tout de suite été comblés par le territoire. La réputation de la Guyane est tellement mauvaise, qu’on ne peut qu’être agréablement surpris, en fait ! C’est moi qui me suis occupé de notre installation, et nous avons intégré notre logement au bout d’un mois. Il faut quand même avouer que chaque démarche administrative est un peu le parcours du combattant (par exemple, nous avons attendu plusieurs jours avant d’avoir l’électricité dans notre logement, pour seulement quelques secondes d’intervention du technicien). Mais on apprend la patience !

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

Ce qui me plaît c’est d’avoir l’impression de voyager au quotidien ! Dès qu’on met le nez dehors, on a tout de suite l’impression d’être dépaysé. J’aime apprendre tous les jours (même après deux ans) sur l’Histoire du pays, son multiculturalisme ou bien sur la faune et la flore du coin.

Ce qui me plaît le moins, c’est le coût de la vie en Guyane et le fait d’être « relativement » enclavé au niveau des transports aériens.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Par rapport à la France, j’apprécie énormément ce rapport à la nature si particulier à la Guyane. Chaque séjour en forêt est un éveil des sens. J’aime le fait de pouvoir observer facilement des animaux, sans avoir besoin de faire 4 jours de treks en forêt ou plusieurs heures de pirogues. Le plus impressionnant reste la saison de ponte des tortues luths. Les plages de Guyane voient alors se côtoyer, en toute convivialité, les promeneurs journaliers et les plus grosses tortues marines !

La santé et l’éducation sont les deux points noirs du territoire. En 2016, la totalité des écoles et collèges (sauf un) seront classés en réseau d’éducation prioritaire. Côté santé, même si cela s’améliore avec le temps, il y a peu de spécialistes sur place (par exemple, il n’y a pas de pédiatre à Cayenne, sauf à l’hôpital et l’on ne peut le consulter que si problème grave d’un enfant).

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Les caractéristiques de votre pays d’accueil

Un territoire français en Amérique du Sud !

  • La mentalité des locaux

Les guyanais sont très ouverts. Toutes les cultures vivent en bon entendement.

  • Le climat

C’est un climat équatorial qui alterne saison des pluies (janvier à juin) et saison sèche (juillet à décembre). Globalement, il fait chaud toute l’année. Notre enfant n’a jamais vu de pull, chaussettes ou manteau !

  • Le logement

Trouver un logement n’est pas facile. Il faut s’armer de patience et en visiter beaucoup pour en trouver un correct. Il est possible de passer par agence ou bien par petites annonces (blada.com ou le bon coin). Les prix des loyers s’apparentent à la petite couronne parisienne, autrement dit, ce n’est pas donné ! C’est pourquoi, on a vite abandonné l’idée de nous loger en maison… Il faut monter un dossier pour prétendre à un logement. Certaines agences demandent le dossier avant de pouvoir visiter.

  • La nourriture

J’adore tous les fruits tropicaux : papaye, ananas, mangue, fruit du dragon, ramboutan, mangoustan, kouzou, maracudja, chadek, etc. Nous en mangeons à tous les repas.

Je n’aime pas le calou (ou gombo), un légume vert qui est gélatineux quand on le cuit.

  • Le système scolaire

Le système scolaire est le même qu’en France.

  • Les vacances

J’ai 5 semaines de congé par an et je ne travaille pas le vendredi après-midi !

  • La santé

Le système de santé fonctionne comme en France

  • La conduite

Le même qu’en métropole.

  • Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

Tous les produits manufacturés qui viennent de France coûtent plus chers. Les fruits et légumes sur le marché sont corrects, mais les prix sont extrêmement variables du fait de la dureté du climat pour l’agriculture (parasite, inondation, sécheresse, etc.). Etrangement, le poisson ne coûte pas cher du tout (7€ le kilo en moyenne).

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Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Rien en particulier

Avez-vous des «habitudes» ?

Nous avons pris l’habitude de nous lever tôt pour profiter de la relative fraîcheur matinale, de faire la sieste (le week-end) et de nous coucher plus tôt. Il fait nuit noire à 7h tous les jours de l’année.

Est-il facile de partir en weekend ?

Il faut impérativement une voiture. L’activité principale du week-end est d’aller en forêt, dans un carbet, à partir duquel on se baigne dans les rivières, on fait du canoë, etc.

Décrivez votre cadre de vie ?

Cayenne est une toute petite ville (à peine 50 000 habitants) et, finalement, on s’y rend assez rarement, sauf pour le marché. Nous habitons près de la mer et d’un sentier de randonnée en forêt, notre cadre de vie est donc idéal !

Racontez-nous une anecdote

Dimanche dernier, nous nous sommes rendus au nouvel an hmong, à Cacao, et on a eu l’impression d’être en Asie. Tout le monde parlait hmong autour du nous. Pour l’occasion, les habitants de Cacao s’étaient aussi habillés en vêtements traditionnels. Bref, un évènement très dépaysant encore une fois.

Racontez-nous une journée typique ? De travail puis une journée de weekend ?

J’ai des horaires de travail plutôt atypique par rapport à la plupart des travailleurs ici. Je commence tard (9h) pour éviter les bouchons qui sont assez importants ici (pas comme en région parisienne quand même). Du coup, le soir, quand je rentre vers 19h, il fait nuit ! Je m’occupe ensuite de mon enfant.

Le week-end, quand nous restons sur Cayenne, nous avons un programme bien rôdé… Nous ne manquons jamais le marché de Cayenne qui est d’une richesse incroyable. Après avoir déambulé dans nombres de ses étals, nous nous accordons une pause « jus de fruit frais » à l’intérieur des halles. En général, nous ne résistons pas à l’envie de nous restaurer dans un l’un des nombreux boui-boui du coin. Après une sieste bien méritée, nous terminons en général la journée à la plage. Le dimanche, nous essayons toujours de faire une sortie, soit en commune, soit une randonnée en forêt, soit une sortie canoë, ou bien participer à un évènement local (fête du ramboutan, nouvel an hmong, etc.).

Votre adaptation

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Il est facile de s’intégrer auprès de la communauté « métro », car, étant tous dans la même situation (envie de se recréer un cercle social), on se lie plus facilement d’amitié.

Avez vous rencontré facilement les « gens du pays » ?

Vis-à-vis des Guyanais, il est plus difficile de s’intégrer dans un cercle d’amis. C’est le nombre d’années en Guyane qui compte alors. Je crois que nous n’avons pas encore atteint le seuil…

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

En plus des « métro », nous côtoyons des brésiliens et des chinois qui forment une importante communauté en Guyane.

Vous êtes vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

L’adaptation au climat tropical s’est faite progressivement. Au début, on a l’impression d’étouffer, puis on apprécie de vivre en short et claquette toute l’année !

Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Nous n’avons pas besoin de parler le créole guyanais pour communiquer en Guyane. Tout le monde parle Français. J’aurai bien aimé prendre des cours de créoles, mais les horaires de cours ne correspondaient pas.

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Votre lien avec votre pays d’origine

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

Nous rentrons tous les étés pendant trois semaines.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Grâce à internet et Skype, nous avons des contacts hebdomadaires avec notre famille et la distance est, du coup, plus facile à vivre. Notre entourage nous manque évidemment, et nous le ressentons d’autant quand nous ratons des fêtes familiales (Noël par exemple).

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

Nous sommes ambivalents à ce sujet. D’un côté, avec un enfant, on a envie de se rapprocher de sa famille, donc de revenir en France. D’un autre côté, on ne peut pas aller à l’encontre de nos envies et tempéraments, donc, on aimerait bien continuer à bouger !

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Conclusion

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Je crois que depuis que j’habite en Guyane, de par sa proximité avec la forêt, j’ai opéré  un « retour à l’essentiel » dans ma vie. J’ai recentré mon énergie sur les choses qui me paraissent maintenant essentielles (découverte par le voyage, nature, famille et amis en gros).

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

De ne pas se fier à ce qu’on raconte sur la Guyane !

Comment vous voyez vous dans le futur ?

J’ai une vision très court-termiste de moi-même…

Dans quel coin du monde rêvez vous de vivre ?

En Amérique du Sud hispanophone (Argentine, Chili, Bolivie).

Où aimeriez vous vivre une fois que vous serez à la retraite ?

Je me verrai bien nomade !

 

Retrouvez Guillaume sur son blog

Le blog de Guillaume : http://alacroiseedeschemins.fr

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Remerciements

Merci à Guillaume d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie guyanaise !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Guillaume sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Il se fera un plaisir d’y répondre !

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