L’interview de Zerzer en Norvège

Milde, au sud de Bergen

Zerzer vit à Bergen en Norvège depuis un peu plus d’un an. Bergen est connue comme étant « la ville de la pluie » mais aussi comme étant « la porte des fjords ».

 

 

 

 

norvegeOù est-ce ?

Il s’agit de Milde, au Sud de Bergen, en Norvège.

 

Découvrez son interview

Carte d’identité

Pseudo : Zerzer
Age : 27 ans
Situation personnelle : PACSée (ou “samboer” d’après la définition norvégienne)
Situation professionnelle : Ingénieur
Pays et ville d’origine : Grenoble & Toulouse, France
Pays et ville d’accueil : Bergen, Norvège
Motif de l’expatriation : voir du pays
Partenaire d’expatriation : mon bonhomme
Blog : http://www.wohohoho.fr/

Qui êtes-vous ?

J’ai grandi à Grenoble en passant la journée à regarder les montagnes par les fenêtres, puis je suis partie approfondir les valeurs de l’ovalie à Toulouse, où j’ai également approfondi mon goût pour le canard. Après quelques années, l’idée d’un retour dans une ville entourée de montagnes s’est faite de plus en plus forte mais pas à Grenoble. Toujours attirée par les pays du Nord, le pays du saumon (je n’ai pas qu’un penchant pour le canard…) semblait tout désigné. Mon bonhomme et moi avons donc déménagé début 2013 pour Bergen, 2ème ville de Norvège, entourée de montagnes et arrosée de trombes d’eau.

Quel est l’adresse de votre blog ?

http://www.wohohoho.fr Je tiens mon blog depuis quelques années. À l’origine, c’est parce que j’aime beaucoup faire des photos et que je voulais les montrer quelque part (à défaut de publier dans Geo). Maintenant, je montre les photos de nos découvertes en Norvège.

Où vivez-vous actuellement ?

C’est la deuxième fois que je vis à l’étranger : j’ai déjà fait un semestre Erasmus chez les voisins suédois. Mais cette fois, on ne sait pas vraiment combien de temps on part, alors je me considère plutôt comme une immigrée. On est partis lorsque mon bonhomme et moi avons chacun décroché un boulot. Ça a demandé plusieurs mois pour comprendre le marché du travail, trouver les bonnes annonces, passer par les entretiens d’embauche… mais au final, on a été chanceux et on est partis dans les conditions idéales.

Bryggen classé à l'UNESCO

Bryggen classé à l’UNESCO

Qu’est ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est ce qui vous plaît moins ?

On aime beaucoup le rythme de vie ici : on peut partir tôt du travail sans problème, aux alentours de 16h ou avant. Bien sur, ca sous-entend qu’on est arrivés à 8h et qu’on a mangé en 30 minutes, et puis les jours de rush il faudra rester ou travailler le soir à la maison. Mais globalement, c’est bien équilibré. On aime aussi le cadre de vie : on a la mer et la montagne et il suffit de prendre le bus ou le tram jusqu’au centre-ville pour faire de super balades.

En revanche, on a oublié la gastronomie. Les restaurants sont très chers, et les supermarchés n’offrent pas un grand choix de produits. Alors qu’à Toulouse on essayait d’acheter auprès de producteurs locaux, on doit maintenant choisir nos pommes parmi trois variétés : les rouges, les vertes, ou les jaunes (oui, c’est ce qui est écrit sur l’étiquette).

Aussi, bénéficier des avantages de la mer et des montagnes a un prix : tout d’abord, c’est difficile de se déplacer ici. Il n’y a qu’une ligne de train (vers Oslo), les trajets à voiture sont très longs (à cause des lacets ou des ferrys à prendre) : il faut donc privilégier l’avion ou le bateau. Enfin l’autre prix à payer, c’est la quantité phénoménale de pluie qu’il tombe ici : chaque année il tombe à Bergen deux fois plus d’eau qu’à Brest!

Quelles sont les caractéristiques de votre pays d’accueil ?

La Norvège est un pays particulier : il y a du pétrole, un IDH très élevé, un taux de chômage très faible (3 à 3,5%). Le pays est souvent repris comme exemple dans les média francais mais je crois qu’il faut garder ses distances et ne pas oublier que le pétrole a beaucoup aidé au développement du pays, qui a très bien su tirer profit et gérer ses ressources.

Aussi, le faible taux de chômage attire beaucoup de monde ces dernières années mais il faut savoir que les norvégiens aiment parler norvégien et, à moins d’avoir un très bon diplôme dans un domaine qui les intéressent, trouver du travail et s’installer correctement ne semble pas aussi facile qu’on pourrait le penser.

  • Le climat

Il y a plusieurs climats en Norvège. À l’intérieur des terres, ou à Oslo, il peut faire assez chaud l’été et très froid l’hiver. Au nord, grâce au Gulf Stream, il ne fait pas aussi froid qu’on pourrait le penser. Enfin Bergen, à l’ouest du pays, est connue comme “la ville de la pluie” : réchauffée par le Gulf Stream, la ville recoit tous les nuages qui ont survécu à l’Écosse : ils viennent se casser sur les montagnes, et il pleut. Beaucoup. Souvent. Les températures mensuelles moyennes au cours de l’année varient donc entre 2 et 15 degrés.

  • La nourriture

Comme dit plus haut, on a oublié beaucoup de choses. Oubliés, les tomates coeur de boeuf, le canard, le bon fromage, le saucisson. Oubliées aussi, toutes ces petites choses avec de la pâte feuilletée : croissants, chocolatines et autres fantaisies (enfin… je me suis mise à préparer ma propre pâte feuilletée!).

Ici on a redécouvert le mouton (mais on n’est toujours pas très fan). On pourrait manger plus de saumon, mais on fait attention à garder une consommation raisonnable à cause des problèmes sanitaires. En revanche, on apprécie beaucoup les chips, beaucoup plus craquantes qu’en France!

  • Les vacances

Il y a officiellement 4 semaines de congés payés par an, mais la plupart des entreprises en proposent 5 voire 6. Il n’y a pas officiellement de RTT, mais les heures supplémentaires peuvent être payées ou récupérées.

  • Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

En Norvège, du point de vue extérieur (quand on est touriste ou quand on arrive), TOUT est cher. Je ne suis pas économiste, mais j’ai cru comprendre que les richesses du pétrole sont relativement bien redistribuées pour que la moyenne salariale soit élevée (environ 41000 nok/mois, ce qui correspond actuellement à 4900 euros Bruts, à quoi il faut enlever 31 à 36% d’impôts, prélevés à la source).

Comme les salaires sont élevés, les denrées (produites en Norvège si possible, ou importées et très taxées) sont chères, les services sont chers, etc. L’alcool et les cigarettes sont particulièrement taxés… mais on ne fume pas et les bouteilles qu’on ramène de France nous suffisent.

Avec un salaire norvégien cela est plus abordable. On évite ce qu’on trouve définitivement trop cher (l’entrée à la piscine coûte environ 10€… en France j’y allais deux fois par semaine, maintenant j’ai arrêté), et on se reporte sur ce qui est plus accessible : les activités en pleine nature. Et quand on revient en France, tout nous parait beaucoup plus accessible.
Enfin, le secteur des transports est lui aussi cher, mais en s’y prenant à l’avance on peut trouver des tickets de train ou d’avion pour 25€!

Bergen

Bergen

Avez-vous des «habitudes» ?

On s’est à peu près fait aux horaires de dîner. Si l’on ne dîne pas encore à 15h30, manger à partir de 17h30 ne nous gêne plus. Et on s’est également fait au repas du vendredi à la cantine d’entreprise : pizzas, ou burritos!

On a aussi pris l’habitude de faire “hmhm”. C’est un “hmhm” très différent de celui qu’on entend en France: ici ca veut dire à la fois “oui je suis d’accord”, “oui je t’écoute”, “on est bien installés ici avec notre petite tasse de café” et “c’est très joli ces bougies sur la table”. Autant dire qu’en entretien d’embauche, quand on me faisait “hmhm”, je me demandais si ce que je racontais ne les intéressait vraiment pas!

Enfin, on a pris l’habitude de se “kose seg” : s’installer confortablement. C’est une notion très norvégienne aussi, mais le principe c’est qu’il faut que ce soit “koselig” (“causy” pourrait être l’équivalent anglais) : avoir des bougies, des petites lumières, des plaids, un thé, des petits trucs discrets, mignons et confortables.

Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Bergen est connue comme étant “la porte des fjords”. La ville n’est pas très grande, mais les amoureux de nature s’en donneront à coeur joie : randonnées, vélos, excursions bateau ou kayak… le tout avec la pluie! 😉

Votre adaptation

Connaissez-vous la langue du pays ?

On avait pris quelques cours en France, mais en arrivant on était perdus à l’oral. Heureusement, on n’a eu aucun problème à travailler en anglais. On prend toujours des cours, et on commence maintenant à pouvoir se débrouiller sans jamais avoir besoin de parler anglais. On est dans une phase de transition où on commence à faire des réunions en norvégien : c’est difficile parce qu’il faut rester concentré pendant toute la réunion, de quoi avoir un gros mal de tête à la fin!

Votre lien avec votre pays d’origine

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

On est suffisamment prêts de la France pour rentrer plusieurs fois par an : pour les fêtes, pour les mariages etc en été… À vrai dire on passe la majorité de nos congés à retourner en France. Ce n’est pas super pour découvrir le monde, mais c’est un mal nécessaire pour rester présents.

vue sur Ulriken depuis Floyen Blamanen

vue sur Ulriken depuis Floyen Blamanen

Retrouvez Zerzer sur son blog

Le blog de Zerzer : http://wohohoho.fr/

wohohoho

Remerciements

Merci à Zerzer d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie norvégienne !

Vous avez des questions ?

Si vous souhaitez poser des questions à Zerzer sur son interview, n’hésitez pas à lui laisser des commentaires sous cet article. Elle se fera un plaisir d’y répondre !

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