L’interview de Alexandre, au Canada


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Alexandre nous raconte son expatriation au Canada qu’il vit depuis presque 4 ans.

 

 

 

 

canadaDécouvrez son interview

Carte d’identité

Prénom : Alexandre
Age : 23 ans
Situation professionnelle : Étudiant
Pays et ville d’origine : France , Nantes
Pays et ville d’accueil : Canada, Montréal
Type et durée du visa : Visa étudiant, 3 ans
Début de votre expatriation : Décembre 2012
Motif de l’expatriation : Année de césure
Bloghttps://www.linkedin.com/in/alexandrelhour

 

Présentez-vous ?

Bonjour ! Je m’appelle Alexandre L’Hour et j’ai vingt-trois ans. Je suis français et originaire de Nantes. Après avoir obtenu mon baccalauréat avec mention, j’ai décidé de partir vivre une année à l’étranger dans le but de voyager, découvrir de nouvelles régions du monde, acquérir mon autonomie, etc. Après avoir travaillé durant cette année dans deux hôtels haut de gamme du centre-ville de Montréal et mon visa arrivant à expiration, j’ai pris la décision de reprendre mes études supérieures à l’Université de Montréal. Je suis donc étudiant en dernière année en licence de Communication et Sciences Politiques. Durant mes temps libres, j’apprécie aller skier, faire de la raquette dans la forêt et faire de grandes marches dans la nature l’hiver. Le reste du temps, j’aime aller à des expositions dans des musées, voir mes amis dans des brasseries ou au restaurant, aller au cinéma, assister à des concerts de musique, entre autres.

Quelle est l’adresse de votre blog ?

Je ne possède pas de blog, mais cela pourrait être une très bonne idée dans l’avenir afin de partager mon expérience, mes conseils et recommander certains endroits à Montréal et plus globalement au Québec et au Canada.

Où vivez-vous actuellement ?

Actuellement, je vis à Montréal. J’ai fait le choix de m’installer ici il y a maintenant bientôt quatre ans en arrivant pour ce qui devait initialement être une année de césure. Je suis donc arrivé avec un Permis Vacances-Travail (PVT) qui m’a offert l’opportunité d’acquérir plusieurs expériences professionnelles sur le marché du travail québécois. J’ai par la suite substitué ce visa avec un visa étudiant, et j’ai parallèlement entrepris mes démarches de résidence permanente dans le but de m’installer de manière définitive au Canada. Bien que j’ai voyagé dans de nombreux pays, c’est la première fois que je vis à l’étranger.

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Votre vie avant votre expatriation

Comment était votre vie dans votre pays d’origine ?

Avant de partir au Canada, j’étais pensionnaire à l’internat du Lycée privé Saint-Sauveur. Il m’arrivait très régulièrement de partir pour un week-end avec des amis sur une des îles du Morbihan ou dans l’une des maisons de vacances de mes amis. J’ai énormément apprécié vivre au bord de la mer, sortir en bateau, aller à la plage, etc. Le week-end, je pratiquais également le tennis au sein d’un club de la Fédération Française de Tennis et je rencontrais mes amis autour d’un café.

Pour quelles raisons vous êtes-vous expatrié ?

Initialement, je suis parti en effet pour m’immerger dans une nouvelle culture, découvrir un nouveau mode de vie et rencontrer des personnes venant d’horizons différents. Comme l’une de mes sœurs vivait déjà à Montréal, cela a conforté mon choix et a permis de faciliter mon arrivée. Je me suis rendu compte qu’il était relativement aisé de trouver un emploi ici et j’ai donc fait le choix de reprendre mes études et de m’insérer sur le marché du travail.

 

Votre vie à l’étranger

Comment s’est passé votre départ ?

Comme je ne devais partir que pour une année, j’ai laissé quelques affaires chez mes parents. Néanmoins, je suis parti avec plusieurs importantes valises. Pour ma part, mon départ était très bien planifié, j’avais mon dossier d’immigration à jour et j’avais reçu quelques jours auparavant mon visa. J’ai acheté un billet d’aller simple et je suis parti quelques temps par la suite. J’ai ressenti avant de partir comme si tout était possible et que c’était une réelle opportunité de pouvoir aller vivre à l’étranger.

Comment se sont passées les premières semaines sur place ?

En arrivant, j’ai eu la chance d’être reçu quelques temps chez ma sœur qui avait déjà un logement à Montréal. Cela m’a permis de trouver une colocation, régler les premières formalités (ouverture de compte en banque, souscription à un forfait de téléphone, etc.). Une fois que tout cela a été réglé, j’ai commencé à envoyer mon CV dans plusieurs entreprises. J’ai passé trois entretiens d’embauche et j’ai été retenu aux trois. J’ai finalement travaillé dans un grand hôtel en ville. Pour ce qui a trait à la rencontre avec des gens, cela se fait plutôt facilement. Tout d’abord avec tes colocataires qui te présentent leurs amis, tes collègues de travail avec qui tu vas prendre un verre en sortant du travail ou encore des bénévoles si tu t’investis dans une association. Il y a également des événements type 5@7 qui permettent de rencontrer des professionnels et des actifs avec qui tu peux tisser des liens.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre vie à l’étranger ? Qu’est-ce qui vous plaît moins ?

Le multiculturalisme est une caractéristique propre à la société québécoise. De nombreuses communautés et nationalités cohabitent ensemble. C’est très intéressant de rencontrer des personnes de différentes régions du monde et de partager diverses expériences, d’apprendre sinon une langue étrangère des expressions et de découvrir des mets culinaires exotiques.

Par rapport à votre pays d’origine, qu’est ce qui est mieux ? Qu’est ce qui est moins bien ?

Je ne parlerai pas de différences en terme qualitatif parce que le Canada et la France sont deux pays différents, chacun possédant ses forces et ses faiblesses.

 

Quelles sont les caractéristiques de votre pays d’accueil ?

Le Canada est un grand pays qui possède de nombreuses ressources naturelles (minerais, énergies en général, forêts), de grands espaces et des forêts à perte de vue.

  • La mentalité des gens

Les Québécois sont en général très ouverts d’esprits, respectueux, généreux et modestes.

  • Le climat

Il peut faire très froid en hiver, dépendamment de là où l’on vit, comme très chaud en été. Le climat y est moins tempéré qu’en Europe et l’on passe aisément de – 40 degrés en hiver à 40 degrés en été. Toutefois, l’automne et le printemps restent relativement doux.

  • Le logement

J’ai trouvé une collocation dans un grand appartement dans le quartier d’Outremont à Montréal avec un québécois et une espagnole. J’ai trouvé l’annonce sur un site internet de petites annonces, ce qui est très répandu ici pour trouver un logement. J’ai visité l’appartement, signé un bail d’un an et payé une caution d’un loyer d’avance. C’est très rapide et très simple.

  • La nourriture

Bien évidemment, le Québec possède différentes spécialités dont les tourtières, la poutine ou encore le sirop d’érable. J’adore le sirop d’érable et il en existe différentes déclinaisons. En tant que français, le fromage me manque bien qu’il en existe toutefois différentes sortes ici.

  • La scolarisation

Pour ma part, je trouve le système universitaire québécois très performant et de qualité. À l’inverse de la France, nous n’avons que très peu de présence en cours (3h par cours et dépendamment de l’organisation choisie, une ou deux fois par jour) mais énormément de travail personnel. Il y a également beaucoup de travaux de groupes qui mettent l’emphase sur la cohésion et l’entraide entre les étudiants. Plusieurs travaux sont également à rédiger et à rendre durant la session. En troisième année, les cours sont donnés en français mais un nombre important de lectures scientifiques sont en anglais de par l’importance de ces derniers dans la littérature scientifique.

  • Les vacances

En général, les employés bénéficient d’environ trois semaines de vacances par an. Cela peut néanmoins varier selon les clauses en vigueur dans l’entreprise ou si l’on travaille dans un milieu professionnel syndiqué.

  • La santé

Le système de santé québécois comme dans la plupart des pays occidentaux doit faire face à un achalandage de patients. Il faut donc gérer les urgences, les frais de santé, etc. Si l’on a un médecin de famille, c’est évidemment plus aisé de pouvoir prendre rendez-vous. Si l’on n’en a pas, il faut se rendre à la clinique ou dans un hôpital et l’attente peut varier d’une heure à plusieurs heures. Toutefois, en tant que citoyen français, je bénéficie à titre personnel d’une entente signée entre le Québec et la France qui me permet d’avoir ma carte soleil, l’équivalent de la carte vitale, et ainsi de bénéficier de l’assurance maladie auprès de la Régie de l’Assurance Maladie du Québec (RAMQ). En revanche, la plupart des médicaments ne sont pas remboursés.

  • La conduite

Pour ce qui est du permis de conduire, je me suis simplement présenté auprès de la Société de l’Assurance Automobile du Québec (SAAQ), signé différents formulaires qui m’ont permis d’obtenir mon permis de conduire québécois sans repasser l’examen du code de la route ou l’examen de la conduite. Les règles sont sensiblement les mêmes et l’on roule du même côté qu’en Europe. La seule différence est qu’il faut payer son permis de conduire chaque année (environ une centaine de dollars canadiens), le jour de son anniversaire !

  • La censure

Il y a eu une grande censure au Québec entre 1913 et 1967, principalement cinématographique avec quelques 6000 œuvres censurées. À l’heure actuelle, je ne pense pas qu’il existe une réelle censure au sein de la société québécoise.

Ce qui coûte cher dans votre pays d’accueil / ce qui ne coûte pas cher

Généralement, les loyers, l’électricité et le transport sont vraiment abordables. À l’inverse, la nourriture, le forfait de téléphone ou internet coûtent plus chers qu’en Europe. Au-delà de ça, tu peux trouver une voiture à un prix vraiment abordable.

Est-il facile d’emprunter ?

L’obtention d’un crédit est très facile, notamment pour les crédits automobile ou à la consommation. J’ai obtenu une carte de crédit très rapidement après mon arrivée.

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Avez-vous des «habitudes» ?

Beaucoup d’amis français me disent que j’ai pris l’accent, mais à vrai dire je ne m’en suis pas rendu compte !

Est-il facile de partir en weekend ?

Si l’on possède une voiture, il est très facile de partir en week-end en dehors de la ville. Il y a beaucoup de petites villes, de montagnes et de lacs à découvrir à moins de deux heures de Montréal. En hiver, il m’arrive régulièrement de partir skier dans les Laurentides avec des amis ou tout simplement faire de la marche dans les sentiers montagneux.

Décrivez votre cadre de vie ?

La vie à Montréal est très enrichissante et vivante ! Il y a toujours quelque chose à faire, un nouveau restaurant à découvrir, un événement auquel se rendre… C’est une métropole très dynamique et bien desservie avec le réseau de métros et de bus de la Société de Transport de Montréal. Il y a de grands parcs en pleine ville et des monuments historiques comme au Vieux-Port.

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Votre adaptation

Votre intégration a-t-elle été facile ?

Je m’estime très chanceux de m’être intégré assez rapidement. À mon sens, cela est dû aux conseils des uns et des autres et tout le monde t’apporte quelque chose pour savoir ce qu’il est bon de faire ou d’éviter. Le monde professionnel est également primordial pour faciliter ton intégration. Personnellement, je pense qu’il ne faut pas hésiter à poser des questions, observer autour de soi et apprendre continuellement les us et coutumes du pays qui t’accueille.

Avez vous rencontré facilement les “gens du pays” ?

Oui j’ai beaucoup d’amis québécois que j’apprécie énormément. Ne serait-ce que mon premier colocataire m’a beaucoup appris sur la culture québécoise, m’a fait découvrir de superbes endroits et je pense qu’il a été un vecteur important d’intégration au Québec.

Voyez vous / côtoyez vous d’autres personnes de votre pays d’origine sur place ?

J’ai en effet des amis français que j’ai rencontrés à différents moments et dans différentes conditions, et notamment sur le campus de l’Université de Montréal. Mais en règle générale, je n’applique pas vraiment « l’entre soi » et ce sont les plus les personnalités que les nationalités qui m’attirent.

Vous êtes-vous facilement adaptés à votre nouveau pays ?

Très facilement. Mais je tiens à préciser que ce n’est pas le cas de tous les expatriés français qui s’installent ici. Pour certains, les températures, le mode de vie ou la culture ne leur corresponde pas et ils retournent vivre en France après un ou deux ans passés au Canada.

Connaissez-vous la langue du pays ?

Étant donné que le Québec est francophone, je n’ai pas eu la barrière de la langue à surmonter suite à mon installation. Néanmoins, de par les autres provinces anglophones du Canada et la proximité avec les États-Unis, il est primordial de parler et de comprendre l’anglais. Je n’ai pas pris de cours, mais j’ai eu l’opportunité d’améliorer, que ce soit professionnellement ou personnellement, mon anglais.

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Votre lien avec votre pays d’origine

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Très bonne question ! Je dirai le côté râleur, parce que je ne le vis plus au quotidien (rires).

A quelle fréquence rentrez vous dans votre pays d’origine ?

J’essaie de rentrer en France tous les deux ans environ, afin de voir ma famille au sens large. Néanmoins, mes parents viennent au Canada régulièrement et donc nous arrivons à préserver une relation privilégiée.

Avez vous des contacts réguliers avec votre entourage resté dans votre pays d’origine ?

Oui, je vois mes proches au moins une fois toutes les deux semaines sur Skype et j’ai également les appels internationaux afin de pouvoir téléphoner à mes amis quand bon me semble.

Avez vous prévu de revenir vivre dans votre pays d’origine un jour ?

À moyen ou court terme, non car je souhaite réellement m’installer au Canada. Cependant, peut-être qu’un jour je serai amené à rentrer vivre en France pour telle ou telle raison.

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Conclusion

 Avez-vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Bien évidemment ! Ma mentalité a énormément évolué et principalement dans mon rapport à l’autre. Je suis beaucoup moins dans le jugement, j’accepte les gens tels qu’ils sont et tout le monde a à m’apprendre quelque chose. Je suis beaucoup plus ouvert d’esprit, respectueux des différences quelles qu’elles soient et je suis plus serein. Je pense que cela est dû à l’ambiance générale qui règne au Québec, aux nombreuses expériences et à de formidables rencontres que j’ai faites.

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

Pour les futurs expatriés, je leur conseille de se rendre dans le pays dans lequel ils souhaitent se rendre avant, en vacances par exemple. L’intégration et l’expatriation n’en seront que plus bénéfiques. Personnellement, je connaissais déjà le Canada et le Québec pour m’y être rendu à plusieurs reprises et je connaissais donc déjà plus ou moins le mode de vie et la culture. Il en va de soi, mais régler toutes ses démarches d’immigration depuis la France vous sauveront de nombreux ennuis.

Comment vous voyez vous dans le futur ?

Je suis très attiré par la Russie, c’est un pays qui me fascine de par son histoire, sa littérature, sa culture et son architecture.

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Remerciements

Merci à Alexandre d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et d’avoir partagé avec nous sa vie au Canada !

Vous avez des questions ?

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